SCENE IX
H E iN K I , LA M A 11 Q U I S E , re,lcsceuJa„t en scène . HENRI.
Voici la clef de mon nécessaire de vojage, ma tante; vous y trouverez mon testament; j'ai envoyé le double à mon notaire de Paris.
LA MARQUISE
Vous êtes sombre, Henii, il ne faut jamais aller au combat avec tristesse.
IIE.MîI.
Moi triste! Ce duel est ma première joie de[)uis longtemps! puissé-je y rester !
iOO LE MARIAGE D'OLYMPE.
LA MARQUISE
Je n'aime pas ce découragement, il n'est pas digne d'un homme.
HENRI
C'est que je suis plus malheureux que vous ne pouvez le croire.
LA MARQUISE
Aimeriez-vous encore cette femme?
HENRI
Elle m'est tellement indiSërente que je ne prends même pas la peine de la mépriser ! .le m'étonne d'avoir trouvé tout à l'heure une étincelle de colère. En somme, elle a fait son métier : je devais m'y attendre... Ce n'est pas monsieur de Beauséjour qui m'a déshonoré, c'est moi. — Ah ! si je pouvais laver notre nom do la tache que je lui ai faite !
LA MARQUISE
Vous le pouvez en lui donnant un nouveau baptême. Vous avez interrompu notre \ieille tradition, recommencez-en une autre ; renoncez aux privilèges de votre naissance et de votre fortune; retrempez-vous dans vos œuvres ; vos pères vous renient, vous n'êtes plus un descendant : soyez un ancêtre ! — Faitesvous soldat !
HENRI
Soldat! oui, je le serai, et si Dieu me protège, je vous prouverai que j'étais digne de vos mâles conseils. Merci, ma mère! vous m'avez rendu le courage en me montrant le moyen de reconquérir ma propre estime...
UN DOMESTIQUE, entrant par la droite, uno lettre à la main.
Monsieur le comte n'a rien pour le courrier?
HENRI
Non, mon ami; pourquoi?
LE DOMESTIQUE
C'est que je porte à la poste une lettre de madame la comtesse, et...
HENRI
De madame la comtesse? Faites voir, (u prend la lettre.) « A