CLAIRE, HÉLÈNE
CLAIRE
Tu es émue ?
HÉLÈNE
C’est vrai, la lettre que je viens de recevoir n’est pas faite pour me rassurer. (Elle lui donne la lettre.)
CLAIRE, lisant.
« La fureur de vos ennemis ne se ralentit pas. Celui qui veille sur vous depuis deux ans... » (a Hélène.) Depuis que tu es veuve. Sa protection serait sublime si elle était désintéressée. (Lisant.) « Celui qui veille sur vous depuis deux ans croit dcvo.r dans votre intérêt sortir du mystère qui l’entoure. Il aura l’honneur de se présenter chez madame Dortois deux heures après la réception de sa lettre. » (a Hélène.) Nous allons enfin le connaître.
HÉLÈNE
Il sera ici à midi.
CLAIRE
S’il a voulu se faire désirer, il a réussi. Je suis curieuse de le voir. Je me le figure doux et poétique... comme une légende allemande... et adroit... comme Machiavel. Tu me le feras connaître, u’e^t-ce pas?
HÉLÈNE
Sans doute; ai-je des secrets pour toi ?... Ah ! si, j’en ai un.
CLAIRE
Voyez-vous ça!,.. — Eh bien! j'en ai un aussi, moi.
HÉLÈNE
Toi ?
CLAIRE
Confidence pour confidence,, veux-tu ?...
HÉLÈNE
Non !
CLAIRE, piquée.
Ah !
HÉLÈNE, se levant.
Ta vie n’est déjà pas si souriante près de moi pour que j’y ajoute encore un ennui. Mais voyons, toi, que me cachais-tu ?
CLAIRE
Je plaisantais.
ADÈLE, annonçant.
Le docteur Rhouette !...
CLAIRE, à part.
Ledocteur !... quelle nouvelle nous apporte-t-il d’Étienne
HÉLÈNE
Mais entrez donc, docteur, entrez donc !...