‹ Le Massage Plastique Dans les Dermatoses de la FaceChapitre 13 sur 55 · LOT · texte numérisé non relu

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traîné et que l’on augmente sa vitalité et sa résistance organique.

On doit être prévenu, qu'au cours des manœuvres , fortes, on éveille assez vivement la sensibilité des tissus, et cela notamment à la paupière inférieure et au cou. Mais, si l’on obéit au précepte capital de la graduation méthodique, on réduira au minimum cet inconvénient, et l’on verra rétrocéder peu à peu cette hyperesthésie, de la peau et des tissus sous jacents (1).

Relevons ici la singulière erreur commise par M. Beauchef (2), qui, nous l'avons vu, estime que l’on obtient, en procédant graduellement, une « anesthésie des téguments » permettant de passer ‘à des manœuvres plus fortes : 1l ne-S’agit pas là, nous avons à peine besoin de le dire, d’anesthésie, mais bien, ce qui est singulièrement différent, de tolérance et d'entraînement.

On voit au total que, pour bien pratiquer ce massage, il faut à la fois de la prestesse, de la souplesse et de la force; et ce dernier élément est si important que, d’après M. I. Jacquet, contrairement à l'opinion commune, et en particulier à celle du professeur Zabludowski, - c’est la main masculine qui est la plus apte à pratiquer d’une manière satisfaisante l’art du massage.

Mon maître fait remarquer familièrement qu’il en est du massage facial comme du piano, dont les plus célèbres virtuoses sont tous des hommes, et entre autres raisons, parce que, aussi bien pour les effets de force que pour ceux de douceur, il faut à la main des muscles puissants.

La durée, comme la force même des manœuvres, doit être progressive. On doit aller graduellement de

quelques minutes à un quart d'heure, et même plus,

(1) Cette remarque paraîtra justifiée à son maximum, si l’on met en œuvre, comme on doit le faire, une diététique convenable.

M. L. Jacquet nous a fait remarquer maintes fois, à quel point l'excitation émanée du tube digestif (tachyphagie, polyphagie, ebC-} était, pour les tissus en général, et ceux de la face en particulier, hyperesthésiante et combien inversement, l’ataraxie digestive était, dans le même ordre d'idées, un moyen d’apaisement.

(2) P. BrAucner — (Loc. cit.); page 78.

si cela est nécessaire; mais la durée de quinze minutes

ne paraît pas, en moyenne, devoir être dépassée.

Les séances doivent être quotidiennes. C’est là un principe très important, bien que la plupart des-auteurs soient muets sur ce point.

M. Brocq demande des manœuvres hebdomadaires ou bihebdomadaires. À notre avis, c’est très insuffisant. Les manœuvres seront quotidiennes, où même, dans certains cas, biquotidiennes. C’est là une condition essentielle de succès et de rapidité dans le succès.

Nous avons donné jusqu'ici des indications relatives au massage de la face en son ensemble. Voilà maintenant quelques indications régionales.

Aux paupières, les manœuvres profondes ne doivent pas être utilisées; il faut toujours aller à fleur de peau, et on ne doit jamais dépasser le degré faible. On s’exposerait, sans cela, à un froissement traumatique, à une . véritable meurtrissure de la peau si fine en cette région.

Au nez, il faut s’efforcer, autant que possible, de détacher le plan cutané de l’os ou du cartilage, et il est parfois nécessaire pour cela de soulever le tégument entre deux doigts d’une même main ou l'index de chaquemain.

Au front et aux joues, il n’est pas toujours facile d'isoler le plan superficiel du plan profond, et lon se borne à s’y efforcer de son mieux. Quand c’est impossible, on pratique le pétrissage d'ensemble, en y joignant une manœuvre spéciale, qui consiste à saisir rapidement le tissu entre le pouce et l'index, en une série de pressions rapides, faites de telle sorte que la peau s'échappe des doigts comme un noyau de fruit. ë

En aucun cas, les téguments ne seront tirés, traillés, ce qui ne pourrait que les distendre; mais, ils doivent être pincés, pétris et malaxés sur place, de facon à éviter toute distension.

Au cours des manœuvres du massage, on doit:

s’efforcer, autant qu’il est possible, de vider, d'exprimer toute humeur normale ou pathologique contenue dans

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la peau. Les comédons, les filaments séborrhéiques, les petits kystes sébacés, les folliculites purulentes, les petits abcès intra-dermiques, les papulo-tubercules de tout ordre doivent être méthodiquement pressés et vidés de la graisse, du sang, du pus qu’ils contiennent. = : Cette expression peut être faite soit avant le massage,

< soit, et même mieux à notre avis, au cours du massage £ lui-même, qui favorise l’expression humorale, grâce = à la turgescence et à la succulence qu il provoque

dans l’ensemble de la face.

M. [L. Jacquet fait remarquer, non sans quelque . ironie, à propos de ces malades dont on barbouille L ainsi la figure de sang et d’humeurs infectés, par une ma- 7% laxation bien de nature à inoculer la peau ‘ainsi traitée, É- que la fameuse « semence acnogène » ou les autres, devraient avoir ici la partie belle, et qu’on pourrait s'attendre, si la doctrine en cours est fondée, à des vénéralisations aiguës et graves : or, ”’est, le nettoyage de

la peau et la guérison qui graduellement, se produisent. On voit maintenant que la systématisalion, exigée ee par la plupart des auteurs, que lorientation, le sens | plus ou moins minutieux des diverses manœuvres, sont choses absolument inutiles, et qu’en règle, il n’y a à se préoccuper ni de la direction des conduits glanduleux ni de celle des fibres musculaires, pas plus d'a ailleurs que des nerfs et des vaisseaux. Toute cette complication est inutile,-et M. Beauchef a commis, à notre avis, un véritable contre-sens, lorsqu’à propos de la technique

- du massage et de la direction de la manœuvre il écrit : 3 « Cette considération prend son maximum d'importance À lorsqu'on opère sur la face, où la disposition des peauciers É régit, en quelque sorte d’une façon absolue, lorienta- # tion des manœuvres du massage ».

% On voit, au total, que ce qu’il y a d’essentiel dans le De massage plastique, c’est comme M. TL, Jacquet a essayé F de le faire comprendre dans son mémoire à l’Académie

de Médecine, une sorte d'entrainement des tissus allant graduellement des manœuvres les plus douces aux ma-

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nœuvres les plus violentes; aussi ce mode de massage est-il puissamment réducteur.

On voit, en outre, qu’il est infiniment plus simple que les techniques déjà usitées, qu'il ne tient aucun compte de toute une série de manœuvres compliquées et inutiles, qui surchargent les autres techniques, d’une part, et que, d'autre part, il n’est assujetti à nulle systématisation d'ordre anatomique, contrairement aux exigences des précédents observateurs.

Cest donc sans Pombre de raison que M. Hallopeau, à propos du massage plastique, a paru le confondre avec les « pratiques courantes » qui, d’après lui, sont d’un usage général, et en particulier avec la technique du professeur Pospelow.

La priorité de M. L. Jacquet est donc, à certains égards, absolument incontestable, et il est surprenant que M. Hallopeau ait pu la contester (1).

Et cela, d'autant plus que M. L. Jacquet, s'il a plemement conscience d’avoir apporté au massage des modifications importantes et utiles, n’a nullement . prétendu être le premier à le mettre en œuvre, ainsi qu’en témoigne cette phrase de son mémoire :

«Et pour cela, deux moyens bien vieur et mal connus, bien simples et mal mis en œuvre (2)... »

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