ACTE DEUXIÈME
PATRICE, au fond du théâtre, tirant son mouchoir et l’agitant.
Je viens en parlementaire...
MADAME JAMBART et VIRGINIE.
Voyons, écoutez-le donc!
Eh bien, quoi, qu'est-ce qu’il y a?
PATRICE, descendant en scène.
Ah! monsieur, je viens de la mairie; j'ai appris ce qui s’est passé.
Hein? par qui?
PATRICE
Par les garçons... Ça court la municipalité … Ah! monsieur, laissez-moi vous dire combien je regrette la scène inqualifiable de ce matin.
BARILLON digne.
Ah! vraiment!
PATRICE
J’ai été bien coupable, mais c’est l’amour qui m’avait rendu fou. Je vous fais toutes mes excuses.
* C'est bien, monsieur, c’est bien!
PATRICE
Je viens vous dire que je fais des vœux pour votre
bonheur !
BARILLON, avec rage.
Ah!
MADAME JAMBART.
Mais il est tout à fait gentil, ce jeune homme!
PATRICE, montrant madame Jambart et passant son bras sur ses épaules,
Madame Jambart est une femme digne de vous,
aimée de sa famille, estimée de tous. Vous ne pouviez pas faire un meilleur choix.
C'est bien, monsieur, ça suffit. Je ne vous demande pas votre avis.
PATRICE, tirant des gants de sa poche et les mettant.
Et maintenant, monsieur, maintenant que la situation est changée, ce n'est plus à l'époux que je m'adresse, c’est au père.
BARILLON, au comble de l’ahurissement,
Hein!.…
PATRICE
J'ai l'honneur de vous demander la main de mademoiselle Virginie, votre belle-fille.
+ Hein? qu'est-ce que vous dites?.…
Je dis : J’ai l’honneur de vous demander la main de mademoiselle Virginie, votre belle-fille…
Vous allez voir si je n’ai pas entendu ! (Poursuivant Patrice qui passe derrière le canapé et va au n° 1 *.) Ah! vous vousen mêlez aussi, vous! Vous en êtes de ce coup monté! Vous en êtes?
PATRIGE.
Quel coup monté? j BARILLON.
Vous trouvez ça drôle de venir remuer vos ongles dans une plaie sanglante.
MADAME JAMBART.
Quoi! quelle plaie saignante?.…
-* Patrice 1, Barillon 2, madame Jambart 3, Virginie 4.