‹ Le marquis caporalChapitre 37 sur 164 · LE PETIT TAMBOUR · texte numérisé non relu

LE PETIT TAMBOUR

Ce pauvre Sylvain !... je vais prévenir le chirurgien-major.

FLAMBERGE

Oui, j’ai sacrifié la science aux lauriers [de Bellone,

quand je mettais mes troupiers... non, mes élèves en rang... s’il y en avait un qui pointait plus que l’autre, je le flanquais au pain et à l’eau.

Pour le maigrir 1... à la fin du mois l’alignement était rétabli, je comprends ça.

FLAMBERGE

Oui, l’alignement. Sans alignement, pas plus de savants que de soldats.

SYLVAIN, aux autres.

Oh!...

RHOUETTE, à Sylvain.

Assieds-toi, je vais te panser. (Sylvain s’assied. Rhouette examine sa blessure.) Souffres-tu beaucoup?

SYLVAIN

Ah! bien, oui... mon major... je pourrai danser dans trois jours. Seulement je suis d’une colère... parce que, voyezvous... cet atout-là, c’est la faute à Flamberge.

FLAMBERGE

Hein!

SYLVAIN

Certainement, (a Rhouette.) Figurez-vous, mon major...

RHOUETTE.

Tout à l’heure, quand j’aurai fini, (il prépare sa trousse, puis nettoie la blessure. Le volontaire, qui causait vivement dans un groupe, élève la voix en ce moment.)

LE VOLONTAIRE

Oui, une trahison... un vrai traquenard préparé par ce brigand... Ce n’est pas sa faute, allez, si nos frères n’ont pas tous été hachés à la Croix-au-Bois.

SYLVAIN

Vous parlez du traître Valleroy

RHOUETTE.

Mais reste donc en place!

SYLVAIN

J’étais à Grand-Pré quand il s’est tué.

LE VOLONTAIRE

Tu l’as vu?

SYLVAIN

Ah! bien, oui!... nous voulions pendre son cadavre

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