ACTE III, SCÈNE III
Non pas... rester veuve; et j'ai découvert de qui vous portez le deuil.
GENEVIÈVE
C'est impossible !
PAULINE
Le marquis m'a confié ce matin l'espérance qu'il avait si longtemps caressée !
GENEVIÈVE
Mon grand-père?
PAULINE
Ne lui en voulez pas de son indiscrétion ; je m'y suis prise si adroitement! et ne m'en voulez pas de ma curiosité, elle n'a d'autre but que votre bonheur et celui d'Henri, (euo tousse.)
GENEVIÈVE
Je ne vous comprends pas.
PAULINE
Je le crois, car vous ne savez môme pas ce qiti se passe en vous. Mais, je vous le dis avec joie, vous aimez toujours Henri.
GENEVIÈVE
Je vous jure...
PAULINE
Ne jurez pas ! Henri vous aime.
GENEVIÈVE, ti-os-ti-OLililOe .
Il m'aime?
Mettez la main sur votre cœur, maintenant, et comptez-en les battements.
GENEVI EVE.
Mais, madame, c'est impossible... Henri vous a épousée par amour...
PAULINE
En étes-voMS sûre ?
GENEVIÈVE
Mais, je crois... je sais... laissez-moi, madame! je neveux rien savoir.
86 LE JIAUIAG]-; l)()L VMi' E.
PAULINE
Il m'a épousée par loyauté, pour réparer... mais de pareils récits ne sont pas faits pour vos chastes oreilles... Si j'ai été coupable, je l'expie cruellement! Ignorez-le toujours, chère enfant, le supplice d'être à charge à ce que vous aimez !
UEN EVIÈVE.
Pourquoi me dire tout cela?
PAULINE
0! chère Geneviève! ne vous défendez plus contre une atlection sainte et légitime; laissez-moi emporter cette pensée consolante que l'existence brisée de mon Henri peut refleurir par vous; promettez-moi que vous me remplacerez auprès de lui...
GENEVIÈVE
Vous remplacer auprès de lui? Que voulez-vous dire?
Quelle émotion!... Rassurez-vous, chère enfant; je me porte
aussi bien que vous... (me c^t pnsc d'un Tlolent acc/^s de tons; c'Je porte son mouchoir à sa bouche et le remet riTement dans sa poche.)
GENEVIÈVE
Ah! nous vous sauverons malgré vous!
PAUL! N E , d'uDO voix faible.
Vous ferez venir des médecins? Raisonnons, cintre enfant... Que supjtosez-vous? que j'ai une maladie mortelle, que j'attends la mort comme une délivrance , que j'ai eu as^ez d'empire sur moi-même pour dérober jusqu'à présent mon état à la compassion mal entendue de mes amis?... (Geneviève fait un signe de téteJ Eh bien , je vous assure que vous vous trompez. Mais admettons un instant que ce soit la vérité , qu'y verront les médecins? Si j'ai eu le courage de dissimuler pendant un an. ce n'est pas pour me confesser au premier docteur qui m'interrogera...
GENEVIEVE, se jetant dans ses bras en sanglotant.
0 ma soeur ! ma chère sœur ! Ayez pitié de ceux qui vous aiment... Laissez-vous soigner par nous... nous vous conduirons en Italie... c'est le ciel de l'Allemagne qui vous tue...
PAULINE
ViMis finb)i<v. n\\<^ |p nf suis pas malade.