‹ Le marquis caporalChapitre 107 sur 164 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HÉLÈNE, RHOUETTE.

11 est coupable, Hélène... criminel au plus haut point... au plus haut degré... Comment pouvez-vous pleurer un pareil homme?

HÉLÈNE, en sanglotant.

Vous m’avez tuée en le dénonçant.

RHOUETTE.

Oh! ne dites pas cela, Hélène, je n’ai écouté que mon dévouement pour vous. Gourdier avait redoublé mes craintes. Pendant l’évanouissement de notre pauvre ami, il avait parlé bas au général... le général s’était brusquement rerelourné vers nous... en ce moment Gaston reprenait ses sens.., je me suis approché d’eux et j’ai entendu Gourdier répéter au général : « Le chevalier du poignard est ici, ce ne peut être que cet homme, il faut l’arrêter. » Je n’ai plus hésité, vous le comprenez, et j’ai dénoncé le vrai coupable; voilà ce que j’ai fait, ce que j’ai fait par devoir et surtout peut-être pour le salut de Gaston.

HÉLÈNE

Mais en croyant le sauver vous l’avez perdu, malheureux.

RHOUETTE.

Que voulez- vous dire?

HÉLÈNE

Ah! vous croyez que ma destinée est faite comme celle

dos autres, vous... que mes malheurs sont semblables... qu’il n’y a pas une fatalité terrible qui m’écrase et qui n’existe que pour moi!...

Calmez-vous!...

HÉLÈNE

Me calmer?... Mais dites-moi aussi de vivre si mon Gaston mourait!... mais si je n’ai pas délivré Juvigny aujourd’hui ou demain, Gaston est perdu, comprenez-vous ?

RHOUETTE.

Gaston ?

HÉLÈNE

Il le dénoncera à la vindicte publique...

RHOUETTE.

Comment?

HÉLÈNE

Il le livrera au boureau !...

RHOUETTE.

Pauvre femme !...

HÉLÈNE

Heureusement qu’il va venir !

RHOUETTE.

Gaston ?

Nous fuirons sur l’heure ! sur-le-champ !

RHOUETTE.

Il va venir ?

Je l’attends !...

HÉLÈNE

RHOUETTE.

Ah !

HÉLÈNE

Qu’y a-t-il ?

RHOUETTE.

Ma malheureuse amie !...

HÉLÈNE

Qu’y a-t-il, encore, qu’y a-t-il ?

RHOUETTE.

Il y a que le malheur s’acharne contre nous... il y a

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