L ARMEE MAROCAINE
Le suprême de Téléganca est de porter une che^ mise par-dessus le pantalon.
Au surplus, tout ce qui n, de près ou de Iciu, Taspect d'une tenue militaire est bon pour un fantassin marocain, et Ton en trouve affables de livrées de facteurs des magasins du Louvre ou du Bon Marchéj venues on ne sait comment, échouer â Fez ou à Maroc. L'État est d'ailleurs très parcimonieux dans ses distributions d'effets, par la raison que fort souvent les soldats et les officiers vendent au marché les vêtements qu'ils viennent de recevoir : il a donc tout intértU à laisser à ses hommes des guendles sans prix ni attrait ; c'est son seul moyen d'arriver à conserver ses approvisionnements.
L'artillerie de campagne marocaine est fournie ^" en tant ([u'hommes de troupe — par le guich; et comprend deux bataillons de quinze miâhs d'une centaine d'hommes chacune. L'instruction de cescauonniers est moins que rudimentaire, et comme les caïds-aghas (commandants de bataillon) ne savent pas hre^ on est obligé au moment des expéditions^ d'adjoindre à chaque miàh un de ces officiers du génie dont nous avons parlé, un mohcndez, chargé de disposer la hausse au moment du tir.
L'armement des troupes d'artillerie comprend un mousqueton sans baïonnette: lem- habillement est celui de riufanterie.
Quant aux pièces, c'est un ramassis hétéroclite des systèmes et des calibres des plus divers : cependant Tartillerie peut atteler deux batteries montées et deux de montagne.
Voici, d'ailleurs, la liste complète de Tartillerie de campagne marocaine telle que l'a donnée, en 4885, le capitaine Erckmann, l'ancien chef de la mission militaire française au Maroc : 6 canons rayés de 4 de campagne, 6 canons rayés de 4 de montagne, 6 Parrott de 10 livres, 6 Withworth de montagne, 4 canons de 8 de campagne^ lisses, 3 mitrailleuses Gattling, une mitrailleuse Hotchkiss, 2 mortiers de 45.
Ces pièces de provenance française sont en bon état et se sont augmentées, croyons-nous, depuis 4886 d'une seconde batterie de 4 de campagne, don du président de la République française.
Viennent en second lieu les pièces suivantes, qui seraient, paraît-il, dangereuses pour les canonniers qui pousseraient la témérité jusqu'à vouloir s'en servir: 4 canons analogues à notre 4 de campagne, 24 canons de montagne, lisses en bronze (de provenance espagnole), une batterie de montagne Withworth, achetée dans l'industrie en Angleterre, 4 canon Armstrong, démontable, 4 mitrailleuses belges, 6 mortiers d'environ 45 centimètres.
Nous ne parlerons pas du génie, qui compte seulement les officiers ou mohendez dont nous
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avons fait mention déjà, mais noua ajouterons à rinfanterie les nouhalbes à pied, qui, comme leurs camarades cavaliers, seraient un excellent appoint au moment d*une expédition.
La défense régionale ne peut être que rudîmen taire en un pays où Tart de l'ingénieur n'a pour représentants que des officiers bornant leurs connaissances mathématiques à la possession des quatre règles. Cependant, deux points du territoire présentent une certaine force en tant que fortifications; Tanger et R'bat.
Tanger, point extrême du Maroc vei^ TEuropc, résidence des ambassadeurs étrangers, devait naturellement bénéficier de sa situation privilégiée à côté d'un continent civilisé et elle n'a pas manqué d'en profiter. Tout est relatif cependant, et nous ne voudrions pas dire par laque Tancienne capitale de la Tingitane ait Taspect d'une place fortifiée par Vauban, Montai embert on Brialmont. Cependant ses trois batteries avec réduit, consti'uites par des ingénieurs anglais de Gibraltar ont un aspect européen qui frappe, sur cette terre arabe, et les six canons Armstrong, qui tournent vers le détroit leurs énormes bouches^ ne manquent pas de crâne rie.
Avec Tanger, le port du Maghreb le mieux défendu estR'bat, On compte dans cette dernière ville 167 canons dont 30 pièces de 12.
Pour quelqu'un qui n'est pas au courant des
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