LE MARIAGE DE.BAISON
Car son bras .est; à son pays^ i
8oD çoBur. est . tous ses amis^
Et ;sa fortune à tout le monde.
Et son fils, not’ jeune maître, c’est un gaillard, celui-là! ah! ah!...
suz. Taisez-voùs' donc... ne parlez pas si haut, car il est là; il dort.
. . iDésiynant la chambre à gauche.^
piNCHON, Ah I. c’est la porte de sa chambre... Ëst-ce qu’il est malade^ par hasard? .. ' / i. .
suz. Ehl vraiment^ oui... Hier, il est sorti de ce bal ‘avec la fièvre: et cela n’a faitiqu’augmenter cette nuit... du moins, à ce que m’a. dit Bertrand, qui. est déjà' entré dans son .appartement... . . . „ .
» PINCHON. j.îÇa me : m’étonne, pas... .Avec un air si doux - et f si gentil... il parait ^ue c’est, un diable, :dii moins à ce que- m’a dit madame, Pinchon; et, quand on est le fils d’un général,' qu’on a dix-huit ans, de la fortune et une* jolie tournure, on fait tout ce qu’on. veut^i.i n’est-ce pas,' mademoiselle Suzette ? . . . , Mais • .vous-même , qu’avezvous ‘donc ’iPlus je vous regarde , let plus je vous trouve changée ^ non- pas que vous ne soyez toujours fraîche et bien gentille...' mais les autres années vous étiez si gaie... si étourdie... toujours sautant, toujours courant... ,et maintenant je vous vois triste et ' rêveuse... •• Est-ce que, par hasard, il vous serait, survenu des chagrins?, i
. ACTE .l; SCÈNE/I;
suz. Est-il étonnant d’en avoir 9 lorsqu’on est orpheline^' lorsqu’on est seule au monde? . . 1 ^
piNCHON. Seule!, vous ne l’êtes pas...
N’avez-yous .pas été recueillie, et élevée par madame , la comtesse , auprès dé laquelle vous étiez femme de chambre, il est vrai, mais qui vous, a toujours traitée comme son., enfant;, et après la mort de cette digue dame, , son mari, a qui elle VOUS à recommandée,, u^a-t-il pas toujours eu pour VOUS les 'mêmes soins? la même tendresse?... Et voyez- vous, mademoiselle Suzette, j’ gagerais que l’intention de M.
le comte est de vous , donner une dot et un épouseur... tout le , monde le dît dans le pays. ' ’
suz. Il serait vrai !... • Je'i’en ■ remercie ; mais je ne tiens pas à me marier.
PINCHON. Bah ! madame Pinchon disait aussi comme vous; et maintenant, demandez-lui-en des nouvelles... .En tout cas, et si vous vous décidez, j’ai un parti a vous proposer.. i lin parti ''auquel je pense depuis longterôpsl’.. *'màis Uia’ femme vous en. parlera... pareeqUe, dans notre ménage, c’est moi qui ai les idées,) et c’est elle qui a la parole.-- ;; -h ‘fi-, iOn entend' une sonnette dans la chambre • t . • du fond,') .
• suz. Tenez, tenez, .c’est M. le comte qui sonne son valet de chambre ; il vous dira si vous pouvez entrer.^ *
LE 3ÏAB1A6E UE BAISON.
PlMCHON.
Air: Dieu tont-pniiMllt , pAr qni le comestible. Dépêchons-^uous ^ il sortira peut-être;
Et je m*en vais , en fermier diligent^
A son lever ^ offrir à notre maître,
Mes humbVs respects, ainsi que mon argent.
(A Suzette.")
i^our vous, quittes; cet air triste et sévère; Que la gaîté vienne charmer vos jours; Et si r château ne vous en offre guère, V’ne 2 à la ferme, on en trouve toujours.