SCÈNE YII
Les Mêmes, BARBE.
BARBE
Mon général !... mon général !...
LE GÉNÉRAL
Que veux-tu?
BARBE
Mon général, je viens du Soleil d'Or ...
LE GÉNÉRAL
Eh bien?
BARBE
Je viens vous dénoncer une injustice, mon général...
LE GÉNÉRAL
Une injustice?...
BARBE
Voilà, mon général... je suis vivandière surnuméraire...
LE GÉNÉRAL
Ah çà ! tu étais donc candidate en nourrice?
BARBE
En nourrice!... mais vienne la Sainte-Barbe, ma patronne, j’aurai neuf ans, mon général.
LE GÉNÉRAL
Neuf ans?
BARBE
Deux ans de service, trois campagnes, pas de blessures !...
Bravo!...
LE GÉNÉRAL
BARBE
Mon général, on veut remplacer mam’ Hannapier par une autre... N’est*ce pas criant?... c’est une horreur, je vous dis, c’est une horreur!...
Calme-toi, je te ferai voter un sucre d’orge par le régiment.
BARBE, indignée.
Un sucre d’orgel... merci, mon général, je ne le mangerais pas. Non, je ne le mangerais pas!
FLAMBERGE, accourant.
Bonnes nouvelles, mon général !...
SYLVAIN, de même.
Ils doivent être maintenant de l’autre côté du fleuve !...
- FLAMBERGE
Le brouillard les a cachés et les cachera encore au retour !
LE GÉNÉRAL, à Gourdier.
Tout va bien sans doute, prévenons le général en chef, nous nous occuperons tout à l’heure de l’enquête, (ils s’éloignent.)
BARBE, à part.
Ull SUCre d’orge!,.. (Montrant Bonaventure qui revient.) Et Voilà
celui qui en est cause!... Ah! les hommes!... les hommes!