‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 78 sur 121 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

les nourrira ; les autres s’adresseront, s’il le faut, à la charité publique, et il n’est pas une maison à Saint-Pétersbourg qui ne s'ouvre pour les recueillir.

LE PHINCE, leur serrant la maiu.

Merci, mes amis, merci !

MARIOL.

Bravo, lesinvaüdes!... Saperlote! les vieux valent mieux que les jeunes !

LE PRINCE, aux Français.

Messieurs, le czar saura apprécier tout ce que votre conduite a (i’honoj able. (aux ooiciers.) Quant à vous, je me charge d’autant plus volontiers d’appuyer voti e demande, que Sa Majesté pourra disposerj en votre faveur et du subside des Français et de la solde des InvaUdes.

kâramsine.

Monseigneui’ !

LE PRINCE

En France, messieurs, quand le pays est menacé, celui qui n’a pas de cnaussures part en sabots, et c’est la victoire qui l’habille sur les champs de bataille !

Oui, c’est notre tailleur ordinaire, et nous en aimons la coupe !

KARAMSINE, bas.

Un pareil affront devant ces étrangers !

UN OFFICIER, bas.

Patience! ils nous le payeront.

KARAMSINE.

Prince, douterait-on de la valeur de nos officiers?

• LE PRINCE

Si l’on en doutait, monsieur, où serait donc la gloire de les vaincre ? Non . messieurs les officiers, on ne doute point de vous... Quant a moi, je ne vous adresserai point de reproches, je vous dii ai seulement ceci (désignaui les inTaiidt s) : Voyez ce que font vos pères, ils servent encore la patrie, quand ils ne peuvent plus mourir pour elle. Us ont fait de grandes choses quand ils étaient jeunes... ils ont vu une époque dont les rayons éblouiront les siècles à venir... ils ont assisté à des batailles de géants. Celles qui se préparent seront terribles aussi. Ce ne seront pas non plus des parades à laii'e briller l’éclat des unifonnes... Que vos soldats vous voient toujours à leur tête, jeunes gens, et, quels que soient vos costumes, ils marcheront vaillamment sur vos pas.

.\!1 JZ, messieurs ! (ils remmUenl au fond sans quitter la scène ; les Français, en passant devant les Invalides, les sahi.'nl.j

L^AGENT^ regardant le Prince,

Diable d’homme ! Je ne sais plus ce que je dois mettre dans mon rapport.

MARIOL.

Parbleu ! mettez qu’il fait bien chaud ici, et qu’il y a beaucoup de monde. (Louise s'est approchée pour serrer la main du Prince en marque de sympathie; en même temps un Laquais a remis un billet au Prince, Louise, par discrétion, veut s'éloigner.)

LE PRINCE, décachetant le pli.

Louise, c’est la réponse du maréchal... Ah!

LOUISE

Mon Dieu !

LE PRINCE, lisant.

« Impossible de voir Sa Majesté. Quant aux Français qui ont » reçu ordre de sortir du territoire russe (et mademoiselle » Louise, votre protégée et ses amis sont du nombre), ils doivent » obéir à la lettre du décret, sur-le-champ, sans appel. Telle est » la volonté irrévocable de Sa Majesté. »

LOUISE, au Prince.

Pai’tir ! sans le vou ! sans même pouvoir le suivre en exil ! Oh ! monseigneur ! c’est trop ! c’est trop !

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