SCÈNE IV
CHAMPIGNON, à Eusôbio.*
-\lors, mademoiselle, prenez mon bras !
Rt'SÉBIË, allant à Follcmbuchc .
C’est donc Gni, monsieur Follembuchel vous m'abandonnez ? vous me laissez partir au bras d’un autre ?
FOLCEMBUCIIR, à part.
Oh I je souffre ! mon Dieu, que je souffre !
FRANGIPANE, à part.
Oh! c’est vilain !
CHAMPIGNON, à Eusébie, en voulant lui prendre le bras.
Allons, mademoiselle, pas tant de façons !
EUSÉBIE
Eh bien ! non I quand je devrais sauter par-dessus cc balcon!... (Elle s’élance vers la fenêtre.)
• FOLLEMBUCIIE , l’arrêtant.
Sapristi ! trois étages I mais, petite malheureuse, tu veux donc décidément me compromettre?
EUSÉBIE
Je veux être votre femme I
FOLLEMBUCHE.
Tu le veux?
EUSÉBIE
Oui.
FOLLEMBUCIIE.
Eh bien! sois satisfaite ! je n’y résiste plus !
EUSÉBIE, avec joie.
Ah!... (Elle passe à gauebe.)
CHAMPIGNON, à Follembuche.**
Ah ça! monsieur, quesigniGe ce revirement?
FOLLEMBUCIIE.
Champignon, répondez-moi... que feriez-vous, si vous aviez un oncle né sous un de ces climats brûlants...
CHAMPIGNON
Qu’est-ce que vous me chantez?... je n’ai pas d’oncle I
FOLLEMBUCIIE.
Et que cet oncle, à son heure dernière...
CHAMPIGNON, à Eusébie, pendant que Fullenibuche le contient et l’etnpéche de passer près de la jeune lille.
Mademoiselle ! une fois, deux fois, voulez-vous me suivre?
EUSÉBIE, s’asseyant à gauche.
Non ! non ! cent fois non !
CHAMPIGNON
C’est bien ! vous aurez de mes nouvelles, je vais prévenir la tainille. (il sort furieux par le fond. )
* Follembuche, Eusébie, Champignon, Frangipane.
' * Eusébie, Follembuche, Champignon, Fraugipano.
to
LE MASSACRE D’UN INNOCENT
FRANGIPANE, avec joie.*
Ah I je suis content I
FOLLEMBUCHE, à Frangipane.
Qu’est-ce que tu fais là, toi ? va-t-en !
frangipane.
Avec plaisir, monsieur ! je vais faire votre chocolat I (il son par le fond, à gauche.)
EüSËBIE, se levant.**
Cette fois, Follembuche, c’est sérieux, n’est-ce pas.
FOLLEUBDCHE.
C’est plus que sérieux, c’est tragique !
EDSÉBIE.
Ça m’est égal, si vous m’épousez I
FOLLEMBUCHE.
Je le jure, tu seras ma femme, ou c’est que je ne trouverai pas mon homme.
EUSËBIE.
Quel homme? *
FOLLEMBUCHE.
Silence I j’ai besoin de me recueillir I (Lui montrant la porte à gauche.) Entrez là, dans ma bibliothèque... il n’y a pas encore de livres... mais vous y trouverez la guitare de mon oncle.
ENSEMBLE
AIR : Quiflom-noui donc $an$ avoir de regrets^ FOLLEMBUCHE,
Rctirei-vous et laisscz-moi réver ;■
J’irai bientôt là-bas vous retrouver ;
J’ai quelque chose, hélas ! plein d’intérét ,
Que je veux me dire en secret.
EUSÉBIE
JC me retire et vous laisse réver !
Mais revenez bientôt me retrouver.
Peut-être alors vous pourrez, sans regret.
Me confier votre secret.
{Follembuche conduit Eusébie jusqu'à la porte de gauehe. —
Elle sort.)