PAULINE, GENEVIÈVE
PAULINE
Où vont-ils donc tous les jours, à la même heure, en tète à tête?
GENEVIÈVE
Ils vont soi-disant à la promenade, mais personne ne les y rencontre.
PAULINE
Quel mystère!
GENEVIÈVE
Oh! j'en sais le fin mot, mais je ne fais pas semblant de le savoir... Ils vont visiter les pauvres.
PAULINE
Allons donc! est-c(^ que l'on S(> caciic pour cela?
GENEVIÈVE
La charité ne doit-elle pas être pudique?
PAULINE
Sans doute... sans doute... (a part.) Ma parole, je vis à tâtons avec ces gens-là... je me casse le nez à chaque instant.
GENEVIÈVE
Où donc est Henri?
PAULINE
Je n'en sais rien... Chez les pauvres, probablement.
GENEVIÈVE
Il a l'air triste depuis quelque temps.
PAULINE
Il n'a jamais été gai... C'est un jeune homme mélancolique.
GENEVIÈVE
Vous ne lui connaissez pas de chagrin?
PAULINE
Ma chère, la mélancolie vient de l'estomac. Voyez si les gens bien portants sont tristes... . Monsieur de Montrichard, par exemple...
GENEVIÈVE
Il doit avoir un bien bon estomac.
PAULINE
Quelle verve ! quelle gaieté !
Il est amusant.
PAULINE
Et brave comme son épée... En voilà un qui rendra sa femme heureuse !
GENEVIÈVE
Vous dites cela comme si vous n'étiez pas heureuse avec Henri?
PAULINE
Très-heureuse! Henri est charmant. Mais madame de Montrichard n'aura rien à m'envier... et je voudrais que ce fût vous.
G ENEVIÈVE.
Moi?