ACTE I, SCÈNE II
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AtR : .Vitui que »OUi. je veut, mademoitrllr.
D’autre docteur il n'eit pas nécessaire
8UZETTK.
Je serai le vôtre aujourd'hui :
Il faut cl rester tranquille cl vous taire,
C'est mon arrêt, et je l'ordonne ainsi.
Tour vous forcer au repos, au silence ,
Je reste là.
Moyeu très incertain!
Car je suis sûr d'oublier l'ordonnance En regardant le médecin.
SUJETTE, allant prendre sur le guéridon , à gauche , la | Unie qu'elle présente a Edouard.
Ne repardez pas, monsieur, cl prenez ce que je vous donne.
ÉDOUARD
Eh mais! Suzette, comme ta main tremble!
SUZETTE
Oui... oui... je craiguais de renverser. (Pendant qu'il boit.) Cela vous fait tlu bien , n’est-ce pas?... Cela doit vous calmer, vous rafraîchir.
{ Au moment où elle veut prendre la soucoupe , Édouard saisit sa main qu'il porte à ses levres. ) Eli mais... que ! faites-vous?
ÉDOUARD
Ne m’est-il pas permis de te remercier?
SUZETTE
Édouard... Édouard , finissez... vous voulez que je m’en aille. (Elle s’éloigne de lui, et s'avance sur le bord du théâtre. )
EDOUARD , se levant et allant à elle.
Suzette, n'es-tu pas la fille adoptive de ma mère?... n’es-tu pas ma sœur?... n'avons-Dous pas été élevés ensemble?... Autrefois lu ne te défiais pas de mes caresses... à présent elles te font de la peine.
À moi?... ce ne serait rien , peu importe ; mais c’est à vous qu’il faut penser... Vous souffrez, vous êtes malade... Hier, avoir suivi cette chasse pendant cinq heures, et puis danser à cc haï une partie de la nuit... Vous n’etes pas raisonnable, vous ne vous ménagez pas... vous mourrez.
ÉDOUARD
Eh bien, tant mieux... c'est ce que je veux, c'est ce que je desire... Ici , comme à Paris, ces folies, ces plaisirs extravagants auxquels je me livre, me sont devenus nécessaires... j’en ai besoin pour m’étourdir, pour ne pas rester seul avec raoi-méme; car je souffre trop, je suis trop malheureux.
SUZETTE
Moi , grand- dieux !
ÉDOUARD
Oui, Suzette... je t’ai toujours aimée... je l'aime comme un insensé, comme un malheureux en délire.
SUZETTE, i4? cachant la figure avec la roaiu.
Ah! monsieur, que me dites-vous là!
ÉDOUARD
D’abord , je l’avoue , j’ai cherché à me faire aimer tic toi; puis j’ai rougi de mes projets... j’ai voulu te fuir, te traiter avec froideur, avec dureté , te parler comme un maître... mais ta bouté et ta douceur m’ont toujours désarmé ., et ce qui a achevé de renverser toutes me»
idées, toutes mes résolutions, c’est que cet amour qui me dévorait, il m'a été facile, depuis quelque temps, de voir que tu le partageais.
SURETTE, naïvement.
C'est vrai...
ÉDOUARD
Tu m’aimes donc maintenant?
suzette.
Maintenant... non, ça a toujours été de même; mais c’est depuis quelque temps seulement que je m’en suis aperçue.
ÉDOUARD
Grands dieux !
SUZETTR.
Mais vous, monsieur Edouard, vous ne devez pas le savoir ; vous devez l’ignorer. Obtenez de votre père que je quitte ces lieux... que je m'en aille.
EDOUARD
Tu veux quitter ces lieux!
SUZETTE
Oui... je ne puis pas y vivre... je souffre irop; tout ni’ y rappelle les bienfaits de votre mère; votre état, le mien, et la distance qui nous sépare... Et jugez, monsieur, jugez des tourments que j’éprouve, lorsque je vous dirai qu'hier, pendant ce bal , de la première pièce dont les portes étaient ouvertes, je vous ai vu, dans ce salou qui m'est interdit, je vous ai vu toute la soirée danser avec mademoiselle de Lnceval .
ÉDOUARD
C’est mon père qui me l’avait ordonné.
SUZETTE
Parcequ’il veut vous marier avec elle... je n’en puis douter ; j'en suis sûre.
ÉDOUARD
Qui te l’a dit? ou Pas-tu vu?
8UZETTK , montrant son cœur.
Là... il est des pressentiments qui ne trompent jamais...
ÉDOUARD
Et moi, je jure que jamais je ne consentirai à une pareille union ; ou plutôt, il est un moyen de te rassurer, et de la rendre impossible.
SUZETTE
Quel est-il?