ACTE III, SCÈNE VI
LE MARQUIS
Vous avez raison, monsieur; elle aura pris un bijou pour un autre. Elle sera très-confuse de son erreur... Donnez-moi cette perle, et permettez-moi de réparer l'étourderie de ma nièce...
(H tire un billet de sa poche.) Voici dcUX COUtS thalorS. ADOLPHE, luunilié.
Ah! monsieur!...
LE MARQUIS
Est-ce trop peu?
ADOLPHE
Mais, monsieur, la perle n'en vaut que cent cinquante !
LA MARQUISE
Cent cinquante! (au Marquis.) Donnez donc... (euo prend la perie
et la frappe contre un meuble.) Elle eSt 11116 ! ADOLPHE.
Que supposiez-vous donc? que je venais réclamer de l'argent... quand au contraire j'en rapporte? M. le marquis parait étonné... Il n'est pas obligé de savoir que je suis de bonne famille.
LE MARQUIS
Pardon, monsieur!
ADOLPHE
.le sors d'un père qui sans être gentilhomme est un des premiers quincailliers de Paris.
Et votre conduite prouve qu'il y a dans votre famille de vieilles traditions de délicatesse.
ADOLPHE
Je m'en flatte, monsieur; c'est le seul héritage que je laisserai à mes enfants.
LE MARQUIS
Prenez-vous du tabac, monsieur Adolphe?
ADOLPHE
Par boutade.
LE MARQUIS, lui offrant une pi-ise dans une boHe d'or.
Comment trouvez-vous le mien?
ADOLPHE
Délicieux !
LE MA U QUI s.
Je vous en enverrai... En attendant, faites-moi le plaisir
d'emporter celui-ci... (u lul met sa boîte dans la main.) ADOLPHE.
Quoi... monsieur... la tabatière aussi"?
LE MARQUIS
Je ne sais pas ce qu'elle vaut ; et de peur que vous ne soyez obligé de vous en informer, permettez-moi d y glisser quelques
bonbons pour vos enfants, (n metle l.nUet dans la boite.)
Oh ! monsieur !
LE MARQUIS
Adieu, monsieur Adolphe... vous êtes un honnête homme rara avis.
ADOLPHE
Oiseau rare en effet... et qui ne chante guère, (n sort.)