‹ Le massage des nerfsChapitre 3 sur 3 · FA LÉ4 # # LA €” BRAY · texte numérisé non relu

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pes

par le Dr CorNeLzrus, de Meiningen.

Médecin principal de l'Armée Allemande

De tous les effets que le massage produit sur l’orga-

nisme humain, aucun n'est aussi peu connu que son action sur le système nerveux. Il est à tel point ignoré qu’en général il n'entre même pas en compteet c’est pourtant le plus important et de beaucoup le plus intéressant. Choisissons, parmi ceux qui se présentent à nous chaque jour, le cas suivant qui est très simple : Un malade est atteint d’une légère foulure ou d’une affection rhumatismale, le médecin fera masser par les procédés usuels la partie du corps atteinte. Le lendemain, ou un des jours suivants, le malade vient à la consultation et se plaint que le massage lui à mal réussi, qu’il a eu des maux de tête. des douleurs dorsales, des douleurs gastriques « épouvantables », de forts battements de cœur, il n’a pas pu dormir et bien d'autres choses encore. Le médecin ne voudra reconnaitre à aucun prix, une connexion entre le léger massage et les graves symptômes généraux. Il déclarera la personne neurasthénique, hystérique et ne demandera qu'à en être débarrassé au plus tôt.

Soit dit en passant, la même chose peut lui arriver, s’il a seulement légèrement électrisé le malade, s'il lui a ordonné des cataplasmes chauds ou froids ou même s'il ne lui a mis qu'une simple bande.

Et malgré cela, le pauvre malade a raison de se plaindre. Ses douleurs ne sont ni imaginaires, ni centrales, elles existent à l’état purement périphérique. £n un mot, elles sont la conséquence d’un frottement ou pétrissage n'agissant en apparence que localement, elles sont le prototype de l'influence nerveuse du massage. Combien d’incommo-

dités inutiles et en conséquence doublement ressenties, combien de nuits blanches pourrait-on épargner aux personnes nerveuses, si le médecin voulait apprendre à s’occuper lui-même du massage au lieu de l’abandonner à des non-initiés, sans réflexion et sans éducation spéciale. Il est navrant de voir journellement les médecins confier les cas les plus difficiles des maladies nerveuses aux tortures du massage fait par des non-initiés. Souvent je me demande ce qui est le plus surprenant, de l'ignorance des médecins, en ce qui concerne les effets du massage, ou de la patience et de la résignation avec lesquelles les malades supportent des douleurs absolument inutiles. IL va de soi que je n'ai choisi ici que des cas extrêmes. Mais par ce temps de nervosité qui donc est à l’abri d’affections nerveuses ? |

De quel genre est donc l’influence du massage sur notre système nerveux si souvent malade? Il faut d’abord que j'expose que pour toute autre intervention, qu’elle soit extérieure ou intérieure, il en est de même que pour le massage. Mais ce dernier peut passer pour le prototype de la mécanique et c’est surtout à lui que le mot de Du Boïis- Reymont est applicable « il n’y a pour le naturaliste d’autre science que la mécanique, quelque misérable succédané de la vraie science qu'elle soit ». Avant d'arriver au fait lui-même, je veux brièvement indiquer la théorie que j'ai adoptée dans ce domaine après de longues années de travail et d'étude. Je déclare à ce propos expressément que je ne m'en tiens nullement à cette théorie qui est certainement susceptible d’autres développements. Je suis au contraire tout prêt à m'incliner, si quelqu'un est capable d'expliquer d’une façon plus compréhensible et plus concluante les lois du massage nerveux que j'ai fixées et qui ne se démentent jamais.

A mon avis, il coule un courant dans tout notre organisme, que l’on l’appelle le principe vital, le courant vital, la vie, ou comme on voudra. Ce courant a d’abord son siège dans ce système compliqué de tuyaux qui s’étend du

centre — Île cerveau — par la moelle épinière vers la périphérie sous la forme de nerfs périphériques et qui revient de nouveau dé la périphérie vers le centre. En tout cas ce système de tuyaux est complètement fermé en lui-même. Il n’existenulle part une terminaison, ni au centre, ni à la périphérie. Aux deux se trouvent des nœuds finals capables d'accueillir ou de rendre des irritations. J’admets, en conséquence un courant circulaire nerveux. Peut-être se trouvera-t-il un jour un « Harvey des nerfs » qui apportera la preuve anatomique de ce fait. Je considère les lois de la théorie des points nerveux si facilement explicables à l’aide du circuit nerveux, presque Comme une preuve positive de l’existence du circuit nerveux. À chaque ondulation doit correspondre une compensation. Mais où l'excitation sensible, où la motrice trouvent-elles leur fin ? La première est centripète, comme la dernière est centrifuge. Si üneirtitation part par exemple d’une papille tactile vers le cétitre : comment s’y pércoit-elle? Si nous avons un circuit nerveux fermé èn lui-même, Chaque onde centripète trouve son étpression centrifuge et inversement. Toute la théorie dés réfléxes trouve, par Cela même, une explication assez aisée.

. La question est de sayoir si, comme dans la circulation du sang, au grand circuit nérveux s’associe un petit — que l’on pourrait envisager comme celui de la conscience — je ne puis me prononcer sur ce point. Le côté centripète du circuit nerveux est occupé par la qualité sensible avec toutes ses subdivisions; la qualité motrice, la qualité vasomotrice qui lui est complètement assimilable et la sécrétoire se partageht le côté centrifuge. J’admets donc, premièrement, ce circuit nerveux, fermé en lui-même, se réglant d’après des lois tout à fait définies (ou principe vital, vie) dont la nature restera probablement éternellement üne énigme pour nous. Mais néanmoins ses lois ne ñous sont pas tout à fait inconnues. D'abord il se comporté tout à fait différemment dans ses manifestations envers l4 conscience et les fonctions de l'organisme. Il est,

ou fortement tendu, ou le contraire, c’est-à-dire qu'il réagit facilement ou ficlement contre les irritations. J'ai expliqué, à différentes reprises, dans destravaux antérieurs que le degré de cette tension peut êtré inné ou acquis (suite d’irritations antérieures). Quand une irritation rencontre le circuit à haute tension, il y aura manifestation de celui-ci et celle-ci aura toujours lieu en des endroits bien définis du circuit que je désigne par le térme « vanglion nerveux ». Cela m'entrainerait trop loin de mon sujet si je voulais entrer dans les détails sur la naissance et l'importance de ces différents points. Je l'ai fait Suffisatniment dans mes travaux antérieurs. Je véux seulement méntionner que je cotisidère tüus ces points Simplement mécaniquement, c'est-à-dire commé ‘un ‘eipéêchement mécanique, le plus souvent anatomique de la libre circulation du circuit. Comme preuve, je cite le fait incontestable qu'on réussit, dans chaque cas, à enlever tous Îles points nerveux périphériques soit pour toujours, soit pour un temps assez long. On réussit aussi sûrement à enlever toutes les lücalisations douloureuses périphériques accessibles d’un malade nerveux et cela mécaniquement, c’està-dire dvec les doigts et on les guérit où au moins on les soulage. dans üne importante nmiesure. Tous les points nerveux existant dans le corps, à n'importe quelle sphère qu'ils appartiennent, se trouventdans une connexitéintime entre eux, ce qui ressort des sept propositions cardinales de la théorie des points nerveux établies par moi. Je vais encore une fois répéter ici ces sept lois, elles disent :

1° Si quelqu'un se plaint de douleurs périphériques (communément appelées douleurs névra Igiques) qui ne sont pas explicables par des causes visibles (blessures, inflammations, etc) et l'exactitude des indications de l'intéressé admise, — ce sur quoi oh sera facilement fixé dans la plupart des cas — il existe, comme cause de ces douleurs, toujours un point de douleur ou de pression typique (ganglion nerveux); avec sa sédation disparaitra aussi immédiatement la douleur en question. Les mani-

festations motrices, vasomotrices et sécrétoires des maladies se présentant avec des symptômes sensibles semblables ont, presque toutes'une connexité intime avec des points sensibles correspondants, même quand ils se présentent complètement isolés et, dans ces cas mêmes, on peut leur désigner des points très précis.

2° Tous ces ganglions nerveux, existant dans le corps, sont en connexité intime entre eux, et leur connexité se manifeste aussi bien par rayonnement direct, sans aucune loi anatomique que par l’excitation mutuelle provoquée qui a toujours lieu lorsqu'on excite un point seulement.

3° a) Quand il se dégage un rayonnement d’un point douloureux vers une autre partie du corps, il se trouve invariablement au point terminus du rayonnement un autre point de tension.

b) Si, après excitation d'un point douloureux, il se dégage une douleur dans n'importe quelle autre partie du corps, même sans rayonnement direct, il existe toujours, comme cause de cette douleur, un point douloureux typique.

4 Toute douleur nerveuse périphérique est la conséquence d’une excitation du circuit nerveux sensible et à ce propos la plus ou moins grande irritabilité, causée par l’hérédité ou par lacquisition, a une grande importance. Mais le point d'attaque de cette excitation est chaque fois un point bien caractérisé du circuit nerveux sensible, tacile à trouver par suite d’une sensibilité, augmentée par la pression.

0° Par un traitement mécanique on réussit chaque fois à délivrer de sa douleur pour plus ou moins longtemps un point correspondant sensible à la douleur et à calmer ainsi la douleur qui s’en dégage. (Les deux dernières propositions trouvent leur application logique en ce qui concerne les autres sphères du circuit nerveux).

6° Les paroxysmes de douleur (etc) qui partent du système nerveux entier et qui s’énoncent par les points douloureux, se dégagent par suite de toute sorte d’irritations (extérieures et intérieures) et il n'est pas nécessaire que

l'irritation elle-même soit pathologique. Avec une tension élevée du circuit nerveux et des points douloureux particulièrement sensibles, des causes nullement pathologiques

suffisent pour provoquer de notables phénomènes de douleur.

7: Toutes les excitations des points douloureux (etc) dégagées ainsi, présentent un caractère ondulaire typique, dans lequel les ondes de l’agitation et de l’accalmie alternent d’une façon apparemment réglée par certaines lois. j,a même chose se passe, en traitant lés points nerveux par le massage et les ondes qui en résultent forment l’image changeante des soi-disantes réactions.

Si je résume, avec l’aide de ces sept propositions ma facon de voir au sujet de la vie du nerf, il en résulte ce qui suit : |

Le ciréuit nerveux parcourt l’organisme et cela dans un cercle particulier, toutes les fonctions du corps reçoivent de lui leur impulsion. Ce courant à un dégré de tension continuellement changeant qui est identique à l'irritabilité provoquée par l’hérédité ou par l'acquisition. Il est faux de parler communément d'une irritation purement centrale ou purement périphérique. Chaque irritation qui touche le corps, se communique à l’ensemble, la périphérique au centre, la centrale à la périphérie. Sans doute, son effet est plus grand sur le centre, oùil faut aussi chercher le siège de qualités toutes particulières (conscience) que sur la périphérie. Les ondes d’agitations provoquées par une irritation quelconque, circulent dans le courant nerveux jusqu'à ce qu'elles rencontrent un empêchement, où elles forment alors une espèce de ganglion qui dégage, comme lieu de l'excitation des irritations .particulières, ressenties au centre de conscience. Aucune irritation touchant le corps ne pourra donc rester sans suites nerveuses et celles-ci seront en proportion de [a force de l’irritation et de la qualité de l'endroit touché d’abord par l'irritation, mais elles dépendront autant du degré de tension du circuit nerveux et du nombre et du siège des

ganglions nerveux. Chaque effet a un caractère ou plus central, où périphérique etest en outre d’un effet calmant ou agitant. Mais ici s'applique le principe que des effets centraux relèvent des effets périphériques et les périphériques des centraux, comme l’onde calmante suit l'onde agitante et réciproquement.

Existe-t-il une manifestation maladive sans ganglions ? Je répondrais volontiers par la négative. Dans le cas le plus simple le lieu de l’irritation représente un ganglion aigu qui disparaît après la cessation de l’irritation, sans laisser de traces. Mais d'autre part le lieu d'attaque de l'irritation ne représente pas nécessairement la localisation des eflets de l’irritation, fait que nous sommes en état d'observer journellement dans les soi-disantes causes générales d’irritation.

Le massage influe directement sur le circuit nerveux et les ganglions et ses effets se présentent très nettement à nous. Du reste, comme je l'ai déjà dit: toutes les autres causes d’'irritation qui touchent le corps dans un but médical ou autre, sont à envisager au même point de vue.

Nous distingons donc, brièvement résumé :

1° a) La manifestation excitante,

1° b) La manifestation calmante du circuit nerveux.

ét'en‘outre

2 a) La manifestation centrale,

2° b) La manifestation périphérique de l’irritation.

L’onde agitante suit, en outre, l’onde calmante et la manifestation périphérique suit la manifestation centrale et inversement. Logiquement aussi, l’onde centripète suit l'onde centrifuge et réciproquement. L'établissement du réflexe est donc tout naturel, il est vrai qu’il se passe au seuil de la conscience et, en conséquence n’est pas percu par nous. L'établissement du réflexe ne doit pas nécessairement se faire en passant du système sensible au système moteur et inversement, mais il peut se transmettre de la sphère sensible à la sphère vasomotrice, à la

sécrétoire. Il est inutile d'entrer en plus de détails sur ces faits universellement connus.

Si jerépète maintenant l'effet nerveux du massage, nous aurons :

1° D'abord un effet central. Celui-ci est ou négatif (calmant, réprimant) ou positif (excitant et au plus haut degré irritant) ; 2° Un effet périphérique que l’on ne peut presque jamais appeler local.

(Séparer un effet mécanique d’un effet dynamique, comme le font certains livres d'enseignement, ne me parait pas justifié. Une intervention mécanique aura toujours des effets purement mécaniques). L'effet périphérique se pré-

sentera donc chaque fois: > 1° Comme un effet AS

2° Comme un eftet centripètgéne

a) Purement moteur.

b) Vasomoteur (si l’on ne veut pas joindre cette division à la précédente). |

6) Sécrétoire dans le sens le plus large, auquel n’appartient pas seulement l’activité proprement dite des glandes, mais aussi toute la vie sécrétoire de chaque cellule distincte qui est la résultante de l'assimilation des matières absorbées et qui, en outre de la quantité et de la qualité de nourriture introduite, a certainement aussi besoin d’une stimulation purement nerveuse. En ce qui concerne l'effet trophique, si important en lui-même, je ne voudrais pas le présenter comme indépendant, mais seulement comme la conséquence visible des précédents. De la combinaison de ces effets résulte une multiplicité de formes qui permet d'analyser toutes les suites, même les plus compliquées en apparence.

Dans les discussions sur les effets mécaniques du massage, qui ont eu lieu jusque maintenant, on n’a pas assez tenu compte, à mon avis, qu'on a en face de soi un organisme vivant, réagissant à s2 vropre manière contre toute irritation, capable de détruire par sa persistance même les ois les plus simples de la mécanique. Si le corps était un

système tubulaire sans vie, il serait facile de faire rentrer an épanchement gênant, une pléthore dans la circulation du sang. Mais l'organisme vivant est le type de lopposition. Aussitôt qu'une irritation le touche, il lui oppose une contre-irritation. La source de cette opposition est l'irritation nerveuse, qui domine le tout et qu'il faut vaincre à tout prix, on ne doit jamais l’oublier. En général, dans tous les cas où le massage agit, on est sûr de trouver un phénomène d'irritation nerveuse.

De ce que je viens de dire résulte clairement l'énorme importance du système nerveux même dans le massage général. Mais combien plus grande sera cette action, si on attaque directement par le traitement mécanique le nerf lui-même et ses localisations morbides. Le tableau entier des réactions, si incrovablement multiforme, n’est autre . chose que l'effet direct du massage. Quoique ces réactions

mettent en éveil des symptômes concomitants assez douloureux et quoiqu’elles détournent assez souvent d’un traitement qui seul peut amener la guérison ou au moins l'amélioration, on doit néanmoins les considérer comme l'appui le plus sérieux, parce qu’elles seules rendent possibles la découverte des points malades de l'organisme. La suppression de tous ces points, exposés à subir les moindres irritations et à les transmettre au centre qui les perçoit, est toute la base du système. |

D’après ce qui vient d’être dit, on peut diviser naturellement les effets du massage sur le système nerveux —- les réactions de la facon suivante:

1° L'effet central.

a) Onde négative (calmante) :

Tranquillité, sommeil, affaissement, fatigue, etc.

b) Onde positive (agitante) :

Agitation, insomnie, irritabilhité, convulsions, hallucinations, etc. |

> L'effet périphérique.

1° Sur la sensibilité :

‘a) Onde calmante :

(Absence de douleurs, etc.)

b) Onde agitante :

(Douleur, dans toutes ses diverses qualités du simplé chatouillement jusqu'aux pires phases de 1a douleur).

2° Sur la motilité :

a) Onde calmante :

(Hinmobilité motrice s’élevant jusqu’à la paralysie).

b) Onde agitante :

(Agitation motrice, convulsions périphériques p. e. péristaltique augmentée, coliques nerveuses, chair de poule, etc.)

3° Dur les vasomoteurs :

a) Onde négative :

(HYperémie).

b) Ondé positive:

(ConvulSions vasculaires, anémie).

4 Sur la sécrétion :

a) Onde négative :

(Diminution de la sécrétion dans le sens le plus large).

b) Onde positive :

(Augmentation de la sécrétion dans le sens le plus large).

Lesdits symptômes se présenteront rarement isolés,mais plus souvent combinés entre eux. Entre autres cas je n’en veux citer qu'un : les rapports entre la sphère vasomotrice et la sphère sécrétoire. Ainsi l’onde négative, vasomotrice (hyperémie) aura comme conséquence une onde posilive de la sécrétion et inversement.

Il est hors de doute que le massage, dans ces cas, el principalement celui des nerfs, représente un art bien difficile qui ne doit être confié qu'à des médecins formés, mais jamais à un profane, lequel, abstraction faite des contre-indications générales, ne Sera jamais capable d'embrasser et de juger d’un seul coup d'œil le tableau si multiforme des réactions. Quand on est rigoureusement logique, il est à vrai dire un non-sens de parler d’une catégorie de. massage nerveux. Tout massage, même le plas simple, touche le circuit nerveux, réparti dans tout le corps

et exerce ses effets manifestement, comme plus d’un en a fait l’expérience à son grand étonnement. Le massage des nerfs, comme je l’entends, n’est point, à proprement parler, une manipulation mécanique du tronc nerveux, comme l’a prescrit p. e. Naegeli. Mon massage nerveux n’est pas autre chose que la manipulation mécanique, ou pour m’exprimer dans mon sens, la dissolution mécanique des ganglions nerveux. Tandis que le masseur d’aujourd’hui aime la passe longue et alterne les frottements, le pétrissage, la trituration et les battem2nts obligatoires, mon massage réside dans la recherche de tous les ganglions nerveux existant dans le corps, lesquels seront alors délivrés de leur affection morbide au moyen de mouvements brefs, dirigés transversalement à l’axe longitudinal, ou bien au moyen de mouvements circulaires, mais sans vibrations la plupart du temps. Dans mon massage il ne faut jamais employer l'huile ou la graisse (excepté bien entendu, pour le massage vaginal, etc.) La finesse du toucher, indispensablement nécessaire, ne sera qu'affaiblie par des matières étrangères de ce genre. À cela s'ajoute que la surface de frottement ne se trouve pas entre le doigt et la peau, comme c’est ordinairement Le cas dans le massage, mais que j'applique l'index ou le doigt du milieu, de la main droite ou gauche, fortement sur la peau, que je presse aussi longtemps jusqu’à ce que j'aie atteint le ganglion et que je passe alors avec toute la surface sur le ganglion. Je ne peux pas m'empêcher de faire observer que je n’ai commencé à apprendre à bien masser qu’à partir du moment où j'ai commencé à masser « à sec ». Cttee manière de masser exige, outre une grande patience et un toucher des plus délicats, une dextérité des doigts que l’on ne peut acquérir, même avec une grande adresse innée, que par un long exercice. Le médecin, qui est habitué à regarder le massage avec un certain dédain et considère sa pratique comme indigne de lui, ne se doute pas des avantages considérables qu'il pourrait en retirer dans un grand nombre de cas. Le massage des nerfs présente une multi-

tude de résultats merveilleux, qui ne deviennent compréhensibles que parce qu’on se trouve précisément en face du plus grand problème de la nature : infiuence: directement le circuit nerveux le principe vital.

On y rencontre des règles fixes, mais dont personne jusqu'ici n'avait eu bien conscience. Ajoutez à cela que le massage des nerts attire au médecin pratiquant une clientèle reconnaissante qui dépasse de beaucoup même celle des chirurgiens.

Jusqu'ici, le pauvre névropathe n'avait malheureusement que rarement trouvé un soulagement durable, mais presque jamais une délivrance complète de ses véritables bourreaux : les ganglions nerveux. Jusqu'ici aucun genre de traitement ne s’attaquait directement à l’endroit malade du nerf lui-même, mais tous ont cherché à produire par un traitement général un soulagement général et n’y sont pas arrivés. Combien est reconnaissant, le malade, qui voit, qu'on ne prend plus ses multiples plaintes au sujet de ses souffrances pour de simples idées imaginaires qu'on ne déclare plus qu'elles sont centrales, qu’il est impossible de les influencer, qu’on ne les abrite plus sous la vague dénomination de « déplacement moléculaire », qui sonne très scientifiquement et qui reste, à cause de cela même, d'autant plus incompréhensible, mais qu’on s’attaque à tous ses maux, qu'on les traite directement et qu'on les fait disparaitre, d'une façon très simple, mécaniquement. Jusqu'ici le médecin considérait les ganglions nerveux sensibles (points de douleur ou de tension) Le plus souvent comme de purs symptômes. Mais leur importance réelle, surtout thérapeutique, n’a Jamais été comprise dans la théorie moléculaire. La preuve en est qu'on envissgea leur présence, mais surtout leur rayonnement, comme un signe sûr d’une névrose parfaitement déterminée (hystérie, neurasthénie) et qu'on ne trouvait qu'une explication centrale à leur rôle. S'il en était ainsi on pourrait dire qu'il n'y a rresque aucun homme qui ne soit hvstérique ou neurasthénique, puisque presqu'aucun

homme n’est sans points nerveux, avec rayonnemeñts plus où moins étendus.

On arrivait si peu à atleindre thérapeutiquement les points nerveux, qu'on a inventé des machines à vibration, que je ne puis considérer que comme des joujoux en présence du massage réel des points nerveux. De même, les points nerveux, si variables, ne pourront être atteints dans toutes les circonstances et d’une façon durable, au moyen de manipulations exactement prescrites et invariables, surtout quand celles-ci s'adressent à la pléthore, qui n’est qu'un effet secondaire, et non la cause principale. Ce n'est pas la simple pression qui guérit un ganglion nerveux et écarte ainsi les maux qui lui sont imputables, mais la délivrance mécanique du circuit nerveux embarrassé, accomplie méthodiquement.

__ Les médecins, dans leur effoft naturel à sé débarrasser autant que possible des indications souvent douteuses fournies par le malade, pour établir le diagnostic des maladies, ont principalement en vue lés symptômes objectifs de ces maladies, Ajoutez à cela le peu de résistance à la douleur dé la génération nerveuse actuëélle, la manie de beaucoup de malades de vouloir se créer de la façon la moins pénible une petite rente, leur permettant de vivre, avec l’idéé préconçue de l’origine purémeént centrale, et souvent même tout simplethent imaginaire de la plupart des maladies nerveuses ou au moins de leur causé moléculaire inconcevable, et vous comprendrez que le médecin détourne de plus en plus son attention des plaintes subjectives. Pour n'être pas trompé, on va loin au-delà du but. Pour prendre sur le fait un simulateur réel, on déclare simulateurs des centaines de malades, dont, en effet, une fraction assez importante exagère manifestement dans le but évident de rendre plus croyablés ses souffrances, malades imaginaires, ou, au moins, on les tient pour tels dans son for intérieur.

En face des plaintes objectives des malades on n’est pas si impuissant qu'on pourrait le croire. Il est vrai que si

on examine le malade à la manière ancienne en lui fral:pant les poumons, en y écoutant, en examinant le cœur et les intestins, si, le cas échéant on entreprend encore l’examen des réflexes et de la susceptibilité électrique, on atteindra rarement le but qu’on se propose. |

La théorie des points nerveux indique pour chaque mal réellementexistant et considéré comme périphérique, — et c’est de beaucoup la majorité des cas — un point bien défini du circuit nerveux périphérique qui dégage, par suite d’une pression, exactement le même symptôme, On apprend bientôt à connaitre très exactement le pointnerveux correspondant à chaque douleur, point qui se caractérise aussi le plus souvent anatomiquement, en se localisant sur un vaisseau, un muscle, un os, etc. Ce n’est que quand cette place a été exactement touchée que le malade tressaille involontairement, fait, que le simulateur le plus rouéest incapable d’imiter exactement, A cela viennent encore se Joindre les réactions survenant immédiatement et décrites plus haut; ainsi, quand il y à pression sur un point très douloureux, la pupille s’élargit fréquemment subitement; il se produit immédiatement une hyperémie secondaire ou, plus rarement, une anémie; il se forme une chair de poule prononcée ; il se produit des manifestations nerveuses de transpiration, des hyper-sécrétions des glandes lacrymales, des glandes salivaires, etc., etc. Les plaintes des malades ignorant pouttant les lois de la théorie des points nerveux, sont tellément caractéristiques, qu’elles peuvent presqué passer pour jireuve objective. | |

Combien de fois j'ai réussi chez des malades — qui, parfois avaient couru depuis des années d’un médecin à l’autre et qui avaient toujours été congédiés avec de belles paroles ou des instructions générales, étant considérés comme malades imaginaires — non seulement à prouver de la facon la plus concluante l'exactitude de leur plainte par la recherche méthodique des points nerveux correspondant à leur douleur, mais aussi d’écarter définitive-

ment leurs maux d’une façon relativement facile par un traitement mécanique de ces points nerveux.

Et ce ne sont ni la négligence, ni la légèreté des médecinsexaminants qui ont causé ces erreurs, non, c'est la faute du système existant actuellement. Qu'on se débarrasse donc une bonne fois des théories qui ont cours dans tant d'établissements d’'hydrothérapie, dans tant de maisons de santé, et même chez beaucoup de médecins. Examen individuel, traitement individuel, ce sont là choses que les malades sont en droit d'exiger des médecins. Celui qui, dans le court espace d’une heure de consultation, doit examiner vingt malades ou davantage, est dans l’impossibilité d'individualiser. Ces instruments bienfaisants, le marteau et le stéthoscope, ont fait du médecin leur esclave. Mais j'estime qu'il y a lieu de ne plus hésiter lorsqu'on est arrivé à localiser une douleur indiquée par le malade.

Sans doute, ici ce ne sont pas des malades arrivant avec des maladies fébriles aiguës, mais c'est l’armée des névropathes qui, apparemment pleins de santé, ne semblent exister que pour empoisonner leur vie et celle de leur médecin. Le plus souvent il ne s’agit pas là de véritables processus morbides, mais de leurs suites, de leurs cicatrices et de leur influence sur tout le système nerveux. Ici je dois renvoyer au travail « Cicatrices et Nerfs. — Revue médico-militaire allemande, 1903.10.

Dans ma conférence à la réunion des naturalistes et. médecins, à Cassel en 1903, j'ai mentionné que je considère l’ensemble des névroses, depuis la névralgie jusqu’à la neurasthénie avancée, comme une seule et même maladie, différenciée seulement par le nombre et l’espèce des points nerveux et dont les subdivisions se règlent exactement d’après le genre des points nerveux. Le nombre, l’irritabilité et le genre de ces points nerveux sont la chose la plus importante pour toute maladie nerveuse: leur recherche, leur dissolution mécanique à côté de la sédation du circuit nerveux général sont le but principal.

IL va done de soi, que j’entre dans les vues de tous mes

malades dont l’examen général ne semble pas fournir de signes suffisants pour justifier leurs plaintes mais dont la bonne foi est mise en évidence par la délimitation des points nerveux Correspondants.

Ma méthode d'examen est donc, après l'expédition de l'examen général. la suivante : pendant que le malade exprime une plainte, jerecherche l'endroit correspondant et dans la plupart des cas le malade avant même d’avoir fini d'exposer sa plainte, poussera un cri et déclarera la douleur provoquée par moi, identique à celle ressentie si souvent antérieurement. Le premier examen a donc prouvé, conformément aux plainies principales, l’existence d’un certain nombre de points nerveux qui sont soigneusement inscrits dans un tableau. Ceux-ci sont soumis à un traitement purement mécanique selon la manière décrite. À ce traitement, la douleur s'accroît d’abord aux points nerveux sensibles (points de douleur), formant le contingent principal, après, elle diminue peu à peu jusqu'à sa complète disparition. Il serait donc logique de masser tous les points de douleur assez longtemps pour que toute douleur disparaisse. Mais cela r’est guère exécutable que chez les malades n'ayant que peu de points. Dans tous les autres cas on se contente, pour que la durée du massage ne se prolonge pas au-delà de 30, tout au plus 45 minutes et pour que la réaction ne devienne pas trop forte, de n’entreprendre d’une façon énergique que les points principaux et de ne masser les autres que quelques secondes. Si on néglige les points qui paraissent d’une moindre apparence, ceux-ci commencent régulièrement à se faire sentir d’une manière particulièrement forte, ou comme j'ai l'habitude de le dire de réclamer le massage. Pour arriver à un bon résultat, il est donc nécessaire de masser tous les points nerveux qui se révèlent au massage, qui s’énoncent chaque fois par des symptômes tout à fait définis.

Ce n’est qu'après la disparition de tous les points nerveux que le corps retrouve sa tranquillité, puisqu'alors les irritations périphériques ne trouvent plus de point de

départ et ne peuvent plus irriter le centre. Quand les points sont situés à une trop grande profondeur et que l’on ne peut absolument pas les atteindre ou que lamaladie est déjà arrivée à un degré très-avancé les réactions atteignent une intensité menaçante, même en appliquant le traitement avec les plus grands ménagements. En général ces cas, surtout les derniers sont extrêmement rares, si le médecin et le malade possèdent seulement la persévérance et la patience nécessaires et si le premier reste toujours très prudent.

En tout cas, ce sont les réactions qui sont la chose la plus importante et la plus utile dans tout le traitement. Voilà pourquoi leur connaissance exacte est indispensable pour tout masseur de nerfs.On n’a qu'à s’entenirau tableau que j'ai donné à l’occasion de l’examen des différents genres de maladies de nerfs et on aura l'explication et la désignation exactes pour chaque réaction. Ges dernières ne sont autre chose que la révélation de symptômes de maladie nerveuse ayant déjà existé dans le corps:

La théorie des points nerveux donne une explication nette et simple de Ges phénoménes et on comprend que toutes les méthodes de guérison qui ne touchent pas directement les points nerveux, ne peuvent avoir en vue que . de calmer le circuit nerveux irrité.. Un calme durable n’est possible que lorsque les points quireçoiventet tratismettent toutes les irritations, ont disparu, c’est-à-dire quand le circuit est délivré de, tous les obstacles: Mais ce n’est que le traitement mécanique qui peut amener ce résultat et je crois avoir prouvé sur des centaines et des milliers de points nerveux, qu'aucun, s’il est bien pris ét assez longtemps massé, ne résiste au traitement, Les autres méthodes peuvent bien être employées à côté, mais leur im-= portance est secondaire.

Le point nerveux une fois disparu, la maladie n’est pas guérie pour cela, mais seulement préalablement l’état nerveux qui en résulte. À côté, il y a l'affection primitive qui a naturellement besoin d’un traitement permanent et

d'examen ultérieur des points nerveux nouvellement formés à des intervalles déterminés. On ne fait pas disparattre l'affection originelle par le massage, mais seulement ses suites, ses cicatrices et là-dessus il ne faut pas oublier la véritable cause. Cette pensée nous préservera toujours de la présomption. |

Mais que faire aux symptômes nerveux d’une maladie inguérissable. Doit-on tout simplement se croiser les bras? À aucune condition! Les tuberculeux, les diabétiques, les cancéreux souffrent le plus souvent davantage des complications nerveuses de leur maladie que de la maladie elle-même. Et on ne fait qu'œuvre de charité, en leur enlevant au moins les points de douleur principaux, même en courant apparemment le risque d'accomplir un travail de Sisyphe, puisqu'il se forme toujours de nouveaux ganglions. La même chose est vraie pour les maladies réellement centrales. Car même celles-ci n'ont jamais lieu sans coopération périphérique, de sorte qu'ici aussi on peut agir en adoucissant dans le sens le plus large leurs souffrances.

Au groupe des affections ganglionnaires appartient aussi Je mal de mer, comme je l’ai déjà prouvé dans un traité spécial. (Berlin, Revue clinique heldomadaire, 1903, n° 19). Il est franchement le type de l'excitation purement mécanique des ganglions nerveux. Ce qui est ainsi excité mécaniquement ne peut donc être calmé que mécaniquement et je crois avoir prouvé suffisamment qu’en retenant simplement mécaniquement les principaux points du mal de mer au moyen d’une ceinture, la maladie peut être immédiatement adoucie, sinon guérie, on peut aussi, le prévenir en agissant d’une façon anticipée sur ces points tout à fait caractéristiques au moyen d’un massage méthodiquement fait des points nerveux. Les accidents semblables survenant à l’occasion de voyages en chemin de fer, en ballon, etc. sont à considérer comme identiques à ceux du mal de mer, la migraine, les phénomènes stomacaux et intestinaux, les troubles de la menstruation, les fa-

tigues de la grossesse, les différentes névralgies et états de crampe, etc. présentent les mêmes effets, seulement avec d’autres causes d’excitation et, parfois, d’autres points nerveux, qui peuvent finalement s'élever jusqu'à de graves névroses V. : « Les phénomènes nerveux de l'intestin et de l’estomac particulièrement les vomissements pendant la grossesse et la théorie des points douloureux » (Revue Clinico-theérapeutique hebdomadaire de Vienne, 1903, n* 26 et 27). Les points douloureux. leur naissance, leur signification dans les névralgies, le nervosisme, l’hystérie, la neurasthénie, l'épilepsie et les maladies mentales, ainsi que leur traitement au moyen du massage nerveux. » (Berlin. 1902, Otto-Enslin.)

La théorie des points nerveux jette une lumière singuliére sur le morphinisme et les affections analogues. Chez tous ces malheureux nous trouvons un circuit nerveux maladivement élevé par héritage ou par acquisition. Tous sont riches en points nerveux graves et caractéristiques. J'imagine le développement de la maladie de la façon suivante : Soit par hasard, soit poussé par des ondes d’excitation plus élevées, le malade est amené une Première fois à l'emploi de la morphine. L'effet en est dès le commencement, ou bientôt après, une accalmie enivrante du circuit nerveux, à laquelle succèdent, suivant la loi de compensation établie par moi, des ondes d’excitation dans les points nerveux centraux ou périphériques. Celles-ci, envisagées comme ne cédant qu'au remède en question, font qu’on a, toujours de nouveau, recours au narcotique. La lutte contre ce dernier survenant bientôt, ne fera qu’augmenter les ondes, comme on le comprendra facilement et bientôt, nous aurons devant nous le tableau entier de la maladie avec les ondes funestes de la réaction et les ondes d’accalmie, provoquées toujours artificiellement, qui portent en elles le germe de nouvelles ondes d’excitation. Si réellement on veut porter secours à ces malheureux, il faut d’abord déblayer le terrain des ganglions de la périphérie et empêcher, autant que possible, les ondes de

réaction. Il va de soi que dans le courant d’une maladie pareille il se formera aussi des ganglions du centre, néanmoins à la disposition des points périphériques est nécessairement liée une certaine influence calmante de ceux du centre. Le traitement demande, bien entendu, beaucoup de semaines, même des mois, mais la suppression du poison est tout à fait volontaire. On donne au malade tant de solution de morphine qu'il demande: on nelui demande pas même, combien il en consomme par jour, on lui demande seulement d'inscrire bien exactement la dose tous les jours, en faisant ressortir qu’on ne regardera pas la liste jusqu à la fin du traitement. On cherche, avec beaucoup de prudence, à relever l'énergie du malade, mais on évite toute lutte avec la soif du remède. En revanche on le soumet à un massage méthodique des points nerveux qui doitêtre exécuté d’une facon particulièrement prudente à cause des réactions qui se montrent à cette occasion, Quand on est arrivé à avoir, en réalité, fait disparaitre définitivementles points nerveux et empêché ainsi toutes les réactions en eux, on peut être sûr que le désir d'employer le médicament aura aüssi disparu. Il est certain qu’on ne peut pas faire disparaitre d’un seul coup de baguette une habitude de plusieurs années, mais des traitements répétés pendant un cértain temps apportentfinalement, au moins dans les cas qui n'ont pas leur siège trop au centre, le succès bien prononcé. Quoique je ne dispose à cet égard que d’un nombre d'observations limité, je crois le sujet assez important pour le mentionner ici et demander de l’expérimenter. Et le traitement ne demande pas toujours un établissement spécial, Maïs ce qui est de la plus haute importance pour le malade, c’est qu’on ne le regarde pas comme victime de son manque d'énergie, mais tout simplement comme un malade physique que l’on veut aussi guérir physiquement.

De tout ce que je viens de dire — et auquel je pourrais encore ajouter bien d’autres choses — il résulte que le massage des nerfs est destiné à jouer dans la thérapie

moderne un rôle d’une importance énorme. Il met fin à des souffrances qui, d’une part, ont pris une extension toujours plus menaçante, qui représentent même la plus importante maladie d'aujourd'hui et en face desquelles on était d'autre part presque impuissant, puisqu'il manquait, jusqu'ici, toute explication quelque peu plausible et qu’on se contentait de consolations générales, qui sont inutiles le plus souvent. Il n'existe aucun domaine de la médecine . pratique sur lequel les points nerveux ne jouent un rôle. Mais pour l’initié aussi il n'existe guère rien de plus intéressant, que poursuivre de ce jeu éternellement changeant les ondes nerveuses et de s’en rendre finalement maitre, En réalité, à combien de désillusions, à combien de surprises est-on exposé journellement! Car rien n'est aussi changeant, aussi compliqué que la réaction des nerfs. Rien ne demande autant de persévérance, autant de patience, mais rien, d'autre part. n’est aussi utile et aussi intéressant.

Après tout ceque je viens de dire je ne crois pas avoir besoin de faire ressortir que le massage des nerfs réclame une place particulièreen médecine. Son exécution suppose une grande habileté et la connaissance la plus parfaite des places de prédilection des points nerveux et de tous les phénomènes de réaction. Il est évident que tout médecin ne peut se consacrer au massage des nerfs. Celui-là seulement, qui se sent la vocation nécessaire pour cela et qui possède la patience et la pratique nécessaires, devrait l’exercer. L'instruction des médecins pourrait se faire dans des polvcliniques, pour lesquelles chaque ville un peu importante pourrait fournir un nombre de malades suffisant. Mais celui qui aura choisi un jour le massage des nerfs comme profession — et des centaines de médecins y trouveront leur bénéfice dans chaque pays — ne le changera pas facilement contre une autre spécialité médicale. La reconnaissance constante des malheureux nerveux méconnus qui, depuis des siècles déjà, criaient au monde leurs plaintes, sans arriver à se faire entendre ni à se faire secourir, est une récompense qu'on ne Le S’imaginer ni plus belle, ni plus pure.

La séance est bee à minuit.

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