I.ABORIK
Merci.
Ainsi, vous partez ?
CLARISSE
LABO RIE.
11 le faut.
CLARISSE
Cette idée vous est donc venue tout d’un coup?
Je m'ennuie en France.
CLARISSE
Ah!... mais voilà qui est on ne peut plus aimable pour moi, Laborie, moi, votre amie d’enfance... — Mais non, non... — Voulez-vous que je vous dise pourquoi vous partez?
LABORIE; trpgf aillant.
Je...
CLARISSE
Vous partez, parce que votre grandeur égale votre dévouement... parce que vous avez été ma providence pendant onze ans... parce que, durant ces onze années, vous n’avez travaillé, vous n’avez vécu que pour moi, et que vous avez poussé le sacrifice jusqu’au martyre, l’abnégation jusqu’à l’héroïsme... voilà pourquoi vous partez !
Moi?...
CLARISSE
Vous partez, parce qu’il faut un peu de bien-être et de calme à la fière et hautaine héritière des Nepteuil... et qu’après avoir donné votre âme vous donnez votre sang... Voilà pourquoi vous partez!...
Moi?...
CLARISSE
La fille des chevaliers, la marquise de Nepteuil, l’orgueilleuse de son nom, de ses ancêtres, de sa race, est moins noble
LE MARTYRE DU CüEUR
que vous, artisan, moins grande que vous, ouvrier, moins glo- 1 rieuse que vous, artiste !
LABO RIE.
Je ne vous comprends pas. (Pâme.)
CLARISSE
En échange de cet humble et timide bouquet, emportez ce souvenir. (Elle lui glisse le médaillon dans la main.)
lin souvenir?
CLARISSE
Je vous le donne!
LABORIE prend les mains de Clarisse et les couvre de baisers après avoir, avec hésitation, jeté un coup d’œil su* le médaillon.
üh ! Clarisse ! Clarisse !
PLACl DE, à part.
Lès baons cœurs, lès baons cœurs!...
' JACQUELINE, entrant.
Monsieur Lerdac.
PLACIDE, à part.
Lui!
LABORIE, & part.
L'homine que je remplace!... (Lerdac et rorbin entrent.)