ACTE I
MACLOU
Est-ce qu’il a besoin de contrat... puisqu’il ne se marie plus? MATHURINE.
Hein ?
LES JEUNES FILLES
Oh !
Ab ! mon Dieu !
LA MARQUISE, faisant un pas hors du berceau.
Que dit-il ?
MACLOU
Mais non, il ne se marie plus... et il est parti.
TOUTES
Parti !
MATHURINE
Ça n’est pas vrai !
LES JEUNES FILLES
Non ! ça n’est pas vrai !
MACLOU
Ah ! vous ne ine croyez pas ! Ah ! ça n’est pas vrai ! Eh ben ! vous croirez peut-être ce papier? (R tire une lettre de sa poche.)
MATHURINE
Qu’est-ce que c’est que ça ?
MACLOU
Une lettre qu’il a écrite pour mademoiselle Thérèse. . . et de sa plus belle écriture.
THÉRÈSE
Une lettre?... pour moi?...
MACLOU, lui remettant la lettre.
Oh ! rien n’ymanque ! Vovez la signature... avec le nom de famille... et les noms de baptême : Jean-Louis-Paul Hubert. (Les jeunes mies les entourent.)
LA MARQUISE, à part, s’avançant encore un peu.
Paul Hubert !
MACLOU
Et un superbe parafe !
LE MASQUE DE VELOURS LA. MARQUISE, à part.
Est-ce possible?
THÉRÈSE, qui a ouvert la lettre.
Oh! ma main tremble... je n’y vois plus...
MATHURINE
Mais lis donc, Thérèse, car je ne peux pas croire encore...
MÀCLOU.
Voulez-vous que je vous déchiffre ça, moi ?
THÉRÈSE
Non, non !... j’aurai de la force."
TOUS
Ecoutons ! écoutons !
THÉRÈSE, lisant. *
« Vous m’accuserez peut-être, Thérèse, en recevant cette lettre ; mais vous me pardonnerez bientôt, car vous réfléchirez que, dans le temps où j’ai pris avec vous les engagements que je suis forcé de rompre aujourd’hui, nous étions tous deux d’un “âge où l’on ne sait pas bien ce que l’on fait. Je ne veux pas vous laisser plus longtemps une espérance qu’il m’est impossible de réaliser, et nuire a votre établissement ; je ne serai pas votre mari, mais je désire être toujours votre ami. Priez ma tante Mathurine de me pardonner si je m’en vais si brusquement, et gardez un peu de bonne amitié à votre ancien compagnon, PAUL Hubert. » Ah ! (La lettre lui tombe tics mains et elle s'appuie sur scs compagnes qui la font asseoir sur le banc à gauche **.)
LA MARQUISE, à part.
Plus de doute !... c’est lui ! c’est mon paysan !
MACLOU
C’est vraiment très-bien dicté.
MATHURINE
Oh ! le malheureux ! oh ! le scélérat !... Mais ça ne peut pas se se passer comme ça... je vas faire courir après lui.
MACLOU
La maréchaussée, peut-être? Elle arrête les voleurs, mais les amoureux, ça ne la regarde pas.
* La marquise, Maclou, Thérèse, Mathurine; les jeunes filles les entourent.
** La marquise, Maclou, Mathurine, Thérèse.