‹ Le marquis de VillemerChapitre 188 sur 197 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ANDRÉE

J'ai quelque chose ta vous demander.

JEAN BAUDRY

Quoi donc?

ANDRÉE

Vous allez me trouver bien enfant; mais c'est la faute de Barentin. Il était là tout à l'heure h fermer les persiennes, il m'a effrayée avec sa peur ; il dit qu'il y a une serrure de sûreté et que c'est vous qui en avez la clé; je vous serais obligée de la lui remettre.

Je le reconnais bien là! Mais je lui ai dit que cette clé était je ne sais où.

ANDRÉE

Si vous vouliez la chercher?

JEAN BAUDRY

Je l'ai cherchée inutilement, elle est perdue; mais je vous promets d'en faire faire une demain.

ANDRÉE

Demain il sera trop tard !

JEAN BAUDRY

Trop tard demain !

ANDRÉE

Non, je veux dire que, dans ce moment, j'ai l'esprit agité par ce que Barentin vient de me dire. Vous savez, la nuit, les femmes... Mais, quand le jour sera levé, je serai la première à rire de ma frayeur.

JEAN BAUDRY

Pour cette nuit, il y a un moyen bien simple, c'est de

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faire veiller quelqu'un : Barentin ! ce sera la juste punition de sa sottise. Qu'on vienne, il sera là.

ANDREE

JEAN BAUDRY

Oh ! non.

Pourquoi ?

ANDRÉE

Je me reprocherais d'avoir empêché, pour un enfantillage, le repos d'un pauvre homme qui en a besoin.

JEAN BAUDRY

Vous avez raison. Vous êtes bonne. Eh bien! je veillerai, moi.

ANDRÉE, tremblante.

Vous !

JEAN BAUDRY

Oui, moi, qui serai heureux de rassurer votre sommeil.

ANDRÉE

Vous! (A part.) Grand Dieu!

JEAN BAUDRY

Vous paraissez émue.

ANDRÉE

Je ne veux pas que ce soit vous. Je ne me pardonnerais pas votre nuit. Je vous en prie, il faut que vous dormiez. J'aimerais encore mieux que ce fût Barentin qui veillât. Mais non, je veux que ce ne soit personne. Je n'ai plus peur. C'était Barentin qui m'avait troublé l'esprit ; mais vous m'avez tranquillisée. Quel poltron , ce Barentin ! Je suis honteuse de vous avoir ennuyé de cela. Je

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