ACTE II THÉRÈSE, effrayée
PAUL
Si sa tendresse, si ses prières ne vous touchent pas, il a le titre que vous lui avez donné, les droits qu’il tient de vous-même...
THÉRÈSE, à part.
C’est vrai, pourtant!...
PAUL
Et humilié, irrité par vos mépris...
THÉRÈSE, recalant.
Oh! de la colère! est-ce ainsi qu’on se fait aimer?
PAUL
Eh bien! non!... Voyez, un mot, un regard apaisent toute ma fureur!... Je reviens près de vous calme, suppliant, amoureux, vous demandant d’oublier l’orgueil de votre rang, d'être ce que serait sans doute cette avenante jeune fille que vos traits me rappellent toujours malgré moi!...
THÉRÈSE
Cette jeune fille? Elle doit vous haïr maintenant.
PAUL
Oh ! non, elle était si bonne !
THÉRÈSE
En êtes-vous bien sûr?
PAUL
Si j’étais à ses pieds... comme je suis aux vôtres... elle me pardonnerait, elle ne résisterait pas à mon amour ! et pourtant je fus coupable envers elle!... Eh bien! vous qui n’avcz aucun tort à me reprocher. . .
Aucun tort! aucun tort!... Et ce souvenir qui revient sans cesse?
PAUL
Chassez-le de ma mémoire et de mon cœur, vous qui avez la beauté de Thérèse et l’esprit de la comtesse ! vous qui me faites à la fois regretter et bénir mon infidélité!... (La marquise parait à la gauche du premier plan et elle reste au fond.) Soyez bonne comme elle si vous voulez que je l’oublie.
THÉRÈSE, vivement.
Mais pas du tout!... je ne le veux pas !
Comment?
PAUL, étonné.