CLARISSE, LABORIE
CLARISSE, an brai de Laborie.
Vous ne dites rien ?...
Non, j’écoute mon bonheur. J’ai peur de l’effrayer. — Votre beauté a fait scandale, savez- vous?... En vous voyant mains jointes et à genoux à l’autel, un jeune homme s’est écrié, malgré la sainteté du lieu : « Qu’elle est belle! » L’avez- vous entendu?
CLARISSE
Non.
Je l'ai remercié du regard comme s’il m'avait dit : Que
VQUS êtes heureux!... (lit foo» quelques pas en se parlant bas.— Laborie s’arrêtant.) Ma table de travail!... ici!...
CLARISSE
Elle est désormais à sa place. Ce sera pour moi le plus bel ornement de cet hôtel. Les indifférents ne verront que ce bois grossier, jpais j’y verrai, moi, toute votre vie de dévouement et d’amour, qui vous a fait si grand à mes yeux!... Que de nuits fiévreuses vous avez passées là, penché sur cet établi, travaillant pour moi, et ne pensant qu’à moi seule!... Je verrai tout cela, monsieur, et je me dirai : puis-je assez l’aimer!...
Oh! taisez-vous!... ces nuits-là, c’étaient mes heures attendues et bien-aimées... Taisez-vous, taisez- vous!... vous n’avez pas besoin de parler pour que mon cœur se fonde dans l’enchantement du bonheur!... Si vous saviez, perdu dans les ténèbres de ma misère, comme j’étais riche d’un mot ou du sourire que vous laissiez tomber sur moi!... vous étiez ma vision... mon rêve... vous étiez le bonheur impossible et inconnu que j’attendais !
CLARISSE
Impossible?... ingrat!...
LABORIE, l'embrassant.
Clarisse... Clarisse!... (Lerdac para't au fond.)
LERDAC, à part.
C’est le dernier baiser que vous échangerez... (placide revient,
ium de Jacqueline.)
PLACIDE, entrant, i Jacqueline.
Venez voir de ce côté... (Apercevant Lerdac.) Eh! mais, c’est monsieur Lerdac!... (Clarisse et Laborie ve retournent.)