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PREMIERE PARTIE

Chapitre T^ : Appellation géographique. Situation, Superficie. Chapitre II : Orographie. — Chapitre III : Hydrographie. Chapitre IV : Climat. — Chapitre V : Ethnographie.

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I. A|ïiH'llatii«n t!i'"»gr.iiihi(nu\ — II. Situ.it inn. — m. SuiH-rhcu'.

Appellation géographique

Lensemble géo^rai)hi(iiie que nous npi">clons M^roc en Français, Morocco en Anj^lnis, Mnrokk-o en Allcniand, MiirruiLus en Espagnol, forme l'anj^He Xnrd -Ouest du Conlinenl africain à l'extréniilc occidentale de l'antique ]kTl)crie.

f Les Marocains dé^ij^iuMit leur i>a\s. dans son enscnil.ilc, par le terme commun /:/ I\\ir/) iTOccidcnl ■; ils se donnent à euxmêmes le nom de Mf\f?hti (occidcnlaux , rl(.)nt u- sinj^^ulitT est Urarbï (occidental'. -- Les dénomination^ de Mann* et de Marocains leur sont totalement incnnimcs. Maroc est un m(^t atrocement défij^niré. danï^ lc(|uel on a peine à rec(»iniaitre la prononciation arabe de Merrakèchc, ville i)rinci])ale tlo la i>n»vince de ce nom. — En aralx^ littoral on a] libelle le Manu;. /:/ Mirib'El-A/c'^a (l'Occident exLrrnie\ Les indij^^ènes lettrés

seuls se servent quelquefois en parlant, de cette expression; mais ils prononcent toujours El-Mar^rib ou El-Mag'rib (avec un i), pour ne pas confondre ce terme avec son homogramme El Mctireb ou El-Mag'reb (moment du coucher du soleil). » (Mouliéras. Le Maroc Inconnu).

Situation

Les côtés N. et O. du trapèze gigantesque figuré par Tempire sont battus au Nord, par les flots turbulents de la Méditerranée sur une longueur de 390 kilomètres d'Adjerond (le Kiss) au Cap Spartel; à TOccident par les vagues plus lentes de l'Atlantique sur une plage immense de 850 kilomètres, étalée de Spartel jusqu'à l'Oued Draa, sans un cap trop saillant, ni un golfe brusquement creusé. La frontière sud sensiblement parallèle au rivage septentrional, est déterminée par une dépression de la Scgkia el Hamra (vallée rouge) qui sépare le Maroc des territoires mal définis où semble se prolonger et s'atténuer notre Sahara Algérien. Il a fallu la diplomatie un peu maladroite du traité de la Tafna (1845) pour remplacer à l'Est par une ligne idéale et capricieuse de l'Oued Kiss au Gourara, la frontière historique et géographique très apparemment indiquée par le fleuve Moulouia.

Si l'on s'en tient plus sommairement aux coordonnées géographiques, le Maroc est compris entre le 28° et le 36'' de latitude Nord, le 4° et le 14*" de longitude Ouest.

Superficie

La superficie du Maroc est évaluée a environ 850.000 kilomètres carrés (843 kilomètres du N. au S., et 666 kilomètres de l'Est à l'Ouest).

GÉOCKArillK

Montagnes. — Plaines. — Caps.

Généralités

La physionomie générale du pays est celle d'un formidable massif montagneux pouvant se subdiviser en trois grandes parties principales : massif du Rif. massif de l'Atlas, et la région des grandes plaines subatlantiques (M. A. Brives).

Ce système orographique domine le pays tout entier.

l/expression « mer de montagnes », donne bien une idée de l'aspect du pays. « L*Atlas engendrait le Maroc » c'est une vérité qui s'affirme lorsque l'on étudie la région des plaines subatlantiques, lesquelles étagées depuis les flancs de l'Atlas jusqu'à l'Océan, consistent en alluvions arrachées à la montagne par l'impétueuse ardeur des cours d'eau.

Les deux tiers du Maroc ont donc l'aspect d'un vrai pays de montagne. Les altitudes de 4.00(1 et 4.5U) mètres de la chaîne de l'Atlas, et les sommets, couverts de neiges éternelles, en font un pays à part dans le nord de l'Afrique.

T^Mt le nord du Maroc, surtout le massif du Rif, a l'air d'être la suite des massifs espagnols qui se continueraient sur la terre d'Afrique, depuis le détroit de Gibraltar. Les études géologiques, et les gisements sont In, du reste, pour établir la similitude de formation des terrains.

Maosif du Rif

Ce massif, suite probable des montagnes d'Espagne, a un aspect rappelant la Contraviesa et la Sierra Nevada. Il est

composé d'un certain nombre de chaînes coupées par de no:î> breux cols, et dont la direction est parallèle à la mer. C'est aussi près des côtes que se trouvent les plus fortes altitudes; ainsi le mont Anna, près de Tétouan, en a une de 2.200 mètres..

M. Vincendon-Dumoulin, dans son tracé hydrographique de la côte, n'a pas signalé de neige sur ces sommets en août, septembre et octobre, mais on en a vu en juin. Les parties montagneuses du Riff sont d'ailleurs réputées pour leur climat très froid, comme aussi pour les forets qu'elles renferment.

Certaines ramifications de ce massif viennent rejoindre les monts de Kebdana par les Béni Snassen, près de la frontière algérienne; d'autres l'Andjera et les Djebala par les Béni Hassan, jusque Tétouan, vers Alcazar et Ouazzan. M. de Foucauld qui a particulièrement étudié les Bcni Hassan à l'entrée du Riff, célèbre a les eaux ruisselantes, les prairies éternellement vertes, les villages innombrables et paisibles de toute cette région presque inconnue des Européens, dont la ville principale est Chéchouan •. Quant aux Béni Snassen. un voyage récent de Mohamed Ben Rahal a i>ermis d'en reconnaître également la fertilité, la richesse intelligemment exploitée. Les oranges des Béni Snassen sont bien connues à Tlemcen. elles pourraient même faire l'objet d'un commerce avantageux. Quant aux orges et blés durs de la même région, ils alimentent en grande partie les importants marchés de Nemours et de Marnia.

Le Riff septentrional n'est qu'un enchevêtrement de collines, de montagnes qui tombent en falaises sur la Méditerranée, sans que les fleuves aient le temps de se dévelopix^r sur un espace troj) court. On soupCjOnne cette partie du Riff de renfermer d'importantes richesses minières; nous aurons occasion d'indiquer les quelques gîtes relativement explorés à ce point de vue. Il serait néanmoins fâcheux que cette légende, trop souvent décevante, fît négliger les ressources d'apparence plus modeste, mais incontestable, que la culture tles vallées ou des pentes du Riff pourrait offrir à notre colonisât irn future.

GÉOGR.VrHlE II

ni

Plaines du Rif

Les plaines sont assez rares dans la partie septentrionale du Maroc; elles sont étranglées entre les contreforts du Moyen Atlas et la mer. La seule qui présente quelque intérêt, confine précisément à TAlgérie, et s*étend au yjied des Béni Snassen, du Kiss Amélia, sur tout le territoire des Kebdana à qui le malheureux accident de Pouzet (avril igoî) a valu une réputation de férocité imméritée. Signalons également la plaine des Béni Bouriav;h sur la baie d'Alhucemas aux confins de la tribu des Bou-Kouyas, tribu qui sollicita la protection de la France contre les massacres auxquels se livrait Alouley-Hassan, il y a une quinzaine d'années. Les Bou-kuyas sont très nombreux dans la province d'Oran; l'éloge qu'ils font de leur Bled n'a pas encore convaincu un explorateur ou plus simplement un voyageur qui serait cej)endant assuré d'un très cordial accueil dans ce riff si injustement redouté.

Massif de l'Atlas

M. de Foucault et le capitaine Larras divisent l'Atlas marocîvin en 3 chaînes parallèles orientées de l'O.-S.-O. à FE.-N.-E., le grand Atlas au centre, le moyen Atlas au Nord, et le petit Atlas ou anti- Atlas au Sud.

Le GRAND ATLAS est une longue chaîne ininterrompue ayant des sommets très élevés et dont quelques-uns sont couverts de neiges étemelles. On j)eut citer comme altitude le Djehel Aiachi (4.5CXD), c'est le plus haut sommet et le plus oriental. Il finit, pour ainsi dire, la chaîne des crêtes, jiour commencer la zone des hauts plateaux qui descendent vers l'Oranie. Les principales altitudes, en allant de l'Ouest à l'Est sont : Djebel Tissa 3.3(X), DfOnirtzan isx.-^o, D'fOdjïrui 3.8CK); D'fTezah 4.000; DfTiddi 3.500; DfTarkcddit 3.000; Ait Choukhma 3.000; et enfin Ait Aiachi 4.3CX:).

Un certain nombre de cols permettent de traverser la chaîne.

Ce sont : col de Bibaouan et Tizi n'Ouichdan débouchant dans la vallée du Sous; TizirCTamanat, Tizin'Tclouet, Tizin'Amzoug, Tizi Aït-Imi, etc., débouchant dans la vallée du Dràa; Tizin'Telremt débouchant dans la vallée du Zis; Tizin'Tanslemt débouchant dans la vallée du Guir.

Le versant Nord du Grand Atlas est boisé; au contraire le versant Sud est nu et rocheux.

La chaîne du MOYEN ATLAS est parallèle à celle du grand, dont elle est séparée par les deux vallées de l'Oued Abid et de la Moulouïa. Cette chaîne commencerait à la vallée de la Teççaout pour finir aux hauts plateaux du Dahra. Les altitudes maxima seraient de 2.000 mètres. La neige couvre une partie de l'année les sommets dont les deux versants sont très boisés. La chaîne du Moyen Atlas est une des moins connues du massif.

Le Petit Atlas ou Anti-Atlas, la plus méridionale des trois chaînes, commencerait près de l'Océan, pour finir à l'Oued Zis. Son sommet formerait un large plateau au lieu d'être une crête comme pour les deux autres chaînes; on y verrait pourtant de la neige à certaines époques, malgré son peu d'élévation et sa position au Sud.

Les sommets les plus élevés sont le Dj'Ignan i.ioo; Tizi Iberkaken i.gcx), Tizi Azrar 1.900; Tizi Agui 1.600, Tizi Gourgou; Djebel Saghrou. Le passage est facile sur tout le massif, sans même chercher les cols.

Toute la partie occidentale du Petit Atlas est très fertile; elle est une des plus riches parties du Maroc. En allant vers l'Est le pays est moins riche, surtout sur le versant sud.

Plaines subatlantiques

Cette dernière région longeant tout l'Océan, desservie par de nombreux j)orts, dont quelques-uns faciles d'accès, doit être le grand but de la future colonisation agricole du Maroc. C'est ce pays, qui se civilisera et se développera le premier pour plu-

sieurs raisons : richesse du sol, climat très salubre, facilités de communication, et affabilité relative des habitants.

A vrai dire, le versant tout entier ne constitue qu'une plaine de 8c» kilomètres de longueur, sur une profondeur de 80 à 100 kilomètres jusqu'au second étage du noyau central. Cette plaine s'appelle Gharb (Larache et Rabat), Chaouia (Casablanca), Doukala (Mazagan), Abda et Rehamna (Safi), Sous et Houz (Môgador), ou IJoun (Agadir). Mais ces noms distinguent beaucoup plus exactement les populations que les conditions géologiques et agricoles.

Extraits d'une étude de M, A. Brives, publiée par le Bulletin du Comité de l'Afrique française, numéro de février 1905.

Aperçu géologique et agricole sur le Maroc occideatal

Les grandes plaines du nord-ouest sont en effet disposées en gradins successifs, qui s'étagent depuis le littoral atlantique jusqu'aux flancs des massifs montagneux. A mesure que Ton s'approche des altitudes élevées, les gradins deviennent plus étroits, mais cette disposition n'en persiste pas moins plus ou moins nettement marquée, jusqu'à la côte 2.000 dans le Haut-Atlas occidental.

De cette série ainsi étagéc, trois zones sont surtout remarquables, parce qu'en outre de leur constitution géologique différente, elles présentent au point de vue agricole et forestier des caractères remarquables.

a) Zone des cultures. — Si l'on part de Casablanca pour se diriger sur Marrakech on traverse d'abord la grande plaine du Chaouïa. C'est la première zone, celle du plateau littoral qui s'étale le long de la côte depuis Arzila jusqu'au sud de Mogador. formant une bande irrégulière, rétrécie en quelques points, mais, pénétrant parfois jusqu'à 60 ou 70 kilomètres dans l'intérieur.

Ce plateau débute toujours par une berge très escarpée et rocheuse, qui recule sans cesse sous l'action érosive des vagues. En quelques points, la formation de dunes donne lieu à une côte basse, sablonneuse, souvent marécageuse comme aux environs de Mehdiya et de Oualidia, ou formant de belles plages comm»' celles de Casablanca, de Mazagan, de Mogador.

A l'intérieur, le plateau s'étend uniforme, dénudé, montrant çà et là quelques rares palmiers comme dans le Chaouïa, le Doukkala, l'Abda, présentant cependant parfois une végétation arborescente plus intense, comme dans la ])etite plaine d'Akermout, et même en

certains points de vcritables forêts de chênes-lièges, telles que colles des environs de Laracho, ou des boisements d'arganiers, comme dans les Ida ou Guerd.

Dans le Chaouïa, le Doukkala et l'Abda, les terres noires occupent les 2/3 de la surface du plateau et sont toujours très bien cultivées. Les céréales, blé et orge, en sont les cultures exclusives.

A partir de Mazagan et jusqu'au sud de Mogador, le sous-sol est perméable ; il est calcaire. Ce sont tantôt des calcaires du crétacé inférieur, comme dans la partie littorale de l'Abda, tantôt ceux du crétacé moyen (cénomanien) comme dans le Chiadma et les Ida ou Guerd. Aussi plus de r'dirs, plus de marécages, plus de terres noires. Le sol est généralement jaune, rocheux, en rapport avec une végétation arborescente plus intense, dans laquelle Targanier, le thuj-a, l'olivier dominent. Les parties cultivables et riches se limitent aux zones où l'irrigation est possible, et se localisent ainsi le long des rivières qui entament plus ou moins profondément ces plateaux calcaires. Pour se rendre bien compte de ce phénomène, il suffit de parcourilr les environs de Mogador, on pourra comparer la richesse des fonds de l'ouest Ksob et de TAïn-el-IIadjar avec l'aridité des flancs du djclxîl Hadid. La majeure partie du plateau du Chiadma est cependant bonne, et quelques parties, comme le Drâ, ptiraissent même riches et bien cultivées. Mais là l'irrigation intervient et cette richesse est surtout artificielle ; elle ne dépend pas seulement de la nature du sol, mais surtout du travail des habitants.

Sur toute l'étendue de ce plateau, dont l'altitude s'élève insensiblement depuis le niveau de la mer' jusqu'à la cote 250, la culture dominante est celle des céréales; dans certaines parties du Doukkala, la vigne occupe d'assez grands espaces et le raisin trouve un écoulement facile dans le pays même; les oliviers >c dév loppcnt aussi dans la région de Mogador et la fabrication de l'huile y est un élément de ])rospérité. Mais ce qui domine surtout et ce qui permet de caractériser cette zone, c'est la prédilection marquée ])our les cultures non irrigu-ée< de céréalo, de ])ois chiehes. d'alpi^te, qui en .^ont la richesse principale; ce i>Iateau >e tnjuve être ain>i la zone des cultures par excellence.

b) Plateau moyen nu zone des pâturages et des cultures irriguées. -- Ce plateau débute à l'altitude de 3CX) mètres et s'élève, soit insensiblement, <oit par grailin<< successifs, ju-^qu'à Ch)o. Plus irrégulicr que le ])rérédont. il >'étalr le long du Rif, pénètre dans la dépressicm de Fès pour gagner les /emmour, le Mdakra. le Srarna, l^ Rehamna, s'enfonçant profondémcMit dans la vallée c!r TOum-er R'bia. et contourne les Djebilat j^our venir former le long du Haut- Atlas la grande plaine de Marrakech.

Mais ce qui domine surtout dans ce plateau moyen, ce sont les

immenses surfaces où les érosions ont mis à nu les terrains anciens. Lorsque le sol se trouve être balayé par les vents violents, qui dominent chez les Rehamna par exemple, il ne présente aucune trace de terre végétale. 11 est couvert de débris de quartz provenant de la désagrégation des filons quartzeux qui traversent les micaschistes, et présente alors des zones d'aspect désertique, où le sisiphus lotus montre de rares sujets. La zone la plus remarquable par son aridité est celle qui s'étend aux environs de Ben Guérir et chez les Béni Meskin. Mais dès que le vent ne peut produire ses effets désastreux, la terre végétale se forme, la végétation apparaît. Le sol est alors pauvre et siliceux; les céréales y poussent misérablement, mais rélevage s'y développe et devient la seule richesse de ces régions. Les parties abritées des Rehamna, les Srarna, et très probablement le plateau des Zemmour, se trouvent dans ces conditions.

Pour remédier à la pauvreté du sol, les indigènes ont eu recours à l'irrigation. Des canaux nombreux dérivent les eaux du Teçaout et de tous les affluents du Tensift, et viennent irriguer des surfaces considérables, depuis Guelaa jusqu'à Marrakech et même plus loin vers l'ouest. Il s'est ainsi formé, grâce à l'ingéniosité des habitants, de véritables oasis, où le palmier, l'olivier et les arbres fruitiers, figuiers, orangers, etc. abritent de belles cultures potagères, et autour desquelles de vraies prairies artificielles ont été créées permettant ainsi l'élevage des bovidés et des moutons.

Ainsi, dans ce plateau moyen existent, suivant la nature du sol, et aussi sous l'action de causes naturelles (vent) ou artificielles (irrigations), des zones très riches (celles qui sont irriguées) et d'autres très pauvres ; mais partout l'élevage se fait plus ou moins activement, alors que la culture des céréales est, au contraire, très restreinte.

Cela justifie bien la dénomination de zone des pâturages et des cultures irriguées que j'ai appliquée à ce ])lateau moyen.

c) Plateau supérieur; sonc forestière ou désertique. — Dans le Nord et jusqu'à la bordure du Haut-Atlas, ce plateau n'est guère indique que par des témoins isolés qui émergent ])lus ou moins du plateau moyen.

Devant une si grande diversité d'assises, il peut paraître osé de vouloir donner une caractéristique générale de la région. Cependant je crois pouvoir le faire. En effet, en dehors de quelques parties alluvionnaires éparses où les cultures de céréales et celle de l'olivier sont possibles, l'ensemble du troisième ])latcau peut se diviser en deux zones : l'une où le boisement a persisté; c'est la zone des forêts de thuyas des Ida ou Icern, des Ida ou Kelt, des forets de chcnes-verts au sud de Mzouda et d'Amizmiz, des bois d'olivier du

l6 TITRE PREMIER

Zerhuun vt du Zalagh ; et l'autre, où par suite du déboisement, et peut-Otre aussi par suite des conditions climatériques et des phénomènes d'érosion, la végétation, même herbacée, est nulle; c'est la zone désertique des Djebilat, du Lakhdar, des Béni Meskin. Cette zone désolée correspond toujours aux affleurements des terrains anciens, dont l'imperméabilité incontestable ne permet pas à la végétation de s'établir, sauf cepi'ndant sur les granités. Les arènes qui résultent de la désagrégation de ces dernières roches constituent le seul réservoir d'eau de quelque importance ; aussi sur ce sol détritique voit-on apparaître une faible végétation, en rapport avec quelques source à débit très faible. Au Kerkour cependant les affleurements granitiques ayant un grand développement, il s'est produit sous leur influence une source considérable, le Ras-el-Aïn, dont les eaux vont alimenter les canaux d'irrigation de la région et déverser leur tropplein dans le Tensift on amont de Marrakech.

Dans les parties en bordure de l'Atlas, où les cônes de déjection des rivières qui descendent du massif montagneux, joints aux alluvions de ces cours deau, forment des zones à cultures restreintes, il peut se former, lorsque le sous-sol est calcaire, ces carapaces très dures qui couvrent certaines ]}arties de la plaine de Marrakech et qui rendent le sol complètement inculte.

Rien n'est plus curieux que de parcourir ces grands plateaux, celui du Mtouga par exemple, où, au milieu d'une région désertique, on voit par places des parcelles bien cultivées ou de jolis bois d'olivier. Partout où l'eau existe, il y a culture ou forêt; partout au contraire où elle fait défaut, c'est l'aridité, ccst le désert.

Telle est la caractéristique de ce plateau supérieur.

Caps

En suivant les côtes, depuis la frontière algérienne, on rencontre le Cap de VAg/zj, ou Cap de TEau, vis-à-vis. duquel se trouvent les. Iles Zafarines. C'est à ce cap que commence le grand golfe qui se teniiine au cap des trois fourches, à Textrémité de la presqu'île de Melilla.

En continuant vers le détroit, on peut citer le cap Qiiilatès et le cap du Maure foniiant les deux extrémités de la baie AWllhucemas, \'icnnent ensuite le cap Cotcllc et le cap Masari avec la tour du même nom. Puis le cap Negro, et la pointe Almina, extrémité 'le la presqu'île de Ceuta formant l'entrée du

détroit de Gibraltar, et iiyant un phare (iSo m. d'altitude) qui éclaire l'enlrée de la Méditerranée, la ]ioiiite Hl'incii et enfui la pointe M<dabala, à l'entrée de la baie de Tanger,

Sur l'Océan, le cap Spnrtel limite le détroit de Gibraltar. Le piiare qui a. été établi en refendrcùt est international.

En descendant vers le Sud le long de l'Océan, la côte n'est qu'une plage de sable, presque sans interruption, jusqu'à la pointe de Casablanca (Cap de CaMbloncii).

Un peu plus loin la poinle Asfiiimour. et le cap Mazognn de chaque côté de la baie oit se jette l'Ouni-er-Rebia. Ensuite, l'on trouve le cap Canlris, U- cap Suh lires de la ville du nicaïc nom, le cap Sint au Sud de Mosiador. le cap CIm f()rniant la lin du Grand Atlas, et le cap Isoh constitué par l'cxlrémité du Petit Atlas. Enfin le cap Noiiu qui domine l'embouchure de rOuer! Draa. .

Apt^s la Razîia Ki'iilr.-,- li,- l.i Tr

l8 TITRE PREMIER

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