ACTE DEUXIÈME
Eh bien ! allez! allez! prenez votre temps! prenez votre temps | MADAME JAMBART, bas.
Mais, alors, quand lui direz-vous?
BARILLON, bas.
Eh bien! attendez! Tout à l’heure!... plus tard. quand j'aurai trouvé le joint, on ne peut pas dire comme ça de but en blanc à un monsieur : dites
done... vous savez... j’ai épousé votre femme ! Il faut des formes!
VIRGINIE, étourdiment à Jambart, Ah! mon Dieu! Il n’osera jamais.
JAMBART, qui pendant ce qui précède a pris la chaise qui est à côté de la table, l'a retournée et s’est mis à cheval dessas.
Quoi ?
: VIRGINIE Rien!
BARILLON, à Jambart.
Vous disiez donc que ce voyage.
JAMBART, à cheval sur sa chaise.
Vous savez que j'étais parti pour pêcher la morue... malheureusement mon voyage fut HÉHRACN par un naufrage.
BARILLON, riant bétement. Ga rime. :
Vous dites?
Je dis: Voyage et naufrage, ça rime.
JAMNBART.
% Oui. (A part.) IL est bète, mon gendre. (Reprenant.)
éf'ten Le
Cds
Ah! je m'en souviendrai toujours, un grand craquement dans la coque, suivi d’un grand cri.
LES DEUX FEMMES, avec horreur.
Oh!
JAMBART.
Et puis, de l’eau! de l’eau!
BARILLON, souriant bétement,
C'était la mer!
JAMBART.
Oui! (A part.) Décidément il est bête ! (Reprenant.) Je fonçais, je fonçais.. Et puis quand j’eus fini de foncer, je remontai, je remontai jusqu’à la surface ; je regardui autour de moi, la mer était toujours là!
Ah! encore?
; JAMBART.
Oui, encore, et toujours en furie.. des vagues partout, partout... et de tout ce qui fut notre bateau, il ne restait plus que moi. Oh! ç’a été un coup! Je
restai là un moment à m'arracher les cheveux de mes deux mains.
Vous aviez pied?
JAMBART.
Mais non, voyons, puisque j'étais en pleine mer. * BARILLON.
Ah! je croyais. Comme vous vous arrachiez les
cheveux...
JAMBART.
Eh bien! quoi! je m’arrachais les cheveux en faisant la planche.
Ah! oui, c’est juste! (A madame Jambart.) Oui, il faisait la planche et puis de temps en temps alors, il arrachait!