ACTE 11, SCÈNE V
PAULINE
Je vous demande pardon, mon ami ; cette exigence de notre position est si futile que j'étais honteuse de vous en parler.
Combien vous faut-il pour cette dépense?
PAULINE
Votre mère n'avait-elle pas im écrin?
HENRI
Oui.
PAULINE
Eh bien !
HENRI
Ses diamants sont devenus des choses saintes par sa mort ; ce ne sont plus des bijoux, ce sont des reliques.
PAULINE , à part.
Comment n'en ai-je pas eu envie plus tôt! — .le les aurai.
HENRI
Je mets 50,000 francs à votre disposition : est-ce assez?
PAULINE
Merci, (un silence. )
HENRI, remontant vers la croisée.
Ma tante est sortie?
PAULINE
Avec votre oncle. — Puis-je vous demander d'où vous venez vous-même?
HENRI
J'ai été me promener dans la campagne.
Dans ce costume ?
HENRI
J'en ai changé en rentrant.
PAULINE , le rejoignant
Pounjuoi ne m'avcz-vous pas emmenée ?
HENRI
Vous n'aimez que la promenade en voiture et dans les endroits à la modo.
PAULINE
La campagne doit être bien belle.
HENRI
Oui.
PAULINE
Toutes les splendeurs mélancoliques de l'automne.
HENRI
Quelle robe mettrez-vous ce soir?
PAULINE
Henri, quavez-vous contre moi?
HENRI
Que puis-je avoir contre vous ?
.le vous le demande... car évidemment vous avez quelque chose. Ma conduite n'est-elle pas irréprochable? Vous ai-je donné un sujet de mécontentement?
HENRI
Vous aurais-je moi-même manqué d'égards à mon insu ?
PAULINE
Vous me parlez d'égards !
HENRI
De grâce, madame, laissons les scènes de ménage aux petites gens; vous êtes trop grande dame pour aller sur leurs brisées.
PAULINE
.le le vois, vos méchants soupçons vous sont revenus.
HENRI
.le nai pas de soupçons.
PAULINE
C'est une certitude, voulez-vous dire ? Parlez, Henri ; je suis forte de ma conscience, et j'appelle une explication.
HENRI
Elle est inutile, madame ; vous n'aurez jamais à vous plaindre de mes procédés.
PAULINE
Mais c'est un refroidissement complet 1 Et vous avez cru ([ue je l'accepterais?