‹ Le marquis de VillemerChapitre 4 sur 197 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

.M. DE DUNIÈRES, assis; LX M.VRQUISE, assis..

L\ MARQUISE

Voyons, mon chor Diuiièros, résumons-nous.

DLNIKRES.

Kli bien, marquise, vous voulez marier votre fils Urbain, bien qu'il soit le plus jeune el que son frère soit encore garron

LV MAROUISE.

.Mon fils Urbain : monsieur son frère n'est pas mariable.

DLXlk RES.

Pourquoi ra?Cbarmant homme, spirituel, élégant...

[..V .M.\I'.QL[SL\

Ouaranle ;ms dc'jii.

UUNlkllKS.

('/est encore le bon j'ige.

LA M AU QUI SE

C'est selon; si nous ne convenons pas des défiiuts de nos oiiTants devant le monde, c'est pour ne nous rien cacher entre vieux amis que nous sommes. Mon fils aîné, tout séduisant qu'il vous semble, et qu'il me semble encore queltiuefois à moi-même, est un prodigue... un oi-if... a\ec ça libertin et ruiné; n'est-ce pas là un beau mari ii offrir à une fille qui a le droit d'entrer dans la vie par la porte dorée, avec toutes les illusions du mariage? II ne s'agit donc pas du duc d'Aléria, mais du marquis de Villemer, qui a de la raison et des vertus; de mon fils Urbain, à qui je dois tout, puisque son frère m'a ruinée, et qui [)eut se présenter avec un beau nom, trente-trois ans bien employés, et une fortune que vous savez très-convenable.

UUMÎÎRES.

Très-bien. Et il est enfin disposé au mariage?

LA MARQUISE

Il ne l'est pas du tout, voilà mon tourment, Dunières.

DUMÈRES.

Auruit-il quelque engagement?

LA MARQUISE

Je ne le pense pas. D'après sa manière de vivre, il est libre, car il vil avec moi, sous mes yeux, attentif à mes moindres désirs, travaillant à je ne sais quel livre historique... Vous savez qu'il écrit?

DUM iiRES.

Sur la famille des Yillemer, sans doute?

LA MARQUISE, se levanv.

Non! grâce à Dieu, elle est connue. Notre arbre a toutes ses racines en terre franche et. toutes ses branches au grand air. Nous n'avons pis à rocheniller, mais bien à le greffer de notre

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