SCÈNE PREMIÈRE
CLAUDE-JULIEN, SYLVAIN, FLAMBERGE, Soldats.
Tableau animé d’un bivouac. Au lever du rideau, Claude-Julien est assis
sur un monticule, la tête plongée dans ses mains. Soldats groupés
diversement. Sylvain sur le devant du théâtre ; Flamberge arrivant.
SYLVAIN
Ce polisson de brouillard n’est pas chaud ce matin !
FLAMBERGE, à Sylvain.
Tu lais bien d’astiquer ton fourniment, à midi on aura encore le droit d’en découdre; l’arinistice va cesser, le conseil de guerre vient de se réunir.
SYLVAIN
Ah 1... Mais si les Autrichiens qui sont là-bas... de l’autre côté du fleuve... nous envoyaient des boulets en attendant ?
FLAMBERGE
Ils seraient dans leur tort. Tu recevrais les boulets, c’est évident, mais tu aurais la consolation de dire que ça ne compte pas.
SYLVAIN
Mais puisque je les recevrais?...
FLAMBERGE
C’estégal... la montre du général autrichien aurait avancé, voilà tout... on ne peut tout régler dans la diplomatie.
SYLVAIN, à un soldat.
Quel homme, hein ?... Au commencement je voulais raisonner... mais à présent...
FLAMBERGE
A présent que tu es un bon soldat, tu me comprends.
CLAUDE-JULIEN, à part.
La paix me livre tout entier à mes souvenirs !... Hélène !... Ah ! que ne donnerais-je pas pour la voir passer... pour la voir SOUrire !... Ma Chère Hélène !... (il retombe dans ses réflexions ; arrive Bonaventurc essoufflé et plié en deux sous son panier de vin.)