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Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général Lyautey

Ce Guide est divisé en un certain nombre de chapitres consacrés aux villes importantes y aux centres de tourisme ^ aux routes principales. Ces chapitres pointent un numéro d'ordre, répété en chiffres gras [15] sur chaque feuillet du guide, en titre courant, à côté de la pagination.

Ces numéros d'ordre sont également portés sur la carte-index imprimée sur la garde, en tête du livre. Pour trouver rapidement un itinéi'aire, donné, le lecteur n'aura qu'à en chercher le numéro sur la carte-index puis à feuilleter les pages du volume pour y retrouver le même numéro.

Du reste, s'il veut se rendre compte du plan général du guide, il consultera utilement la table méthodique placée au début et qui donne la liste détaillée des matières, dans l'ordre même où elles sont traitées.

S'il s'agit de chercher, non plus un itinéraire, mais une localité, un site, un point géographique, etc. , il suffit de consulter comme un dictionnaire, à la fin du guide, les pages de /'Index alphabétique.

Les itinéraires sont décrits, autant que possible, dans le sens correspondant au plus grand courant de voyageurs. Le touriste qui parcourra une route dans le sens contraire à celui où elle est décrite, fera de lui-même les changements nécessaires, notamment pour les indications relatives à la droite ou à la gauche, aux montées ou aux descentes.

Tous les plans, en noir ou en couleurs, sont divisés en carrés, repérés en marge par une lettre dans le sens vertical* et par un chiffre dans le sens horizontal. Cette lettre et ce chiffre, reproduits dans le texte à la suite du nom d'un hôtel, permettent de le retrouver immédiatement sur le plan en suivant verticalement la colonne indiquée par la lettre et horiT^ontalement celle indiquée par le chiffre, on trouvera, à V intersection, le carré dans lequel il est situé.

Toutes les mentions et recommandations contenues dans les Guides Bleus sont gratuites.

PRÉFACE

Le Maroc, qui a si longtemps vécu à l'écart de la civilisation occidentale, marche à grands pas dans la voie du progrès depuis 1912, date de l'établissement du Protectorat des puissances protectrices.

Dans la zone française surtout, sous l'éminente direction du général Lyautey, une œuvre admirable s'est accomplie, que n'a même pas arrêtée ni ralentie reiîroyable guerre qui s'achève, et on peut dire que le maintien de la paix et de l'ordre dans ce pays à peine sorti d'un état de troubles séculaire, son organisation rapide et la part glorieuse que, tout nouveau dans la grande famille française, il a déjà pu prendre à la Victoire, ont été un des plus beaux, un des plus réconfortants spectacles de ces années tragiques.

Aussi, l'attention de tous les Français se porte-t-elle avec un intérêt, et je puis dire avec une fierté justifiés vers le Maroc, qui ouvre dès maintenant un nouveau champ d'expansion et d'activité à nos colons, et aussi un nouveau et merveilleux champ d'études et d'explorations à nos artistes, à nos savants et aux simples touristes en quête d'impressions neuves et fortes.

Convaincus du rapide essor touristique du Maroc, dès la fin des hostilités, désireux d'y contribuer dans la mesure de nos moyens, nous n'avons pas hésité à entreprendre ce nouveau guide au milieu des difficultés du temps de guerre, et nous sommes heureux aujourd'hui de pouvoir l'offrir au public à l'heure même où le mouvement des voyageurs, trop longtemps contenu, va enfin pouvoir se développer librement.

Au point dé vue du Tourisme, ce qui est particulièrement remarquable dans l'évolution actuelle du Maroc, c'est qu'elle ne s'exerce pas seulement dans le sens de la mise en valeur du pays par une administration prévoyante et sage, soucieuse des intérêts bien compris de ses ressortissants, par l'adoption d'un outillage des plus modernes et des plus complets : ports, routes, chemins de fer, postes et télégraphes, etc.; mais c'est qu'elle se développe, en outre, avec le souci de laisser intactes les

•MAROC

PRÉFACE

traditions antiques et séculaires, en considérant comme intangible tout le legs du passé.

Il s'ensuit que tout ce qui constitue la couleur locale de ce pays est conservé» Et cette couleur locale est d'une intensité et d'un charme qu'on chercherait vainement ailleurs. C'est tout le moyen âge africain qui se révèle avec sa douce et lente vie pastorale et citadine aux manifestations si variées, sa scolastique si semblable à la scolastique occidentale d'autrefois, ses mœurs curieuses, originales et anciennes, ses remarquables monuments, expression logique d'une esthétique en voie de transformation pendant un millénaire, ses sites tour à tour souriants, âpres et sauviiges; c'est tout cela mis en contraste frappant par l'événement le plus moderne qui soit : l'éclosion de grandes villes européennes nouvelles, toutes pleines de bruit, de lumière, d'activité fébrile et des plus vastes espérances. Tel est le spectacle inoubliable et grandiose qu'offre le Maroc à, ses visiteurs étonnés.

On a dit avec juste raison qu' « une excursion en Algérie devrait être pour un Français le complément nécessaire d'une éducation libérale et patriotique », nous ajouterons qu'une tournée au Maroc devrait constituer le premier voyage d'un Français qui a l'ambition de bien connaître et de servir sa patrie. Quel enseignement salutaire ne recueille-t-on pas en effet de la vision d'un tel pays, dont le seul contact suffit à mettre en lumière aux yeux des moins prévenus les qualités supérieures de notre race, de révéler à tous des ressources surprenantes et insoupçonnées d'énergie créatrice !

Jusqu'au début dt; ce siècle, le Maroc était resté un dédale où l'on ne se déplaçait qu'avec lenteur et diplomatie, en encourant les plus grands risques. Rappelons-nous les émouvantes relations de voyage des Ch. de Foucauld, des de Segonzac, des de La Martinière, des Doutté, de tant d'autres et môme de l'inspirateur indigène du « Maroc inconnu », de Mouliéras! Aujourd'hui, les grands chemins sont clairs et directs, les voies sont larges et magnifiquement tracées et le réseau s'en complète chaque jour, les relations sont sûres et rapides, le pays enlin peut être parcouru dans la plus grande partie de son étendue avec le maximum possible de rapidité et de confort. Chertés, il reste encore des progrès à réaliser : ce sera l'œuvre de demain.

Décrire les routes et les villes, signaleT le moyen de les visiter avec proiit, arrêter le voyageur devant les monuments etlesfaitslesplusdignes d'être notés, en lui fournissant quelques

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explications utiles, tel est le but que nous nous sommes proposé. Le lecteur appréciera si nous avons réussi à réaliser ce programme. Qu'il soit indulgent toutefois en face des erreurs qui auront pu se glisser dans ce travail : la première édition d'un livre sur un sujet si neuf ne peut être parfaite. D'ailleurs la perfection existe-t-elle?

Ceci, dit par précaution indispensable et modestie toute naturelle, ne diminue en rien le mérite du savant arabisant qui a bien voulu se charger de rassembler sur place les matériaux de ce livre et de le rédiger entièrement : il m'est très agréable ici d'exprimer ma plus sincère gratitude à M. Prosper Ricard, qui, après avoir fait ses preuves en Algérie, où il a bien voulu aussi collaborer à notre guide, a été appelé au Maroc comme inspecteur des Arts indigènes à Fès. Nul n'était plus désigné que lui pour conduire à bien ce travail considérable. Grâce au bon vouloir de l'Administration de la Résidence et à la bienveillance particulière du général Lyautey, il a pu parcourir tout le Maroc dans des conditions exceptionnelles et recueillir au cours de ce long voyage d'études une documentation abondante, originale et personnelle qu'il a su mettre ensuite en oeuvre avec la plus sûre érudition et le plus scrupuleux souci d'exactitude, de méthode et de clarté, qualités essentielles d'un bon guide.

Mais M. Ricard m'en voudrait de ne pas faire aussi acte de reconnaissance envers tous les auteurs, vivants ou disparus dont les publications lui ont été d'un si utile secours et que beaucoup voudront consulter après lui. La liste en est longue; on la trouvera dans les notices bibliographiques insérées dans le corps de l'ouvrage.

Nos remerciements s'adressent encore à différents Chefs de Services du Protectorat qui nous ont puissamment aidé dans notre documentation : à M. le commandant Perret, chef du Bureau topographique du Maroc; à M. Tranchant de Lanel, chef du Service des beaux-arts, antiquités et monuments historiques et à son collaborateur, M. J. Guérard de Montarnal, architecte, détaché à la section des Beaux-Arts; à M. Prost, chef du Service spécial d'architecture et des plans des villes; à MM. le lieatenant-colonel Barseaux et commandant Thionnet, directeurs des chemins de fer du Maroc occidental et du Maroc oriental; à M. Châtelain, le savant directeur des fouilles de Volubilis; au lieutenant J. Dalbanne, du 4^ Bureau de l'État-Major du Tadla; à de nombreux chefs de services municipaux et officiers du

PRÉFACE

Service ôes Renseignements auprès de9quels nous avons toujours trouvé le plus bienveillant accueil; à M. Jean Fourgous, inspecteur des services commerciaux de la G'" des chemins de fer d'Orléans; enfin et surtout à M. le général Lyautey, haut commissaire résident général de France au Maroc, qui, avec sa claire vision des destinées du pays et sa connaissance profonde de ses habitants, pacifie, organise de main de maître et crée par là même le tourisme au Maroc.

Marcel Monmarché.

Directeur des Guides Bleus.

Paris, le mai 1919.

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