BASSIN DE L'OCÉAN ATLANTIQUE
Comprenant tous les fleuves et rivières qui aboutissent à la côte Marocaine depuis le cap Spartel au Nord, jusqites et y compris la Saguiat El-Hamra
au Sud.
Le premier cours d'eau en suivant la côte, depuis le cap ppartel, est VOued Boit-Ghaddou, puis le Tahaddazt^ formé lui-même par la réunion de YOiied el Kharroiib et de VOued Mhrahar; tout le cours du Mhrahar est marécageux et par suite malsain.
Un peu plus au sud, YEl-Akouas nommé Arzila près de la ville du même nom. L'Oued Sebt passant près de la ville de Sebt se jette au pied des falaises Hafat-el-Beïda.
Le Loukkos (O. El-Kouss) qui se jette à Larache, où son embouchure est malheureusement obstruée par un banc, est un des fleuves importants du bassin. Il prend sa source au mont Tanraya. Sa longueur est de 150 kilomètres, et à Alkasar, où il passe, sa largeur atteint 40 mètres. Le Loukkos, connu des Phéniciens et des Romains qui l'appelaient Lixus, a comme affluent l'Oued-El-Mekhazen sur la rive duquel eut lieu la bataille des trois rois (1578). L'étang d'Ez-Zerga qui communique avec la mer reçoit Y Oued Décider.
La côte, jusqu'au Sebou qui se trouve à 100 kilomètres, ne reçoit plus aucun cours d'eau. Elle est bordée par une chaîne de hauteurs derrière lesquelles se trouve l'immense marais appelé mer Dja Ras ed Doura qui déverse ses eaux dans le Sebou.
Le Sebou qui se jette à Mehediyad, est, après le Nil, le plus grand fleuve du Nord de l'Afrique. L'antique Subus des Romains prend sa source dans le Moyen Atlas, probablement au Djebel Ayan (3.500), non loin des sources de la Moulouïa. Il a 450 kilomètres de longueur, dont 330 de Fez à la mer. Sa
pente qui est de i/i.cxx) à la côte de Fez, n'est plus que de i/io.ocxD dans la plaine, ce qui démontre sa navigabilité possible. Il n'a aucun rapide; ses eaux sont très limoneuses. Sa largeur, à son embouchure près de Mehediah est d'environ 150 m. Son débit minimum est de 40 me. pendant la saison hivernale; il est en moyenne de 400, mais il atteint 2.000. A la hauteur de Sel fat (cote 80), un barrage et deux canaux latéraux permettraient de multiplier la fertilité déjà prodigieuse du Gharb. Les gués de passage ne sont pas nombreux sur la route de Fez à Taza, il n'en existe qu'un.
Les affluents de ce grand fleuve dont le cours supérieur est peu connu sont: l'Oued Moiigouemba (r. dr.); l'Oued Tarzant (r. g.); l'Aïoun Snam (r. g.); l'Oued Sifron (r. g.); Y Oued Fez (r. g.); YInnaouen (r. d.) qui passe dans le moyen Atlas, non loin des sources de TOuàd Messoun affluent de la Moulouïa (C'est donc la vallée de l'Innaouen qui continuerait celle de la Moulouïa, et qui serait par suite la vraie voie de pénétration pour venir d'Algérie à Fez.) L'Oued Mikkar, l'Oued Ouergha (r. d.) qui prend sa source dans le Riff au Djebel Gouïn, l'Oued Rdat (r. d.), l'Ouad Rdem (r. g.) dont l'affluent l'Ouàd Bon- Fekhiin arrose Méquinez, et un autre affluent Taraoumqui prend sa source au Djebel Zerhoum, arrose les ruines de Volu-
lis.. . - .
Sur la rive gauche du Sebou, se trouve une nappe d'eau semblable à celle qui est sur la rive droite. Ce marais, (Merdja des Beni-Ahsers) reçoit deux oueds : le Beht et l'O. Er-Remel; il communique par intermittence avec le Sebou à 35 kilomètres de l'embouchure du Sebou; entre les deux villes de Slâ (Salé) et de Rbat (Rabat), se trouve l'embouchure de rOued Bou-Regrcg {Sula fliniiis de Pline). Ce fleuve qui prend sa source, comme le Sebou au Djebel Ayan, a un cours d'environ 200 kilomètres, et traverse des contrées d'une fertilité proverbiale. Malheureusement les Zemmours qui habitent ses rives sont réputés pour leur indocilité.
Il porte tout d'abord le nom d'Oued, liran; puis, dénommé Oued Keiksouy il a pour affluents l'Oued Khalkhal et l'Oued Ajennoun. Après il est connu sous le nom d'Oued Bou-Regreg^
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et il a comme affluents : l'Oued Ourjeim (r. d.) TOued Grou (r. g.); rOued Saltour (r. d.); et l'Oued Korifla (r. g.).
Après le Bou-Regreg, on rencontre une série de cours d'eau peu importants. Ce sont : TOued-Ykem; l'Oued Cherrat, TOued Znika; l'Oued Neffifilkh; l'Oued En-Nedja; l'Oued Miles; l'Oued ET-Touara ou Bou-Moussa.
Près de la f)etite ville de Azemmour, à l'extrémité N. de la rade de Mazagan, se trouve l'embouchure de YOued Oum-El- Rebia ou Oum-Enebia {yAsana fiiimen de Pline).
Ce fleuve, qui est important, prend aussi sa source dans le massif du Djebel Ayan, et se jette au N. de Mazagan.
L'Oum-Er-R'bia est le fleuve du Chaouïa et du Doukkala. Son nom signifie: mire du printemps; ses affluents et luimême roulent d'énormes masses liquides jusqu'à présent inutilisées. Le débit à l'embouchure, dont la largeur est de 56 mètres, est de 150 mètres cubes en mars; il tombe à 35 mètres cubes en été, et se relève à 1.116 mètres par les fortes crues. L'Oum-Er-R'bia est remarquable par ses poissons; l'affermage des pêches procurait autrefois 50.000 francs par an au Sultan.
On connaît les noms de quelques-uns de ses affluents : l'Oued Chebouka (r. g.) qui serait l'Oued Serrou; l'Oued Dema (r. g.); l'Oued Serribou (r. d.); VOued Tasrafet (r. d.); l'Oued El- Goidete (r. d.); l'Oued El-Abid (r. g.) qui a lui-même comme affluents J*Oued Ouaouizenty l'Oued Aït-Mesat^ et l'Oued Tessaout (r. g.), sur les bords duquel se rencontre une espèce de tamaris' dont l'écorce et le fruit servent à la tannerie et à la peinture des peaux de mouton, qui, ainsi préparées, sont connues sous le nom de filalis.
De l'Oued Er-Rebia jusqu'à l'Oued Tensift, sur une étendue de côtes de plus de 150 kilom., on ne rencontre aucun cours d'eau.
L'Oued Tensift prend sa source à peu de distance et au Sud de Merrakkech dans les contreforts du Grand Allas, probablement au Djebel Taourirt. Son débit d eliage est très faible, et descend jusqu'à i mètre cube. Ses eaux ne sont pas seulement absorbées par le sable, de nombreux canaux d'irrigation les em-
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pruntent, et fertilisent ainsi la plaine relativement sèche de Marrakkech. Sur les affluents de l'Oued Tensift, Oued Enfis, Oued Hdsif-El'Mci et Armât, s'embranchent des canaux d'arrosage, huit sur le premier, deux sur le deuxième et quatre sur le troisième.
Jusqu'à Mogador. quelques cours d'eau sans importance.
Là se jettent XOiied Ida ou Gert ou Kscb ou Guellouly puis YOued Tidsiy et enfin VOued H asif -Ait-Amer, le dernier cours d'eau avant le point où, au cap Ghir, la chaîixe de l'Atlas touche la mer.
Le premier fleuve que l'on rencontre au sud de l'Atlas est rOued Sous (le Soubous de Ptolémée).
Sous le nom d'Oued Tifnout^ il sort du lac Ifni qui se trouve au Djebel Tagherout (4.000) l'un des plus hauts sommets du grand Atlas. UOued Sous est un fleuve intermittent quoique jamais complètement sec (3.000 mètres cubes en juillet); il a une longueur de 280 kilomètres. Deux canaux d'arrosage s'en détachent à la hauteur de Taroudant, à 100 kilomètres de l'Océan.
Il reçoit l'Oued Aëlouz (r. g.) et l'Oued Zagmouzen (r. g.). Celui-ci aussi important lui-même que l'Oued Amaliz et l'Oued Semmeg.
Viennent ensuite TOued Tangcxrfa (r. g.); l'Oued Amdad (r. d.); rOued Srioul (r. d.); l'Oued Ziad (r. d.); l'Oued El- Ouar (r. d.), passent près de la ville de Taroudant; l'Oued Irgitten (r. d.); l'Oued Sifcn (r. g.); l'Oued Benï-Mham^ned (r. d.); l'Oued Sennara (r. d.) cl l'Cucd Almhui (r. g.).
A 40 kilomètres plus au Sud se jette l'Ouod Massa ou Hasif Oulghass ou Ouïras (le Masati Masatat ilumen de Polybe). Il a comme affluents l'Oued TazcrouaLi ir. g.) et l'Oued Bogara (r. d.).
Après rOued Massa citons les petits cours d'eau suivants : O. Sidi bcn Nouar; O. Sidi Bou-ef-Fcdail ; O. Aguerzou; O. Aïn Mirclfeft; O. Ifni, O. Tazerout; O. Noun ou Assaka, et le Rio Aureora.
Puis enfin le Draa {Darat ilumen de Polybe). Cet énorme cours d'eau qui, au sud marocain, draine les eaux du Grand et
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du Petit Atlas, est tout d*abord formé par : 1° TOued Tidili qui a sa source au Djebel Tidili (3.4CX)), et au Tizi NTagherout (3.500) (Grand Atlas); 2"* TOued Iriri venant du massif du Djebel Siroua (Grand Atlas); 3** et l'Oued Ouchchen, produit lui-même par une série de cours d*eau formant la patte d'oie, et venant du Petit Atlas. Il porte alors le nom d'Oued Idermi^ et après avoir reçu TOued Dtulcs qui vient du Semrir (Grand Atlas) il prend, à son passage à travers la trouée du Petit Atlas, l'appellation de Draa.
Suivant la direction Nord-Ouest, Sud-Est que lui imposent les contreforts du Petit Atlas, il se dirige, dès son entrée dans le Sahara, brusquement vers le S. O.
XSOued Draa n'a pas moins de 1.200 kilomètres dans le Houz qu'il contribue à fertiliser; il coule sur plus de 200 kilomètres entre des villages et des cultures, oasis mer\'ei lieuses coupées de nombreux canaux qui distribuent l'eau à profusion (de Foucauld); puis son cours se tarit presque, et ses bords sont désolés en arrivant à l'Océan.
Son volume d'eau varie beaucoup suivant les saisons. A son entrée dans le Sahara, le fleuve forme un immense étang de 100 kilomètres sur 50 kilom. dénommé le Dcbaia, qui se dessèche tous les ans, et est utilisé pour la culture par les tribus voisines.
Les affluents du Draa viennent tous de la chaîne du Petit Atlas qui est parallèle au cours du fleuve, et par suite, sauf un, ils sont tous sur la rive droite. Ces affluents sont : l'Oued Zgid dont l'affluent l'O. Tisint arrose Agadir; TO. Kheneg et Teurfa; l'Oued Zorha; l'Oued Tatta; l'Oued Akka; rO. Tizgi-El-Haratin et Oued leht; l'Oued Imi-Ougadir, et à gauche, l'Oued Mcrkala.
A l'embouchure de chacun de ces affluents se trouvent les Mader^ points de culture irrigués par le trop-plein des eaux de la rivière, et seuls endroits fertiles et habites.
Tout le pays Draa a été parcouru et admirablement décrit par deux explorateurs dont les noms sont évoqués chaque fois qu'est traitée la question géographique du Maroc et du Sud- Ouest Algérien. MM. de Foucauld et de Castries ont rapporté
lU'N clcxuincnts qui ont permis à M. de Flotte de Roquevaire il'rlahlir une carte complète de l'extrême sud, partie du Maroc qui riait la plus difficile k connaître, et qui, grâce à eux, est prul-vMre la mieux connue.