‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 112 sur 242 · PUY · texte numérisé non relu

PUY

par la dignité avec laquelle il célébroit l'office divin dans sa magnifique basilique. Ce chapitre qui , durant la dernière persécution, s'est illustré par l'attachement unanime de tous ses membres aux vrais principes, et par leur courage simultané pour défendre , aux dépens de leur vie , la Foi de nos pères, méritoit d'avoir un tel doyen !

L'abbé de Puyredon auroit été digne plus que personne d'être associé au gouvernement même du diocèse; mais, extrêmement modeste , il borna son ambition à entretenir la ferveur et la régularité dans son chapitre, et à faire £kurir la religion dans la ville qui lui avoit donné le jour. L'î^cen»

dant de sa place, et de ses qualités personnelles , y contribuèrent moins cependant que l'édification de sa conduite. Quel sublime et touchant exemple de résignation il donna , surtout lorsqu'on le conduisit en prison à Limoges, à la tête de ses chanoines, au milieu des huées et des imprécations d'une populace égarée !

Sa sainte intrépidité scmblolt elle seule les rendre supérieurs A la persécution. » Dans les premiers mois de 17949 le tribunal criminel du département l'ayant condamné, comme eux, à être déporté au-delà des mers , on le fit traîner, avec quatre-vingts compagnons de déportation , jusqu'à Rochefort, où il fut embarqué sur le navire ies Deux-Associés {V,

Sgo QUE

Roghefobt). Les souffrances que les déportés éprouYoientdans l'entrepont de ce bâtiment Taccablërent. « Mais, reprend M. de La Biche ; malgré ses douleurs, le courage apostolique du doyen de Saint- Yriex se soutint constamment à la même élévation pendant tout le temps qu^il fut sur les vaisseaux ; et il parut prendre un nouveau degré d'énergie à ses derniers momens. Ce fut alors 9 qu*avec un accent et un ton de voixqui^dansun moribond , avoient quelque chose de surnaturel 9 il fit à ses confrères un discours plein de magnanimité chrétienne qui électrisa toutes les . âmes , et qne n'oublieront de longtemps ceux qui eurent le bonheur de l'entendre. Plût à Dieu qu'il en ait aussi conservé la mémoire , le

brutal capitaine du navire qui»

étant venu lui-même , par curio* site) pour voir l'intrépidité de cet héroïque confesseur de la Foi 9 dans ses derniers momens 9 entendit aussi les paroles admirables qu'il adressoit aux autres déporlésl Les matelots le transportèrent de suite à la barque qui servoit d'hôpital ; mais voyant, quand ils y arrivoient, que le vénérable doyen alloit expirer, ils le laissèrent sur le pont de cette barque , exposé à toute l'ardeur du brûlant soleil du mois d'août, jusqu'à ce qu'il eût rendu son dernier soupir. » Il moucul le 10 août, à l'âge de 58 ans, et fut enterré dans l'île à^Aix.

{F. C. Prioh, et F' Queshbl. )

PUZEL (AlAaiE-FBlMÇOISBDB],

veuve. {F. M. F. Yabiit. )

QUENEAU ou QUESNEAU

(iV ) , n'est qu'avec le premier

de ces noms sur le registre de Vélap civil de Paris, parmi les prêtres massacrés aux Carmes le a septembre 1 79a ; mais d'autres listes , en le présentant sous le second nom , font connoître qu'il étoit curé d'Allone , en Anjou , près. Saumur. Après y avoir refusé le serment schismatique de 1791 ^ il en avoit été expulsé par les autorités révoltuionnaires , et il étoit venu chercher un asile à Paris. Nous inclinons à croire

qu'il choisit là retraite que les Sulpicîens avoient à Issy (^. Boubbbt), parce qu'il nous paroît avoir été écroué dans la prison des Carmes, en même temps que les ecclésiastiques qu'on avoit amenés d'Issy, quelques jours après le 10 août. Il n'est pas douteux que le comité de la section du Luxem^ bourg , qui fit emprisonner aipsi le curé Quesneau , n'avoit pu le forcer à trahir sa Foi par la prestation du serment {V. Dvl^v); et ce fut cette constance invincible, de laquelle il ne se départit point

jusqu'à son dernier soupir 9 qui devint la causa de sa mort {F»

SBPtUaBB. )

QUE5NEL (Pavi») , prêtre chapelain de Biville-la-Manère» dans le diocèse de Rouen ^ sur lequel il étoit né 9 à BaousJe^Conitey qç Toukit point' se rendre coupable du serment de la ctmâêiiutian Qh vUùdu otergé» Dès. lors, il de- Tint Tobjet d'une persécution tOMr jours croiasante; et, en 1793, les aatorités rérolutieanaires du département de la Sêmt-lnft^ ri^ure, sur lequel il aToit continué d'habîlery le firent metlve eu réelusit^. I>ao5 les premiers mois de 1794» elles l'enfojèrent è Bochefort pour y eubir la caiieUf peine d'une déportation marilimè ( F. ftocBBroaT.). Il y fut emibarque sur ias Deux JsâûùUsi Mous remarqittaM)n8.icî que les prêtres déportés venus de ftoueo, avolent déJA tniiemeot souflertf qa'fls furent presque '>lotts inoikr pables de sapporten,. autant q«i d*autres, les mauk qu'ils éproisr ▼oient dans l'enticfiant de oe bâ* timent Le chapelain QaeMél mourut le 5* juiUet 1794* Uavoit S^ ans; et sotir corps fut entetfé dans 111e d'Jtiœ. {F.?. PoTaa- VOM9 et GvieiiM». ) •

QUEUDEYILLE ( OnMAw) , prêtie de l-'Omtèîrs , et toeuite curé de lai paMisse de Coulans, près le Mans , étoft né à €aen , en 1733. Il y avcît fiût ses études arec distinction, et reçu les ordres

mineuffs, le sous»diacooat et le diaconat ; après qnQl, ayant alors a$ aiis« pi muni des .pjup l^onorâbles certificats de ses supérieurs et de son évêque, il vint é Paris avec le dessein d'entrer dans la coograg^Uon àe l'Oratoire ^ et se présenta au F» de ïl^f^n^s de la Yaletto qui en étoît le nupérieur* ^éaéNd* La vivacité de. sou esprit, et les heureuses di#pçif itiop^ qu'il aDQonjKût, le firent bieo^ô^ admettre -dfins bi m^i^oa de VEur fimS-^ésuês qui étok oe)Ie de VIfMUuiion, ou noviciat de rOraloire» A .peine eut-il, terminé son année d'épreuye, qu'on le jugea capable d'aller eosseigner la philosophie au coUéf e-séminaire du ftlans^ Il en oceiipa b|. «i^ire pendant deux aos, /ipr^sleiqueb, byatit'«té revêtu du. s^cetdoce.

Il alla s'acquitter de la mêote fonc^ tien à Hautes, e\ ensuite i Beaune, d'où il vpnt preleiser la théologie arec heàneeupAi distinction fiu sénùnaiN arcbiépiscopal.de Paris , nektt de Saini-AUgbire. H y rem^ pUt cet iMKioraMe emploi pendant itpt ans, à k fin desquels ses supéirieiirs l'efiToyèreikt é Lyon , pour enseigner égalemeai la théologie aa collège de 4a TriniUf ifflttâdiatement après l'^xpulaioii des Jéaaites^ rctars 1773. Quelque» années plus lard, on le aonrnia à l'important emploi de confièrenoier à ïeuvs, d'où il fut rappelé', trois ans . après , pai' M*' de Fnmllay , évéque du Afaui$*

€e âlgne prélat, qui connotssoU depuis long-temps bod mérite et ses talens, comblôit en cela les rœux et les sollicitations des anciens disciples du P. QueudeTille. Voulant enfin réeoniipenser vingt années de senrices, il lui confia la direction de la parèisse de Coulans , à laquelle Queudeville^onsacra tous ses s6ins et son zèle pendant dix-huit ans» '

£n 1791 , on exigea de lui le serment de la constitution ci-* vile du ditrgé ; mais 9 inébran^ lable dans ses principes 9 il le refusa Avec constance, fut chassé de Coulans, et se retira dans la maison de l'Oratoire du Alaos. Les prêtres insermentés étant trèssurreillés et menacés dans cetta YiU^yie'P. Queude ville crut pru^' dent de -venir à Paris ; et de là il se rendit k l'Oratoire de Juilly, où il étoit plus en sûreté, liais eofid sa délicatesse lotMsant appréhen<*> derde comp^oniettrs cette respect' taMe niaison,''et quelques pev-* sonnes l'ayant confirmé dan» ces alarmes, après qu'eut été rendia la loi de déportation du 96 aoftt 179a, il voulut, malgré les représentations de ses confirèyes, 9e«> tourner à Paris pour consulter le maire Bailly, avec lequel il avott d'anciennes relations d'amitié.

Celui-ci le rassura pleinement sur les peines 'qu'il craignoit d'encourir, loi donnant pour rajeoo qu'ayant atteint l'âgo de ^ ans , il étoitoertainement^pai' un ar*

ticle formel de \ai loi , à l'abri de toute poursuite* Mais, à la fin de 1793, le P. Queudeville, agité des plus cruelles inquiétudes , fit part aux frères Lamare , de l'Oratoire 9 chez lesquels il étoit caché, rue Mesiée , de l'intention où il étoit d'aller consulter Levasseur du Mans, député du département de la Sarihe à la Convention.

Ils s'efforcèrent de l'en dissuader, en lui retraçant tous les crimes de ce régicide. Il leur répondit qu'ayant été son professeur, il àvoit toute confiance que Levasseur we lai donneroitpas un conseil perfide , et qu'il chercheroit bien sûrement > à le sauver plutôt qu'aie perdue. Il alla donc le trouver, dès le lendemain, sur les neuf heures 9 et lexonjurade lui indiquer franchement ce qu'il avoit à faire, c Aevenes demain , lui -dit Levasseur, revenez de bonne heure :> j'espère vous don-r lier une réponse qui vous sera lîworable.»LeP. Queudeville s'en retourna chez Juî 9 satisfait de sa démarche. «Hfîs, dans ila uuity ILfiitanôté. et conduit à. la. prison do Luœeméourg.^Sé. refusant: à croire qu'il eût pa être trahi par son ancieti Âsciple» il se contentoit de dire et répéter soUf* vent jivec^ là rési^oation la plus édifiante: JC^f^ Asm» a^^z pitU dê^êon dm&. Un jeune parent(i ) ,

' (1) M. Hcron, •njourd'huî mer-rhancl , rue Saint'-Dcais , en face de

QCE

qui étoit parrenu à lui parler autraTersd*nne cloison 9 dans sa prison, lui représentant combien il aToit agi ayec imprudence en se liTrant à Levasseur, il lui répondit : <r Je ne pouTois me persuader une si noire trahison. Prions « TOUS et moi, prions > et feisons prier pour que Dieu lui pardonne tout le mal qu'il m'a fait». Enfin ce digneeeclésiastiquese rit transféré aux prisons de la Conciergerie ; et , le 22 messidor an II ( lo juillet 1794 3 9 on l'amena arec d'autres prêtres derant le tribunal f^valtUionnàiref qui le condamna à la peine de mort , comme « complice d'une prétendue conspiration dans la prison du LuajMiié&urg » . Ce même )our , il fut immolé à la barrière du Tr5ne( 1 ) y yen deux heures de l'après midi 9 è>' l'â^e de 6a ans.

* Tandb' qu'on le eondatsoit sur i]ile*charfctte 9 au lieu du sup* piUkj atec les autres Tictimesy fin témoin oculaire qui l'y rit placé ù côté d'un Capucin du Mans 9 son ami 9 assure qu'ils se tenoîent étiH>itement unis l'un à l'autre 9 et se préparoient mutuellement à leur sacrifice. Le P. QueuderiUe^aperceTattt, danslanieSaint««Aatoiney un de ses anciens amiSf M. Pérou, chanroifie de l'église collégiale de Saint-Pierre du Mans, et leurs regards s'étant rencontrés» cette cmirageosa rictîme lera les mlûns

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(1) f^. notre tôm. II, pag. 217.

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