SCENE PREMIERE
GERVAIS , entrant par le fond ; à son arrivée on entend une horloge sonner sept heures.
Sept heures; voyons si mon pauvre marquis est éveillé... {Il s'approche de l'échoppe et écoute.) Non, je n'entends rien... {S' asseyant sur un banc.) Ouf ! je n'en puis plus . . . voilà deux grandes heures que je cours... Si d^moins je n'avais pas perdu mon temps... depuis wA mois toutes mes anciennes pratiques, tous mes débiteurs me font répondre que je viens trop tard; j'en ai même entendu un qui disait à son valet de chambre: Je n'y suis pas , je suis sorti et je ne rentrerai pas de la journée... Pour obvier à ça, je me mets ce malin en route à cinq heures... il est trop tôt, me dit-on... Air de Mazaniello.
,, Chaqu' jour l'argent devient plus rare ,
^^. Et, pour doubler notre embai^ras ,
^» Quand not' bours' se vid', je V déclare ,
Notre estomac ne s'emplit pas.
Maigre notre appétit modeste ,
Parfois n'y a plus rien à manger ,
Rien... c'est peu... surtO'Ut , je l'atteste,
Lorsqu'on est deux à partager.
Près de quatre ans se sont écoulés depuis ee fatal mariage, etchaque jour qui l'a suivi nous a amené un nouveau malheur... d'abord la maladie de ce pauvre cher homme... il a fallu des soins, des médicamens , des médecins.... si bien que mon fonds y a passé. . . il ne nous reste qu'une échoppe. . . si du moins la gaîté lui était revenue avec la santé... mais bah! il est aussi triste... sans compter qu'il y a bien un peu de quoi...
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