ACTE DEUXIÈME
en chef Jourdan a décidé que sans retard un avis serait porté au général Picliegru. Deux hommes se placeront dans une barque. . l’un ramera... l’autre se tiendra couché au fond. ..
FLAMBERGE
Afin de remplacer le premier s’il était tué... compris. Je serai le premier, Sylvain le second, ça va-t-il, mon général ? (Sylvain vient se placer à côté de lui )
LE GÉNÉRAL
Savez-vous conduire une barque?
FLAMBERGE, embarrassé.
Dame, mon général...
SYLVAIN
Nous avons voulu aller une fois en bachot à Saint-Cloud et nous avons chaviré, voilà tout.
FLAMBERGE
Heureusement on nous a repêchés, car nous nageons comme deux pierres... mais ça peut ne pas compter, mon général?...
LE GÉNÉRAL
Gardez tous deux vos fusils.
FLAMBERGE
Alors l’homme qu’il vous faut, c’est le caporal Claude- Julien.
CLAUDE-JULIEN
Moi?...
FLAMBERGE
C/est modeste, c’est brave et ça rame... comme un poisson 1 (Basa Claude-Julien en le poussant vers le général.) Oll M’oublie pas ses amis, hein?. .
CLAUDE-JULIEN, balbutiant.
Général. . oui... mais... (a part.) Hélène qui va venir 1...
LE GÉNÉRAL
Choisis un de ces braves... prends cette dépêche... et pars 1
CLAUDE-JULIEN, à part.
A la mort peut-être!
LE GÉNÉRAL
Eh bien ?
CLAUDE-JULIEN
Mourir au moment ou j’allais la revoir!...
LE GÉNÉRAL
Tu hésites?
CLAUDE-JULIEN
Général... sans doute... je...
LE GÉNÉRAL
Il n’y aurait qu’un mot à répondre!...
RHOUETTE, vivement.
Claude-Julien est à peine remis de ses blessures... il ne sent peut-être pas ses forces suffisamment revenues pour...
GOURDIER, l’interrompant.
Il a hésité, il suffit.
RHOUETTE.
Mais...
GOURDIER
On n’hésite pas quand la patrie est en danger, à moins d’être un traître ou un lâche.
Un lâche?... moi ?...
RHOUETTE, bas à Claude-Julien.
Prenez garde, il pourrait vous faire fusiller I
CLAUDE-JULIEN, se contenant à peine.
Un lâche?... Ai-je hésité à servir de guide à l’armée à travers les précipices et les balles ennemies?... Ai-je hésité à me jeter seul parmi une troupe de hulans... à lui reprendre un de nos drapeaux qu’ils emportaient?... Ai-je hésité à Fleurus, enfin, quand mes frères d’armes tombaient sanglants à mes côtés... moi seul debout... âme battre comme s’ils étaient tous là et à sauver le poste qu’on nous avait confié?...
GOURDIER
Non, mais pourquoi alors?...
CLAUDE-JULIEN
Pourquoi ai-je eu l’air de décliner l’honneur qu’on me fait aujourd’hui?... pourquoi?... (Changeant de ton.) c’était peut-être pour savoir ce que vous penseriez de moi, citoyen.
GOURDIER, à part.
Où ai-je donc vu cet homme?
LE GÉNÉRAL., bas à Gourdier.
C’est un brave soldat, ne l’humiliez pas davantage.
CLAUDE-JULIEN
Mon général... Vous n’étespas sans quelque estime pour moi... eh bien!... au nom du ciel, dites-moi si cette mission nécessite mon concours !