A QUELQUES JOURNAUX
Monsieur,
J’accepte sans me plaindre les sévérités, même les injustices de la critique. Mais lorsque vous me supposez épris plus qu’il ne faudrait des gouvernements militaires, et quand vous me désignez comme un protégé de la censure, moi dont toutes les pièces, pourainsi dire, ont été tourmentées quand elles n’ontpas été mutilées par elle, je dois protester et je proteste surtout, monsieur, avec énergie, de toute mon âme, contre la pensée que vous m’avez prêtée d’avoir voulu flétrir dans Gourdier nos grands patriotes, par conséquent de répudier, de travestir, de calomnier la révolution française elle-même, nous sommes les enfants, les obligés de cette révolution. Nous ne valons quelque chose que par elle; il y va donc de la dignité, il y va de l’honneur à se montrer reconnaissant pour les libertés qu’elle a conquises ou revendiquées.
20 octobre 18G4.