ACTE PREMIER
BARILLON, descendant vivement jasqu’au milieu des chaises, derrière la banquette.
Chut ! Ne criez pas!
MADAME JAMBART.
Ah ça! qu'est-ce vous avez ?
Hein ! non! rien! Ah! je vous prie; surtout ne m’appelez jamais Alfonso Dartagnac.
MADAME JAMBART.
Mais pourquoi voulez-vous que je vous appelle ?..
BRIGOT
Il est toqué !
MADAME JAMBART, s’asseyant à gauchs sur la chaise où sont les épées laissées par Planturel et se relevant vivement,
Aïe ! (Prenant les epées.) Qu’est-ce que font ces épées dans la mairie?
FLAMÈCHE, redescendant.
Ga, c’est à M. le maire, parce qu’il a une affaire avec un monsieur (Gherchant.) Dar. Dar...
BARILLON, vivement et enjambant la banquette. Ça n’est pas moi... ça n’est pas moil Tous.
Hein !
FLAMÈCHE
Je n’ai pas dit que c'était vous. qu'est-ce qu’il a? Il remonte sur l'estrale.
BARILLON, ahuri et riant bétement.
Non, rien... C’est drôle! c’est drôle!
BRIGOT
Il est fou!
BARILLON, à part.
Vous verrez qu'avec ma veine ordinaire je serai
s pe V- ÉTÉ
tombé sur un spadassin. (Haut, à Flamèche.) Il est fort aux armes, hein, le maire?
FLAMÈCHE, railleur.
Ah! ça, on peut le dire,
Là, qu'est-ce que je disais ? (Aux autres à l'exception de KFlamèche.) Non, tenez, parlons sérieusement. (Tout le monde se rapproche, puis brusquement changeant de ton.) Allons-nous-en !
TOUS
Comment ! allons-nous-en ?
BARILLON, gagnant l’extrème gauche.
Oui, nous ne pouvons pas rester ici, je ne veux pas que ce maire-là nous marie... IL a le mauvais œil !
TOUS
Mais enfin.
BARILLON, remontant par la gauche jusqu’à l’estrade où est Flamèche.
Non, non... (A Flamèche,) Garçon, vous n’avez pas un autre maire dans la maison ?
FLAMÈCHE, Non, monsieur, nous n’en tenons pas d'autre.
BRIGOT, qui est également remonté mais par la droite, jusqu’à l'estrade.
Mais naturellement. Tu crois qu’il y en a des assortiments ?
Quelle pénurie ! Alors, l’adjoint ?
Le premier n’est pas ici, il fait ses vingt-huit jours.