‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 111 sur 153 · BENI OUNIF DE FIGUIG · texte numérisé non relu

BENI OUNIF DE FIGUIG

notamment à l'Ain TadderL^ ou bien sont amenées du, dehors, de Takrounet à TO., de Dar El Beïda au N.-O., par des canailx souterrains appelés feggaguir (sing. foggara) percés de distance en distance, comme les gottara de Marrakech, par des regards; d'autres canaux ou séguias à ciel ouvert, et des bassins de retenue en règlent la distribution dans les plantations, suivant un procédé ingénieux, quoique primitif.

Les jardins, bien cultivés et surveillés par des tours de garde, sont enclos de murs d'argile, assez élevés pour qu'on ne puisse pas, même monté, voir les intérieurs. Mais les indigènes ne font généralement pas de difficulté d'y laisser pénétrer (modique rétribution). Les cultures maraîchères y sont peu développées (oignons et navets); l'arboriculture ne s'applique guère qu'au palmier (200,000 pieds produisant des dfattes en abondance, mais de qualité médiocre); les arbres fruitiers et la vigne sont exceptionnels. Certains espaces découverts sont consacrés à l'orge, mais cette céréale occupe surtout des champs aménagés à l'extérieur des plantations.

Les Figuiguiens sont des commerçants avisés; ils se livrent en outre volontiers à l'émigration temporaire, allant louer leurs bras en Algérie et au Maroc oîi on les utilise surtout comme ouvriers terrassiers et maçons. L'industrie locale est fort primitive et ne consiste guère que dans la fabrication de quelques tissus (burnous, haïks, tellis) et objets en cuir rehaussé de traits de couleurs et de broderies (sacoches).

D'octobre à avril, le soleil inonde tout le pays d'une lumière incomparable. La température est en outre très douce.

Histoire- — Le Figuig fit partie de l'empire marocain avec Moulay Ismaïl (1672-1727). En 1806, Moulay Slimane s'en empara à nouveau. Il se trouve désigné nominativement dans le traité marocain de délimitation de 1845 comme dépendant du Maroc. Aussi avons-nous hésité longtemps à y faire sentir notre action. Le sultan du Maroc n'y ayant de son côté aucune autorité, les oasis étaient devenues le point d'appui et le refuge do tous ceux qui combattaient l'extension de notre influence dans le Sud. Attribuant notre abstention, dont ils ne pouvaient soupçonner les motifs, à l'impuissance et à la peur, les gens du Figuig ne perdaient aucune occasion de manifester leur hostilité. Le 31 mai 1903, le Gouverneur général, M. Jonnart, venu à proximité du ksar de Zenaga pour conférer avec le représentant du sultan, essuya une fusillade qui ht dans son escorte plusieurs blessés. Un court bombardement, auquel on procéda le 8 juin, suffit à convaincre les Figuiguiens de la supériorité de nos armes; ils oifrirent aussitôt leur soumission. A l'heure actuelle, les ksour s'administrent eux-mêmes au moj'en d'une djemaa. Le pacha de Figuig, représentant le sultan, prend part aux délibérations des différentes djemaas et en dirige les travaux tout en leur laissant la plus grande initiative. — Le contrôle supérieur est exercé par le commandant du Cercle des Beni Guil.

Bibliographie : — Le tourisme dans V Annexe de Beni Ounif, d'après les informations du commandant Pariel, 1911; — La source de Thaddert à Figuig, par E.-F. Gautier, paru dans les « Annales de Géographie », nov. 1917.

Beni Ounif de Figuig (Algérie), à 850 m. d'alt., au revers S. des hauts massifs de l'Atlas saharien, est le siège d'une annexe, qui dépend d'Ain Sefra. Mosquée de Sidi Slimane et petit ksar ; palmeraie; belle vue de la Garet El Hamir (10 à 15 min.; intéressant surtout au soleil couchant). Toute une ville européenne, bien bâtie, avec justice de paix, écoles, marché, canalisation, est aujourd'hui presque abandonnée. — La limite entre l'Algérie et le Maroc se trouve à 2 k. env. au N., au pied des montagnes.

MAROC

LE FIGUIG

Hôtel : — du Sahara, fermé en 1919 (gar. ; bains).

Chevaux et mulets (sellés). — 3 à 5 fr. par demi-journée.

Spécialités : — objets en cuir teint et brodé.

Chasse : — gazelle de monta-

gne, mouflon, lièvre et perdrix^ Renseignements : — s'adresser d'avance au Chef du Cercle des Beni Guil, à Figuig, qui accueille très bien les visiteurs et leur fournit gracieusement des guides pour les excursions.

En raison de son caractère grandiose, de la beauté de sa lumière, de la splendeur de ses sites, le Figuig mérite d'attirer l'attention des voyageurs. Les touristes amateurs d'alpinisme et de chasse pourront excursionner sur les montagnes qui limitent de tous côtés le Figuig.

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