‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 51 sur 66 · Lettre de Saint-Mauris déjà citée (Arch. de Bruxelles · texte numérisé non relu

Lettre de Saint-Mauris déjà citée (Arch. de Bruxelles

d'Aumale trouvèrent bientôt une autre union pour lui. Le cardinal de Guise était à Rome; il reçut la mission de passer par Ferrare et de demander la main de la princesse Anne d'Esté, fille du duc de Ferrare et de Renée de France ^

Quant au roi de Navarre il repoussait également les deux princes. N'osant résister ouvertement au roi, il usait de la politique des ajournements qui lui avait si bien réussi avec le duc de Glèves ; il demandait du temps ; il faisait valoir l'absence de la reine Marguerite. € Le père, écrit Saint-Mauris, prolonge le plus qu'il € peult pour le désir qu'il a qu'il verroit volontiers c coUoquer plus haultement ladicte princesse. » Il souffrait de la goutte; Saint-Mauris le représente, à son arrivée à la cour, conmie « bien exténué a présent de c sa personne, en façon que l'on espère peu de vie de < luy* >. Vendôme de son côté tomba malade et se rétablit lentement. C'étaient autant de raisons de gagner du temps. D'autre part, François de Lorraine reprenait ses intrigues avec l'esprit de suite qui a fait la grandeur de sa maison : « 11 voudroit bien rompre « le tout pour son respect, i> dit Saint-Mauris. Henri d'Albret lui-même se laissait peu à peu séduire par les qualités de ce prince : « Et a tenu propos, ledict sieur € d'Albret, que au fort encores l'aimeroit-il mieux € pour sa fille que le premier, prévoyant qu'il sera € grand en ce royaume, encores qu'il ne soit arresté « de goutter l'ung ni l'aultre^. > Dans une dernière

1. Lettre originale du cardinal de Guiee au roi (Bibl. nat., f. fr., vol. 3126, f. 24.

Page 1