ACTE QUATRIEME
BARENTIN
Je crois bien !
ANDRÉE
Par où voulez-vous qu'on entre ici I
BARENTIN
Moi, je veux qu'on entre ici !
ANDRÉE
Ne fermez-vous pas la grille tous les soirs ?
BARENTIN
Oh ! que oui, je ferme la grille, et je ferme la porte, et je ferme les persiennes, et alors je suis un peu tranquille. Les murs sont bons, ils sont plantés de morceaux de verre qui n'invitent pas à les enfourcher, et, comme il n'y a que monsieur et monsieur Olivier qui aient des clés...
ANDRÉE
Ah ! monsieur Olivier a une clé ?
BARENTIN
Monsieur a dit comme ça qu'un jeune homme devait pouvoir rentrer à l'heure qu'il voulait sans réveiller les domestiques. Il est si bon pour nous, monsieur! Il nous fera tous égorger.
Cette clé, monsieur Olivier, quand il s'en va, la laisse ici?
BARENTIN
Ordinairement.
ANDRÉE
Est-ce qu'il ne l'a pas laissée aujourd'hui?
102 JEAN BAUDRY
BARE^'TIN
Tout à l'heure, en rangeant sa chambre, je ne l'ai pas vue où il a coutume de la mettre. Il l'a peut-être emportée par distraction.
ANDRÉE
Ou bien il l'a égarée. Quelqu'un peut l'avoir trouvée, et alors la maison est ouverte.
BAUEMIN, effrayé.
Tout de même, oui.
ANDRÉE
Vous ne pouvez pas empêcher d'entrer quelqu'un qui aurait cette clé?
B ARE N TIN
On pourrait se garantir avec l'autre serrure.
ANDBÉE.
Quelle autre serrure?
BAR EN TIN
La porte d'entrée a une serrure à secret; mais on ne s'en sert jamais, parce que monsieur dit que c'est assez d'une.
ANDRÉE
Je suis comme vous, j'ai peur. Ne pourriez-vous pas, ce soir, sans le dire à monsieur Baudry, fermer les deux serrures ?
BARENTIN
Sans le dire à monsieur? c'est lui qui a la clé du secret !
ANDRÉE
Vous ne savez pas où il la met?