‹ Le mariage d'Olympe; pièce en trois actes en proseChapitre 77 sur 84 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

PAULINE

Que soupçonnez-vous donc?

HENRI , avec éclat.

Je soupçonne que ces diamants vous ont été donnés par monsieur de Beauséjour.

Oh ! Henri !

LA MARQUISE

Vous outragez votre femme !

HENRI

Si je me trompe, qu'elle me dise l'adresse du marchand, et je vais m'assurer sur-le-champ...

PAULINE

Non, monsieur, je ne descendrai pas à me justifier. Vos soupçons ne méritent pas que je les dissipe. Croyez tout ce qu'il vous plaira.

HENRI

Vous oubliez que vous n'avez pas le droit de le prendre si haut.

PAULINE

Pourquoi, s'il vous plaît? Je vous défie de le dire.

HENRI

Vous m'en défiez ?

LE MARQUIS

Tu es fou, mon ami. Ta femme a tort de s'obstiner dans une cachotterie puérile, j'en conviens ; mais, que diable, pense donc à l'infamie dont tu l'accuses.

LA MARQUISE, à Pauline.

Ayez pitié de cet insensé, mon enfant; ôtez-lui cet horrible soupçon.

Non... madame... non, je ne dirais pas un mot.

HENRI

Misérable ! — Elle s'est vendue !

LE MARQUIS

Henri, votre conduite est indii^nc d'un lienlilhomme. Demandez pardon à votre femme.

98 LE MARIAGE DOLVMPK.

HENRI

Ah ! c'est à vous que je dois demander pardon... Celte femme ,

c'est Olympe Taverny ! (lb marquis reste atterré, immobile ; la marquise près de lui, Pauline à droite de la seine, Henri à gauche. — Henri s'approchant de son

oncle et mettant un genou en terre.) Pardonnez-moi , mon père! pardonnez-moi d'avoir déshonoré le nom que vous portez ! d'avoir consenti aux impostures de cette femme, d'avoir souillé votre chaste maison de sa présence !

LE .MARQUIS

.le ne vous connais plus !

LA MARQIISE.

Il l'aimait alors', il la croyait digne de nous, puisqu'il la croyait digne de lui... Ce mariage a été la faute de son enfance et non le crime de son honneur... Ne le repoussez pas, mon ami , il est bien malheureux !

LE MARQUIS, aprRs un silence, tend la main à Henri et l'attire sur sa poitrine.

Mon enfant! mon pauvre enfant! (lu restent embrassés quelque?

instants.)

LA MARQUISE

Relevez la tète, Henri, l'énormité même de cette honte vous la rend étrangère.

LE MARQUIS

.le \ais provoquer monsieur de Beauséjour en ton nom.

H EN RI

Oui, un duel à mort, au pistolet, à dix pas!

LE MARQUIS

Sois tranquille !

PAULINE

Prenez garde à ce que vous allez faire, monsieur le marquis; je vous affirme que monsieur de Beauséjour n'est i)as mon amant.

LE MARQUIS

Vous vous expliquerez devant les tribunaux, mademoiselle. (a Henri.) Ne crains rien de l'avenir : la prison éteindra les restes de sa jeunesse et de sa beauté, et nous lui ferons une aumône à condition qu'elle quittera notre nom.

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