SCÈNE V
DE MONTAGNAC , VA DÉ
VADÉ, déguisé en fort de la halle.
Un marquis ! malepeste !
Au moins tu n’es pas fier, toi I - très-gentil, du reste ! —
Morgue Çc est bien ! Vois-tu, les hommes sont égaux. Et si j’étais marquis... Tu sais que je te vaux! 4’aimerais, sans poser mon chapeau sur l'oreille,
Avec le pauvre peuple, aller boire bouteille.
(Il va prendre un verre et se verse du vin.) Ainsi buvons ensemble un verre d'Argenteull.
C’est doux comme un velours, mais ça tape dans l’œil.
DE MONTAGNAC, se levant.
Ah ! ü donc !
VADÉ, se levant aussi.
Quedit-il?... Monsieur me chante pouille !
Peut-être qu'il ne boit que du vin de grenouille!
C’est trop fade ! C’est bon pour les canards! — Enlin, Tous les honnêtes gens pratiquent le bon vin.
Or, l’Argenteuil est bon. — Il vous fait des misères, C’est vrai ; mais il est bon. — T’as de belles manières, Mais t’as pas mon œil vif, ni mon nez truculent,
Us flambent tous les deux. — Ce vin est excellent! Buvons donc !
(Il retourne à la table.)
DE MOSTAGNAC.
Grahd merci, je n’ai pas soif.
VADÉ
Ça ragaillardirait ta face de carême.
T’es blême
DE MO.NTAGNAC.
Je n’aime pas ce vin !
VADÉ, revenant à Montagnae.
Fais donc pas le cafard ;
Mais l'Argenleuil, c’est pas du vin, c’est du nectar !