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ADVISAKD (Jeav-Jacqvbs^ dAsis Lamqeaii d') , prêtre» cha^
AGÂ
ii6ilie et chantre de la (sathédriU de Tours , âgé de Zy ans, s'étoit soustrait aux persécutions qu'il éprouToit dans cette yîUe^ en ye* nant habiter Arras où il ayoit été éleyé par ses parens maternels , dont quelques uns yiyoient en-^ core. C'étoit un eccléâiastiqtte fort pieux. Les athées réyolulîonnaires ne pouyoient souffrir sapréscttpe (,f^. Ajuekas}; ils Tar* Fêtèrent; et, bientôt traduit de* yant le tribunal atroce de J^ Le-^ bon, il fut enyojé à la mort à cause de sa Foi et de sa piété, le aa frimaire an II (la décembre 1 794 } , comme l'atteste le registre mortuaire d'Arras. {F. l.AsAàMÀM et L. F. J. Ansart. }
AGAISSE (Henbi) , né à Kézé , près de Nantes 9 en iyy5^ n'étoit encore que clerc tonsuré , quand suryint le schisme que l'année 1791 introduisit en France. Son attachement à la Foi catholique le rendit aussi odieux aux persé^ cuteurs, que s'il eût été prêtre non assermenté. Us l'arrêtèrent dans ce temps affireux où le pro<« consul Carrier yenoit exercer k Nantes ses impies fureurs, et le conduisirent dans les prisons de cette yille. La Proyidence qui le destinoit à honorer une autre ca« tastrophe de la réyolution, le pré* serya des noyades et autres sup«p plices qui firent pirir tant de yictimes en cette tMto, à la fin de 1793, et au commencement de l'année suiyante (F. KiHtEs)»
ÀOÂ
Quand ils cessèrent tout à coup^ au printemps de 1794» AgaisStt sortit de prison , en considération de ce qu'il n'étoit pas prêtre ^ mais pour être banni de France.
Il se rendit en Espagne^ et y ha^ bita la yille de Tolède. Les lettres^ que de là il écriyoit à sa mère et à sa famiÙe affligées, étoient bien propres à les consoler sous le jrap-^ port des sentimens pieux qu'il nourrissoit en son cœur^ et dont elles-mêmes étoient pénétrées.
Lorsque , dans l'été de 1797, il yit par les journaux la direction qu'une partie du Corps Législatif donnoit augouyemement afin qu'il permit aux prêtres déportés de.
rentrer en France , Agaisse partit de Tolède pour reyenir dans sa famille} mais la catastrophe du 18 fructidor (4. septembre 1797) ayoit brusquement rallumé la persécution, il fut arrêté dans m route j et jeté d'abord dans les prisons de Saint-Fulgent d'où oa le conduisit dans celles de Montaigu, puis dans celles de Fonte-* ûay, d'où il passa dans les prisons de Nioi4, et enfin dans celles dm Eochefort , pour en être déporté 4 ta Guiane ( F. Gviake). l)e là, X , écriyoit encore à sa mère , le a8 octobre : «Quelque chose qui m'arriye, je serai toujours con* tent, car je suis persuadé que tout sera pour la plus grande gloire de Dieu, et pour mon salut..,. Ce qui me console, c'est que c'est ppur Dieu que je souffre. Oh ! il
m'en récompensera bien». Le 5* décembre 9 étant encore à Roche^ fort 9 il adfessoit ùl sa mère- une nouvelle fettre dans laquelle 11 lui dlsoit : « Dieu veuille aiigmienter et' fortifier en tous ce courage et cette résignation à la volonté dé Dieu 9 que je ne cesse et que je ne
cesserai' d'admirer en vous.
Nous ne nous reverrons peutêtre jamais ; mais ne nous abattons pas pour cela. Dieu le veut ainsi : humilions-nous devant lui ; adorons ses décrets impénétrables » . Les lettres qu'il ne cessa d'écrire à sa mère et à d'auti*es parens jusqu'à son embarquenient, respirent les mêmes sentimens. Dans cet intervalle, sui- Tânt le témoignage d'un vénérable prêtre , compagnon de cette éaptivitë, « une des plus chères occupations d'Àgaisse étoit de consoler les 'déportés qui arrî- Toient chaque jour à Rocbelbrt« accablés de lassitude , souvent après quarante et même soixante jours de /marche 9 surtout les ^êtres de là Belgique. A leur arrivée 9 il leur préparoit leur humble couche; et plus d'une fois, sous prétexte de lès aider à ôter leur chaussure icolïée à leurs pieds meurtris 9 il les baisoit avec respect »• Ce fut le la mars 1798 qu'on l'embarqua ; et la frégate ià Charente fut celle sur laquelle on le mit avec cent soixante -quinze autres déportés. Bientôt après, il passa avec euj; sur la frégate ta
Efécaée. On peut voir, à l'article GuiÂNE, ce qu'il eut à souflHr dans la traversée. Abordé à Cajenne le t3 juin 1798, il fut du nombre des quarante-cinq, qu'à raison de kur dépérissement on déposa dans l'hôpital. Des personnes charitables obtinrent de l'agent national qu^Agaisse n'allât point à Konatmma ni à Shinamarj ; et il fut placé, avec deux prêtres, dans une habitation située de l'autre côté de la grande embouchure de b rivière de Cayenne , chez un mn-^ lâtre nommé Sevrin. Ce lieu néanmoins étoit brûlant, et l'on y étoit dévoré par les maringouins ; on n'y avoit pas même d'eau potable , ni aucun fruit bon à manger : aussi cette habitation avoit-elle le nom de Taut-y-Manqus. Agaisse n'a* voit pas recouvré la santé, et pouvoit à peine se soutenir. La fièvre 9 se joignant au fléau de la misère, termina sa vie après quinze jours de souffrances extrêmes. Il mou- Hit le aa septembre 179B. Un late revenu de Gayenne écrivoit en i8o3 : « Le jeune Agaisse , avant sa mort, pouvoit être mis au rang des saints , et même des Martyrs » .
Le vénérable prêtre, dont nous pariions tout à l'heure, racontoit en i8o5 que, pendant son séjour à Cayenne, il alloit souvent an tombeau du jeune Agaisse dont il avoit admiré ta» vertus : « j'en revenois, disoit-u, toujours paisible et résigné à mes maux » . {V. J. N»
AniLV et Pw Allaghon. )