‹ Le mariage d'Olympe; pièce en trois actes en proseChapitre 40 sur 84 · HENRI, GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

HENRI, GENEVIÈVE

GENEVIÈVE

Cette Pauline est folle... elle ne peut pas croire qu'on veuille rester fille sans qu'il y ait quelque mystère sous roche.

HENRI

C'est donc vrai que vous ne voulez pas vous marier?

GENEVIÈVE

.le n'en sais rien, je n'ai pas de parti pris; mais je trouve que le mariage est une domesticité , à moins d'être une religion , et je suis trop Hère pour accepter un maître dont je ne pourrais |)as faire mon dieu.

HENRI

Vous avez raison, Gene\'iève; attendez un lioinme dii^ne de vous.

GENEVIÈVE

L'exemple de mon grand-père et de ma grand'mère m'a donné une si haute idée du mariage , cpic je ])rcfère cent fois rester fille plutôt que de me marier par bienséance , selon l'usage , avec le prem.ier venu...

HENRI

Le plus affreux malheur qui puisse tomber sur \ine créature humaine, c'est une... c'est une union mal assortie.

GENEVIÈVE

D'ailleurs, je suis si heureuse ici... mes parents sont si bons! L'homme pour qui je quitterais leur maison me semblerait toujours un étranger, je croirais changer un temple contre une auberge.

HENRI, k lart.

-Mon bonheur était là, insensé!... je n'avais qu'à étendre la main.

54 LE iMARIAGE D'OLYMPE.

GENEVIÈVE

A quoi pensez-vous donc ?

HENRI

A rien ; je regardais ce portrait.

GE.\EVIÈ:VE.

Comme il est tutélaire ! quelle douce présence ! Il semble que la maison tout entière soit sous son invocation.

HEXRI, à part, regirJant le portrait.

Voilà celle qui devait être ma mère! (on annonce madame Morin - A part.) Madame Morin?

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