ACTE III
CLARISSE. s
Vous pouvez parler devant monsieur. •
LERDAC.
Au reste, je n’y vois pas d’inconvénient. Ma mission est toute simple et honorable. Je suis chargé par le duc de Valmartin, mon meilleur ami, de vous faire part de ses projets d'avenir. Monsieur de Valmartin vous aime, mademoiselle, et demande votre main?...
CLARISSE
Ma main!...
Que dit-il?...
PLACIDE, i paît.
Oh ! lè polissone de menteur.
LERDAC.
Le duc vous a vue à l'église de Chaillot, voilà trois mois, en passant par Paris.
PLACIDE, à pari.
Le duc n'était jamais venu à Paris.
LERDAC.
Avant de parler de son amour, il a voulu consulter sa famille.
. PLACIDE, à (art.
Le fourbe!...
LERDAC.
Il habite la Prusse. Je reçois à l’instant une lettre de lui. Sa „ famille consent. Mon ami serait donc le plus heureux des hommes si ses vœux n’étaient pas repoussés?...
Ah ! mon Dieu !...
P L AC IDE, à (art.
Je divinais... il voudrait faire la fortune du diuc pour être bien sur d’être payé.
LERDAC.
Quelle est votre réponse, mademoiselle?...
CLARISSE
Ma main ne m’appartient plus. — Je vous présente monsieur Pierre Laborie, mon mari
LH MARTYRE DU COEUR
LABO RIE.
Moi?..
CLARISSE
Vous...
LERDAC.
Qu'entends-je?...
F0RB1N.
Diable!...
PLACIDE
Je n’évais pas prévu cette chose, mais je la comprenais...
(U parle bas à Lerdac.)
Clarisse!... Clarisse!... Oh! mon Dieu!... n’est-ce pas un rêve?... Moi, votre mari?...
CLARISSE
Ce n’est pas d’aujourd’hui que je vous aime !...
Ah!...
FORBIN
Voilà qui chiffonne nos affaires...
LERDAC.
Vous êtes Clarisse de Nepteuil, à ce que vient de me dire monsieur Placide. Vous êtes, par conséquent, la cousine du duc de Yalmartin, dont j’ai juré et dont je jure de défendre partout la famille et le nom. Je me permettrai donc, mademoiselle, de vous rappeler au respect que vous devez à vos aïeux, et de vous dire qu’une fille de marquis ne peut épouser le fils d’un valet.
CLARISSE
Monsieur !
LERDAC.
Noblesse oblige.
CLARISSE, avec riignllé.
Vous venez d’insulter l’homme qui m’a élevée et nourrie, l’homme à qui je dois tout, même l’éducation que j’ai reçue, l’homme enfin qui, pour me faire une vie plus douce, vient de prendre votre place à l’armée et vous a vendu sa liberté...