SCENE PREMIERE
LA MARQUISE et GENEVIÈVE, assises sur le devant de la scène, à gauche, et travaillant à des ouvrages de femmes; LE JMAKyUlo, assis, au fond, devant la cheminée; PAULINE, à demi étendue sur une causeuse à droite.
LA MAUQUISE.
N'oubliez pas, Tancrède, que nous dînons ce soir chez madame de Ransberg.
LE MARQUIS, se levant.
Je n'aurais garde. Vous savez que madame de Ransberg est ma passion.
LA MARQUISE
Et je crois que vous êtes payé de retour. Si elle avait soumcnt une trentaine d'années de plus, je serais jalouse.
GENEVIÈVE
Au contraire, grand'maman ! c'est parce qu'elle a vingt ans. il me semble...
Qu'elle ne peut pas lutter avec moi, qui en ai soixante.
GENEVIÈVE
Vous croyez que la victoire est du côté des gros bataillons?
LA MARQUISE
En fait d'amitié, oui.
LE SI A R QUI s.
Je lui sais bon gré à cette chère petite baronne de raccueil qu'elle a fait à notre Pauline.
GENEVIÈVE
A ce compte , vous pourriez étendre votre reconnaissance à toute la société de Berlin.
LE MARQUIS
.le ne dis pas non. J'ai été touché et flatté, je n'en disconviens pas, des honneurs qu'on a rendus à mon pavillon.
GENEVIÈVE
Dirait-on pas qu'il couvrait de la contrebande?
LE MARQUIS
Tu as raison... La fatuité m'emporte, je fais comme l'àne chargé de reliques.
GENEVIÈVE, se levant.
Vous entendez, Pauline?
PAULINE, sortant de sa rêverie.
Quoi donc?
GENEVIÈVE
Tant pis pour vous! vous perdez un beau madrigal... Cela vous apprendra à ne jamais être de la conversation.
PAULINE
Je suis souffrante.
LA MARQUISE
Encore I
GENEVIÈVE
Vous êtes toujours souffrante !
PAULINE
Ce n'est rien... (a part.) L'ennui!
LE MARQUIS, s'asseyant près de la marquise.
Nous vous avons fait coucher trop lard hier. Vous n'avez pas l'habitude de veiller.
C'est vrai.