ACTE III
MARIOL^ à part.
Ah! si Lucien était ici!... Voilà! on croit bien faire, et puis on rate ^occasion ! Gré coquin ! quel guignon !
LE CHEFj se ravisant et revenant vers Mariol.
Mes camarades veulent que je mette une condition à ta fuite avec nous.
MARIOL.
Une condition? Parlez vite!
LE CHEF
Ils veulent que tu sois des nôtres.
MARIOL.
Des vôtres... j’en suis, pardine!... Filons!
LE CHEF
Un instant. Ainsi, tu jures de t’engager avec nous dans le projet désespéré que nous allons tenter en sortant d’ici.
MARIOL.
Quel engagement ? quel projet? (a part.) Je commence à me m&> fier de ces gaïUard-là, moi.
LE CHEF
Nous sommes condamnés pour avoir essayé de délivrer la Russie... si nous aspirons à la liberté, c’est pour tâcher d’être plus heureux. Fais donc serment que tu nous seconderas.
MARIOL.
Moi... que... je...
TOUS
Jure!
MARIOL.
Ah çà! tas de gueux que vous ôtes! vous me prenez donc pour un assassin comme vous ! (Mouvement des Coojurcs. j
LE CHEF
Tu as notre secret; mais tu ne sortiras pas d’ici vivant! et nous n’en accomplirons pas moins nos projets... (tiram un pnigodrd, à ses camarades.) Je me charge de lui... Vous, commencez à descendre par l’échelle de cordes, (au moment où ils vont escalader la fenêtre, Lucien j parait. U a vivement saisi l'ccliclle de cordes.)
LUCIEN
Misérables!... vous ne descendrez pas! (ii jette dans rcspace l’écheiie de cordes.) Ah! VOUS pouvez nous tuei’; mais, du moins, vous ne tuerez que nous!... car j’ai jeté votre échelle dans l’abîme.
MARIOL.
Bravo, Lucien!... Mais comment se fait-il?...
LUCIEN
Bestucheff m’a reconnu. J’ai pris la fuite, et, pensant à toi, je suis revenu en toute hâte vers la prison. Une échelle de cordes flottait le long du mur ! Je m’en suis saisi, et me voilà.
LE CHEF
Eh l)ien! notre échelle de cordes?