‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 139 sur 153 · DE TANGER A CEUTA · texte numérisé non relu

DE TANGER A CEUTA

des singes (850 m.) compris dans les fortifications de la ville moderne.

A toutes les époques de l'histoire, Ceuta a joué un rôle important. Au V* s., elle a successivement pour maîtres les Vandales et les Goths. Sous l'empereur Maurice (582-602), elle devient la capitale de la Maurétanie seconde qui comprend Scptem, les îles Baléares et le territoire byzantin d'Espagne. Le comte Julien, gouverneur sous Constantin IV, s'y rend indépendant et conserve son titre en reconnaissant l'autorité d'Okba, qui dirigera première invasion arabe (682); c'est aussi ce personnage qui, bafoué par le roi visigoth Roderich, décide Moussa Ibn Noceir à tenter la conquête d'Espagne (710). L'expédition est conduite par le berbère Tarik, qui a laissé son nom au détroit, Djebel Tarik, dont on a fait Gibraltar. Sehta (dénomination arabe) passe des lors tantôt sous la domination arabe, tantôt sous la doniination berbère. De 828 à 931, elle fait partie, nominalement au moins, du royaume idrisside, puis devient une colonie, en 941, du calife omniade de Cordoue. A la chute des Omniades d'Espagne (1016), elle revient aux Idrissides Hammadites, pour passer ensuite aux Almoravides (1083), aux Almohades (1146), et aux Mérinides (1309). Entre temps, elle connaît des époques de prospérité : dès le x® s., son corail est régulièrement exploité; au XII® s. les navires italiens fréquentent son port avec assiduité; au xiii® s. Génois et Pisans sont en relations suivies avec elle, les Marseillais y établissent un fondouk et la France y entretient en permanence un consul général; elle est alors à l'apogée de sa puissance militaire et commerciale, qu'elle ne connaît plus en tombant au pouvoir des chrétiens. Le 24 août 1415, Don Juan, roi de Portugal, s'en empare avec une flotte de plus de 200 navires portant une armée de 50,000 hommes, et placée sous le commandement de Don Alphonse, comte de Barcelos; elle devient ainsi la première conquête des Portugais dans le N. de l'Afrique, puis passe à l'Espagne en 1580. Pendant 27 ans (1674 à 1701), Moulay Ismaïl l'assiège et la bloque sans pouvoir s'en emparer. Les tentatives de Moulay Yézid (1790-1791) n'ont pas plus de résultat. Elle reste désormais à l'Espagne qui y établit un présidio, sans valeur au point de vue commercial. Après l'accord du 19 novembre 1910, l'occupation s'étend jusqu'à Tétouan, et Ceuta peut enfin connaître un renou^ veau d'activité.

Le boulevard Gomez Pulido, ombragé d'arbres de belle taille et bordé de magasins et de cafés, marque le centre de la ville. Des artères le prolongent à l'E. et à PO.

Quartier Est. — La plaza de los Reyes, ou de Alfonso XII, y fait suite à l'E. Elle est entourée : de l'important hôpital militaire pourvu d'un parc sanitaire, de Véglise de San Francisco, qui garda un temps les restes du roi Don Sebastien; de la maison des Dragons, présentement occupée par la Société des Travaux du Port; du bureau des télégraphes et de la Sous- Intendance militaire.

Plus loin, c'est la rue Soberania nacional, dont les premières ' maisons, assez modestes, sont suivies d^'difîces plus riches et pour la plupart construits en 1907-1908. On y voit la maison d'O'Donnell (n° 37) qui dirigea l'expédition de 1860, Véglise paroissiale de N.-S'' de los Remedios qui remonte à 1716, V hôpital Jésus-Marie qui servit d'habitation aux Franciscains.

Au delà, sur la plaza de Torrijos, s'élève, à dr., la Maestranza de Yngenieros, occupée par le corps des ingénieurs. La voie se prolonge par la rue Don Juan I de Portugal, qui rappelle le nom

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