‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 18 sur 71 · LE M A ROC P · texte numérisé non relu

LE M A ROC P

Depuis cette époque et pendant les longs siècles de la domination des Maures, Ceiita passe

Rodrigue, le dernier prince de la monan^hie des Golhs, ayanl apen;u du haut de l'Akazar qui domine au loin le cnurs dti fleuve, la (il le du comte Julieu an moment où elle entrait au bain, en devint éperdu me rit amoureux : la jeune fille, la belle Florinde, eéda sans trop se faire prier, dit-on.

n Alors abandonnant au prince sa fjlle dont il ne veut plus, méditant de dignes représailles de l'alFronl qu'il vient de recc-voir, le comte Julien quitte Tolède, se rend auprès des Maures d'Afrique et leur montre Rodrigue endormt au sein de coupables plaisirs. Il les eicite, les entraîne, fait miroiter a leurs veux r Es pagne comme une proie facile à conquérir. Les Arabes reçoivent à bras ouverts le transfuge, courent aux armes, passent le détroit et bientôt les bords du Guadaléte, voient les bordes gothiques et sarrazines sebeurter bruyamment dans une lutte mémorable de sept jours. A la suite de ce cboe de géants Rodrigue est défait, son armée anéantie et Tolède, sa capitale, est emportée d assaut par les musidmans. Après trois siècles d'existence, la catholique inonÉircliie des Goths s'effondre sous le coup des cimeterres sarrazins. »

Les Espagnols n'ont pas manqué d'édifier sur ces souvenirs une poétique légende : les bains de Florinde, la Gava (la fillu déshonorée) sont montrés à tous les étrangers qui visitent aujourd1iuî Tolède. « Les arcbéologues ont prouvé d'abord que les bains de la tille du comte Julien, s'ils ont jamais existé ne s'élévaîent pas h l'endroit où les place la tradition; en second lieu que les débris de maçonnerie appelés Baîws de la Cava ne sont autre chose que les assises d'un pont antérieur ^m pont Saint- Martin.

€ D'autre part, les historiens espagnols qui ont essayé de faire la lumière sur les origines de Tinvasion sarrazine dans la péninsule donnent comme certain que le bon roi Rodrigue avait quatre-

LES PRESIÛIOS ESPAGNOLS, — CEUTA. o7

par des vicissitudes nombreuses jusqu'à ce qu'enlin sa prise en 1415 par les armées portugaises Tarrache définitivement au pouvoir musulman.

La presqu'île de Geuta se divise en trois parties bien distinctes qui sont en comnien(;ant par Testj c'est-à-dire vers la partie de la péninsule ia plus avancée vert^ la mer :

1° Le Mont-Acho épanouissement rocheux, de forme licxagonale irrégu!icrr% qui s'élève vis-àvis Gibraltar. Ses deux diamètres maxima sont 2j000 mètres de l'est a l'ouest et IjOOO du nord au sud ;

2*^ La partie médiane de la presqu'île, qui n'a guère que 1,ÛIK) mètres sur SCHI et dans laquelle s*élève la ville dite Almina;

3^ Enfin la portion qui touche au continent, avec la ville de Ceuta proprement dite : cette troisième zone mesure à peine 400 mètres de long sur 200 mètres de large.

La presque totalité de la presqu'île de Ceuta (Mont-Acbo, Jiltnina et Ceuta pris ensemble) est bordée de rochers à fleur d eau qui en rendent Tabord inaccessible aux bâtiments d'un tirant d'eau un peu considérable^ et cette si tuavin gt-sept ans passés au moment oii h\ iradilion fitipulaire le représente épiaiit les jeunes filles au bain. Cela tliiimnie beaucoup les cliances ^le danger fjue pouvait i:ourir lu vertu de Florinde. >> (Capilaiiie deSéiigtian. NolessurrartneG espa^oîe. Paris, Bcrger-LevrauU, pages llftetsulvanles.)

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tion a facilité singulièrement rétablissement sur tout le pourtour de la position , des batteries et des ouvrages qui y sont semés à profusion.

Dans la ville de Geuta rnéme» le terrain est à peu près plat; dans la AI mina les accidents du sol commencent à s'accentuer, enfin quand on arrive à TAcho, les plis du terrain se multiplient, les pentes s'élèvent et la montagne se dresse presque abrupte jusqu'à une hauteur de 200 mètres.

Ceuta (la ville même), la Almîna et le Mont- Acho constituent trois régions parfaitement distinctes ayant chacune leur enceinte particulière et leur emplacement nettement limité; la description de Tensemble de la péninsule est donc facile; il se borne à trois descriptions particulières de trois fractions distinctes d'un même tout.

Commençons parle Mont-Acho, ht jïone la plus considérable en étendue, sinon en habitants,

Le Mont-Acho, nous T avons dit, s'élève à T extrémité sud occidentale de la presqu'île hispanomarocaine. Il a la forme très incorrecte d'un hexag^one irrégulier dont un seul côté Tunit à la terre ferme, les cinq autres étant baignés par la mer.

Les pentes j profondément ravinées, dénudées, montrent en maint endroit la roche à vif; il en est de même pour tout le pourtour^ sur lequel les eaux de la mer ont lavé les couches friables, lais-

/LES PAÊSrDIOS ESPA&NOLS. — CEUTA, 5i>

saut à nu des arêtes de calcaire et de roches diverses.

Trois pointes principales sont à noter parmi les sommets de l'hexagone baignés par les Oots : au nord-est, la pointe Santa Catalinaj à Test, la pointe de la Alminaj extrême protubérance du continent africain vers l'Europe^ enfin au sud-estj la pointe Desnarignado^ avec Tanse du mémo nom-

Le pourtour du Mont-Acho peut avoir à sa base, sans compter les anfractuosités des rochei^ et les criques infinies qui découpent le rivage, environ ^ 4,000 mètres. Sur cette circonférence basse, Fart

( s'est joint en la plupart des points à la nature pour

' rendre Tabord de la presqu'île inaccessible. Ce

|i sont partout des bastions, des ouvrages de diverses

/ sortes plus ou moins réguliers, plus ou moins

I résistants, qui n'ont plus guère que le mérite

de l'antiquité. Des citernes, des réservoirSj des poudrières ont été ménagés sur les lianes de la montagne, dissimulés dans des anfractuosités de rochers : çà et là quelques maisons de campagnes et de rares villas dont certaines ont bon air; enfin au sommet du Mont, la citadelle elle-même, réduit de la position qui commande au loin la mer, le détroit, les deux golfes qui bornent la presqu'île, les deux villes de Almina et de Ceuta ainsi que Tisthme du côté du continent La citadelle est un pentagone irrégnlier fortifié

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