ACTE QUATRIÈME
RHOUETTE.
Elle s’est enfermée dans sa chambre. L’arrestation de son frère a été un coup terrible pour elle. Je ne me l’explique pas.
LE GÉNÉRAL
Je ne peux m’empêcher de la plaindre. Elle a envoyé sa jeune sœur chez vous?
RHOUETTE.
Oui. Je l’ai laissée sous la garde de Bonavenlure. Madame de Valleroy a voulu l’éloigner de ces lieux où elle pressent un funèbre dénouement.
LE GÉNÉRAL
Alors, cette pauvre enfant..,
RHOUETTE.
Ignore tout. Madame de Valleroy a gardé son malheur pour elle seule.
LE GÉNÉRAL
Elle n’est que dévouement et abnégation, (a Fiamberge et 'a Sylvain.) Approchez!... (a Sylvain.) Va te mellre en faction à la grille. Tu connais la consigne?
SYLVAIN
Oui, mon général 1
LE GÉNÉRAL
Nous sommes toujours les hôtes de madame de Valleroy, qu’on ne l’oublie pas?
SYLVAIN
Oui, mon général 1 (il sort.)
FLAMBERGE, à part.
Des hôtes imposés, (s’avançant.) On n’a pas pu mettre la main sur Claude-Julien...
LE GÉNÉRAL, à Rhouetle, qui a pris des pistolets dans une boîte et qui
les examine.
Prenez garde, Rhouette, ces pistolets sont chargés, (a Fiamberge.) Tu seras de l’escorte qui doit conduire le prisonnier à Paris.
FLAMBERGE
J’ai été prévenu, mon général. Chacun aura cinq cartouches dans sa giberne, ce qui voudra dire qu’on se fera tuer ou qu’on les brûlera jusqu’à la dernière I
LE GÉNÉRAL
Pour minuit.
FLAMBERGE
Oui, mon général.
En attendant, retourne à ton poste... — la porte qui regarde le petit chemin de traverse, je crois?
FLAMBERGE
C’est cela même, mon général, (a part.) Si quelqu’un met le liez de ce côté, je le moucherai de façon qu’il ne s’enrhumera plus! (Haut.) Ah! sauf excuse, mon général... en conduisant le prisonnier on peut être attaqué par des forces supérieures... on se fera toujours tuer, c’est entendu... mais... faudrait-il d’abord casser la tête à ce brigand?
LE GÉNÉRAL
Oui. (Hélène vient d’entrer.)
HÉLÈNE, se jetant aux pieds de Chombure.
Oh 1 grâce, général... grâce!... grâce!...