ACTE TROISIEME
par fierté peut-être, le jeune homme ruiné se fait un peu prier, c'est à la jeune fille riche d'insister et de vaincre.
CAROLINE
Et, pour cela, que puis-je fiiire?
LE DUC
Le voici. J'ai fait prier. Urbain d'aller trouver M. de Dunières au salon ; il va passer p;ir ici , vous le retenez sous un prétexte, et moi, j'en trouve un autre pour vous emmener, afin que, restés seuls, mademoiselle et lui, ils puissent enfin s'e.xpliquer franchement.
CAROLINE
Eh bien, rien de plus simple; nous allons dire que...
LE DUC
Qu'est-ce que vous avez donc ?
CAROLINE
Moi ? Je n'ai rien.
Si fait! vous êtes pâle.
DIANE
Et elle a les mains glacées !
LE DUC
Mademoiselle de Saint-Geneix n'est pas forte. [ on fait asseoir
Caroline sur le canapé. )
CAROLINE
Pardonnez-moi, monsieur le duc, je suis très-forte.
LE DUC, à Diane.
Ne la croyez pas ; elle n'est forie que de volonté.
D I A NE, a part.
Pauvie fille !
LE DUC
Elle travaille trop; elle devrait se promener, se... Ah! une
idée ! voilà le prétexte
DIANE
Voyons !
LE DUC, passant à gauche.
Oui, le voilà trouvé, (a Caroline.) Vous savez monter à cheval?
Fort peu.
LE DUC
Eh bien, il faut apprendre. Je vais faire seller Jaquot. (n remonte.)
DIANE
Qu'est-ce que c'est que ça, Jaquot ?
LE DUC, descendant.
C'est le poney du terroir, la bête du bon Dieu, une chèvre à
queue ! (U remonte.)
CAROLINE, se levant et passant à gauche.
Mais je n'ai pas la moindre envie de faire de l'équitation ce soir. Il va faire nuit.
LE DUC, passant à l'extrême droite.
Mais non, mais non ! Je veux vous faire faire d'un seul coup
une sortie adroite et hygiénique, (a Diane, montrant la fenêtre de droite.)
Tenez, vous demandiez Jaquot! le voilà qui revient du pré. [Appelant par la fenêtre. ! Eh! là-bas ! VOUS autres ! attendez-moi ! (a Diane et Caroline.) Je vais l'habiller, co fougueux animal, l'entraîner un peu ; je reviens vous chercher, et dans cinq minutes
le tour est fait, (u saute par la fenêtre.)