‹ Le mariage d'Olympe; pièce en trois actes en proseChapitre 84 sur 84 · LE MARQUIS, PAULINE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, PAULINE

PAULINE

Vous voulez connaître au juste la force de mon arme ? .le vous renseignerai moi-même pour abréger. — Ce qui résulterait d'un débat judiciaire, c'est que votre petite-fiUe aime mon mari.

LE MARQUIS

Calomnie !

PAULINE

Elle me croit poitrinaire; l'amour d'enfance, comprimé au fond de son cœur, s'est échappé par cette issue.

LE MARQUIS

J'imaginais quelque chose d'abominable... mais pas cela !

PAULINE

Elle a su, je ne sais comment, qu'Henri l'aimait do son côté... je lui ai fait croire qu'il avait cherché querelle à monsieur de Beauséjour pour en finir avec une vie brisée, qu'elle seule pouvait lui ordonner de vivre... et elle a écrit.

LE MARQUIS

C'est infâme!

PAULINE

C'est ingénieux. — Ah ! cet animal est très-méchant ; quand

on l'attaque...

Assez !

LE MARQUIS

PAULINE

Vous le voyez, monsieur le manjuis : on ne pourrait expli-

106 LK MARIAGK D'OLYMPE.

quer la lettre sans dommage pour la réputation de votre petitefille.

LK Jl.VHQU^IS, s'approcliant dos pistolets.

Oui, madame.

Vous en êtes pâle.

LK .11 A RQ 1,1 S.

Vous le seriez plus que moi, si vous saviez à quoi je pense. (Allant ii eUe.) Sovous brefs : voici mes conditions.

Des conditions ?

LE MARQUIS

Et je vous conseille de les accepter. — Vous serez libre : je vous donne ma parole d'honneur que nous ne vous inquiéterons pas. ]>îais vous rendrez la lettre de Geneviève et vous quitterez noire nom.

PAILI.NK.

Quel avantage ai-je à ce traité?

LE MARQUIS

.)e vous otlre cinq cent mille francs.

PAULINE

Vous êtes modeste : votre nom vaut plus que cela.

LE MARQUIS

La moitié de ma fortune.

PAULINE

Allons donc! j'<?u aurai le double dans cinq ans.

LE MARQUIS

Vous avez l'impudeur d'avouer! (se contraignant.) .le vous en supplie ! ne me poussez pas à bout !

PAULINE

Vous me suppliez!... moi, que vous fouliez aux pieds tout à l'heure. — N'attendez de moi ni pitié ni merci ! — Votre nom, je le vendrai, je le mettrai à l'encan, et fussiez-vous assez riche pour couvrir l'enchère, vous ne l'auriez pas! C'est ma vengeance! — Allons! place à la comtesse de Puygiron !

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