‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 67 sur 153 · BOUJAD ET LE TADLA · texte numérisé non relu

BOUJAD ET LE TADLA

La route, bien établie, traverse un' plateau accidenté, pierreux et désolé, que limite à l'horizon S. la ligne de l'Atlas. — 165 k. Traversée de l'oued Tachraf et (171 k. 3) de l'oued Bou Guerroun.

178 k. Boujad, centre religieux important et petite ville pittoresque de 6,500 hab., dont 600 israélites, seule agglomération importante du Tadla. Pour la visite, demander une autorisation et un guide au chef du Bureau des Renseignements.

Histoire. -- Boujad fut fondée en 1008 de l'Hégire (fin xvi« s.) par un descendant du calife Omar Ben El Khattab, Sidi Mohammed Ech Chergui, dont la lignée a fourni une série de saints hommes qui se sont héréditairement transmis la « baraka » du fondateur. La famille jouit dans tout le Tadla d'une grande autorité morale et d'un prestige reconnus à la fois par le sultan et les tribus voisines. A l'heure actuelle, le siyed — c'est ainsi qu'on désigne l'héritier du pouvoir spirituel de Mohammed Ech Chergui — est le personnage vénéré de toute la région ; il reçoit quotidiennement de nombreuses offrandes en échange de sa bénédiction. Aussi sa zaouïa est-elle très riche. Le pays est de pacification récente (mai-juin 1913).

A 500 m. au delà du hordj du Bureau militaire (bureau de la Place) et du camp établis sur une éminence auprès des tombeaux des premiers chefs religieux de Boujad, la cité sainte s'étend toute blanche et encadrée de jardins luxuriants au N. et au S. EJle s'oflre à la vue du visiteur par un grand souk pittoresque aux arcades régulières, fréquenté surtout le mercredi et le jeudi.

La Medina s'étend à TE. et au S. du souk autour de deux mosquées, Djama Ech Cheikh avec un minaret au décor peint, et Djama Moulay Slimane, d'une medersa sans intérêt et de trois sanctuaires dédiés à Sidi Salah (auvent en bois), à Sidi El Maâti et à Sidi El Arbi. Les salles des deux premiers de ces sanctuaires sont intérieurement ornées de plâtres sculptés et colorés, et leurs plafonds pyramidaux sont en. bois ouvragé recouvert de draperies marquant l'emplacement des tombeaux.

La zaouïa de Boujad est à l'O. de la Medina. C'est un important groupe de maisons servant de demeure au siyed, à sa nombreuse famille et à ses serviteurs.*

De grands jardins d'oliviers et de cactus, irrigués par un oued passant entre la medina et la zaouïa, bordent Boujad vers le S.

DE BOUJAD A MOULAY BOU AZZA (79 k. N.; piste autocyclable, pittoresque surtout dans son dernier tiers). — Après une montée sur un plateau rocheux on descend dans la vallée de l'oued Bou Guerroun, ravissante au printemps, vrai parterre de fleurs. — 24 k. Décloua Braksa. Après une descente difficile du plateau, on gagne la vallée de l'oued Tougourli, puis celle de l'oued Mesguida à travers des broussailles et des bois. — 43 k. Mechra Achrine Zouj, pont sur l'oued Grou, construit en 1918. On remonte enfin la vallée de l'oued Bourdine, entre le plateau de Fourhal au N. et la montagne de Sidi Embarek au S. — 55 k. Tazetol, d'où l'on peut se rendre à (32 k. N.-E.) à A(/uclnious (ou Guelmous), poste militaire au centre d'une région rude (45 à 50'^ en été, — 13° en hiver), dans une plaine circulaire de 5- k. do diamètre bordée de crêtes d'une altitude de 1,500 à 2,000 m. — 65 k. Forêt d'assez grands arbres au N. — 79 k. Moulay Boa Azza (p. 162).

KASBA TADLA.

DE BOUJAD A SIDI LAMINE (41 k. N.-E. ; piste aménagée, autocyclable en été). — On traverse des terrains de cultures, puis une zone de pâturages et de broussailles. — 18 k. El Graar, large dépression humide occupée par les Beni Zemmour, — On passe ensuite dans une région .mamelonnée, au pied de hauteurs garnies de rochers et de broussailles au départ, puis de quelques grands arbres disséminés. — 41 k. Sidi Lamine, poste militaire et ancienne kasba de la tribu belliqueuse des Zaïane, occupé par les troupes françaises depuis 1914. L'oued Sidi Lamine, affluent du Grou, prend sa source vers le Zrahina et coule entre d^s berges broussailleuses. — De Sidi Lamine, une piste aménagée conduit à (45 k. env. N.-E.) Khenifra (p. 162), par la Roche percée; parcours pittoresque.

DE BOUJAD ADAR OULD ZIDOUH (85 k. env. S.-O. ; piste carrossable). — 18 k. Sidi Mohammed Nefati. — 50 k. Souk El Arba du Fkih Ben Salah, grosse agglomération indigène. Marché important le mercredi. — On parcourt ensuite une région d'élevage, puis on rejoint la piste venant .d'Oued Zem (p. 142). — 85 k. Ba?- Ould Zidouh (p. 99).

Au sortir de Boujad, une piste spéciale pour autos légères conduit à Kasba Tadla, au travers de terrains d'abord rocailleux, puis de beaux pâturages. Au loin, l'horizon est borné par le mur dentelé de l'Atlas. On franchit successivement (181 k. 5) l'oued Takhasriet, (191 k. et 199 k. 4) l'oued Srirou et Toued Kaikat, fortement encaissés,

203 k. Kasba Tadla (hôt.-rest. modeste), centre indigène et important poste militaire sur la rive dr. de l'Oum Er Rebia; ch.-l. du commandement du territoire Tadia-Zaiane. La population indigène, qui fut autrefois de 2 à 3,000 hab. en compte à peine 500 aujourd'hui.

Histoire. — La Kasba Tadla {tadla en berbère signifie « gerbe de blé ») fut fondée à la fin du xvii® s. par Moulay Ismaïl qui y installa une garnison de 3,000 nègres destinés à tenir le pays. Le pont dit « portugais » est de la même époque ; il assura le passage des 25,000 fantassins et des cavaliers avec lesquels le célèbre sultan pacifia la vallée de l'oued El Abid, enserrée entre le Haut Atlas et le Moyen Atlas, et située à 50 k. plus au S. à vol d'oiseau. L'occupation française de ce point remonte à mai 1913.

En abordant la ville, on laisse à g, la msalla ou lieu public de prière pour les jours de grandes fêtes musulmanes, puis le camp iV.,à l'entrée duquel sont installés les hôteliers et commerçants européens, et enfin une grande place limitée à TE. par les Bureaux des Renseignements. On atteint ainsi la *kasba, l'une des plus belles du Maroc par la sévérité de son architecture, la beauté de son enceinte aux tons ocreux, la grandeur de son site.

Cette citadelle, décrite pour la première fois par de Foucault, se compose : 1" d'une enceinte extérieure crénelée et flanquée de bastions très rapprochés, de 10 à 12 m. de haut du côté du fleuve, où elle se dresse sur des rochers à pic; elle est munie, dans sa partie supérieure, d'une banquette qui court le long des créneaux; 2° d'une enceinte intérieure^ non crénelée, séparée de la première par un chemin de ronde et des places d'étendue

MAROC

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variable. Celte muraille abrite à l'E. une mosquée à minaret aux parois ornementées d'un décor curviligne ainsi que Vancien Dar el Makhzen (actuellement bureaux de l'Etat-Major et de l'Intendance) comprenant un patio central rectangulaire entouré de galeries et de locaux. A l'O. s'élève une autre mosquée (aujourd'hui infirmerie) plus simple, mais dont le mihrab est intéressant. Plus à l'O., une place surélevée, d'où l'on a une très belle vue sur le pont {V. ci-dessous) recouvre d'anciens gilos. — Un redan descendant par degrés successifs vers le torrent donne à la kasba, vue du pont, une silhouette caractéristique.

En amont de la kasba se trouve le village indigène et, en aval, le marabout de Sidi Ahmed Ben Ali; en face, ancien village en ruines dont une partie restaurée est occupée par des souks. La route, qui dessert ces dernières agglomérations, conduit à un grand et magnifique '^'pont en pierre de 150 m. de long et de 10 arches inégales, jeté sur l'Oum Er Rebia, qui a à cet endroit 30 à 40 m. de large et dont le courant est très rapide. La différence de niveaux, sur ce point, est de 3 m. et le débit de 8 m. cubes à la seconde. L'eau est rougeâtre, comme les terres avoisinantes et les murs de la kasba elle-même. De l'extrémité du pont, on jouit d'une *vue admirable sur la citadelle et sur l'oued.

A la sortie du pont, la piste de dr. est celle de Beni Mellal, celle de g. Conduit au camp S., établi sur la hauteur de la rive • g. dominant le fleuve et la kasba.

DE KASBA TADLA A BENI MELLAL (32 k. S. ; piste aménagée, autocyclable par beau temps; une autorisation spéciale du commandant d'arines de Tadla est indispensable). — Le trajet s'effectue en tribu Aït Roboa. — 14 k. Ouled Youssef, village à 800 m. à l'O. de la piste. — 18 k. Gué de. l'oued Derna; à peu de distance en amont, pont en ruines. — 19 k. Sidi Slimane. — 22 k. Tagranit, kasba en ruines. — 23 k. Gué de l'oued Boukhari. — 28 k. Ponceau sur l'oued Deï. — 32 k. Kasba Beni Mellal, aussi appelée Kasba Bel Kouch, s'élève au pied du Djebel Beni Mellal, sur une côte qui joint celui-ci à la plaine. Elle est entourée d une agglomération d'environ 3,000 hab., dont 300 Israélites, occupée par les troupes françaises depuis 1916; actuellement centre du commandement d un cercle. Quoique restaurée par Moulay Slimane au xix« s., la kasba est en ruines. Un marché hebdomadaire se tient au centre du bourg. — De superbes jardins et des vergers peuplés d'oliviers, de mûriers et de peupliers s'étendent jusqu'à la falaise d'où jaillissent des eaux abondantes et pures. A proximité, zaouïa de Sidi Mohammed Bel Kassem, au milieu de vergers. Au S., vue sur l'Atlas dont les premiers sommets sont couverts de broussailles, pendant que les hautes cîmes sont exemptes de végétation. Un grand couloir venant de la montagne est défendu par deux blockhaus. — De Foucault passa à Beni Mellal avant de franchir les montagnes du Moyen Atlas.

De Beni Mellal, on peut aller à (23 k. S.) Ouaouizert, par (6 k.) la source de Foum Oudi et le village de Timoulilt. Ouaouizert est un village des Ait Attad'Amalou, de 1,100 habitants, avec mellah; marché le vendredi.

DE KASBA TADLA A DAR OULD ZIDOUH (80 k. env. S.-O.; piste autocyclablo en été). — La piste se détache à dr. avant le pont sur l'Oum Er

BËNI M EL L AL.

Rebia. — 3 k. Pont sur i Oued Kaïkat. — Trajet dans la région fertile des Boni Amir. — 45 k. Souk El Arba du Fki Ben Salah (p. 145), où on rejoint l'itinéraire de Boujad. — 80 k. Dar Ould Zidou/i (p. 99).

De Kasba Tadla, on peut aller à (l'2 k. E. ; pisie autocyclable en été; autorisation spéciale du commandant d'armes de Tadla indispensable) Ghorm El Alem, poste militaire créé en 1917, couvrant Kasba Tadla et surveillant le principal débouché de la montagne, que l'on a appelé la « coulée de Ksiba ». Ksiba, à 20 k. env. N.-E. sur un plateau élevé, ressaut du Moyen Atlas, avec un souk important, est l'une des résidences de Moha ou Saïd, l'un des chefs influents de la résistance berbère.

JB. — Par le chemin de fer et la route.

176 k. 5. Ch. de fer militaire jusqu'à Oued Zem. Trajet en 8 h. par l'automotrice, 53 fr. 20; en l jour et demi par le train, 53 fr. 20 et 26 fr. 60. — 45 k. Bonne piste pour le reste du parcours. — Les moyens commodes de locomotion faisant défaut à Oued Zem, il est préférable d'adopter le transport en auto à partir de Casablanca.

43 k. 2. de Casablanca à Ber Ftechid, p. 77, 4°. — La voie prend la direction S.-E. à travers la plaine très fertile et bien cultivée. — 48 k. 6. Sidi Mostefa, — 59 k. 8. Dar Ben Hadia,

69 k. Sidi El Aïdi (p. 140). La ligne remonte Toued El Hamra en décrivant de nombreux lacets dans un pays accidenté. — 77 k. 8. Aïn El Beïda. — 83 k. 4. Aïn Fritis, — 88 k. 6. Kaid Lahsene.

91 k. 8. Ben Ahmed (p. 141). — 106 k. 4. Sidi Chmitti. — 116 k. 7. Melgou (p. 141), à proximité d'an caravansérail installé dans les ruines d'une ancienne kasba. — 125 k. 4. El Moangar,

136 k. 6. Ouled Abdoun (p. 142). — 150 k. 2. Bir Bettane.

176 k. 5. Oued Zem (p. 142).

Le reste du parcours jusqu'à Kasba Tadla doit se faire par la route (p. 142 à 145).

DEUXIÈME SECTWJS

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