ADDENDA
A la page 43, il est dit que mon vibrateur, en bonne marche, produit 1,500—2,000 vibrations par minute ; le nombre des vibrations est exact, mais celui des tours est de moitié moindre puisque, pour chaque révolution complète du volant, il y a deux vibrations simples, axiales ou transversales de la tige.
J'ai négligé d'indiquer que les solutions de cocaïne, surtout celles qui seront appliquées à la surface de la muqueuse nasale, doivent être faites dans la solution physiologique de chlorure de sodium, afin d'éviter toute irritation, môme passagère.
Nous trouvons dans le numéro du 1er décembre 1893 de la Revue de laryngologie, etc., l'analyse d'un travail de Bissel, publié dans le Journ. of (phtalm. Otol. and Laryng., avrill893, qui nous avait échappé.
« L'auteur, pour rendre la mobilité à la membrane du tympan et aux osselets, fait entendre aux patients des vibrations sonores dont le nombre varie de 50 à 8,000, produites par un instrument de son invention- Au bout de trois à dix minutes, le patient se plaint de chaleur et de démangeaison dans l'oreille, et l'on constate à l'examen oculaire que la circulation est augmentée; à ce moment, B..., cesse la séance. Les malades atteints de paracousie de Willis sont améliorés plus rapidement que les autres. Si l'oreille interne est atteinte, il n'y a pas à essayer ce mode de traitement. Dans quelques cas, l'amélioration est très remarquable. L'au. teur n'a jamais observé de réaction désagréable. »
Cette méthode est, en somme, la même que celle de Garey et Houghton. Ce que j'ai dit plus haut est applicable ici : mes instruments sont plus simples, plus pratiques, ils n'agissent que par l'action mécanique des
vibrations, seule efficace ici; tandis que les qualités sonores des vibrations les rendent plutôt nuisibles.
D'après l'analyse, l'auteur paraît croire qu'il se produit une congestion de l'oreille; c'est le contraire qui a lieu, ou tout au moins se produit-il une régularisation de la circulation. Il est, en tout cas, impossible d'interpréter autrement les bons résultats obtenus par les diverses sortes de massage auriculaire dans les congestions labyrinthiques accompagnées de bourdonnement, lorsque la sclérose de l'oreille moyenne, et en particulier celle du ligament annulaire de l'étrier, ne contribue pas à leur patbogénie ou ne peut être considérée que comme une cause très accessoire.
Parmi les moyens que j'ai indiqués pour détruire les hyperplasies, les dégénérescences myxomateuses des cornets, j'ai négligé d'indiquer l'électrolyse qui, cependant, doit être généralement préférée au galvanocautère.
Dans les cas de parestbésie pbaryngée, je n'ai pas seulement employé les courants interrompus, j'ai appliqué simultanément, au moyen d'un combinateur, les courants faradiques et galvaniques, de manière à agir en même temps sur la sensibilité et la nutrition.
Je n'emploie plus les sondes pour la trompe en celluloïde, je me sers de sondes en maillechort terminées par une tige olivaire, flexible, en baleine; la tige métallique de ces sondes peut être fixée à mon vibrateur.
L'instrument, pour vibrer directement le tympan, décrit à la page 96, a dû être modifié. La tige axiale est fixée à frottement à une lame métallique élastique soudée au bord externe de l'anneau ; elle est maintenue dans l'axe par une autre lame soudée sur une partie plus profonde. Les vibrations s'appliquent sur la lame externe.
Le vibrateur lui-même, a été un peu modifié, les sondes y sont fixées dans une pièce métallique munie d'une vis et que l'on peut mettre en relation avec un conducteur électrique ordinaire.
Ce livre a été composé en septembre. Au moment où j'écris ces dernières lignes (8 décembre), j'ai pu acquérir une expérience plus complète pour ce qui concerne le catarrhe aigu et chronique du nez, en observant de nouveaux malades, ou des malades antérieurement traités, à cette époque critique de l'entrée de l'hiver.
Ces résultats nouveaux confirment d'une façon éclatante ceux que j'avais obtenus antérieurement. J'ai pu, sur de nouveaux malades, par un massage répété plusieurs fois dans la journée, juguler, généralement d'une façon complète, le coryza aigu. J'ai revu de nombreux malades traités antérieurement pour un catarrhe chronique du nez et du pharynx, qui attendaient avec impatience les premiers froids; ces malades qui, à cette époque de l'année, étaient toujours atteints de coryzas des plus pénibles, se sont admirablement portés, sans aucune exception. Us ont pu sortir le soir, s'exposer à la pluie, au vent, sans aucun inconvénient.
Dans tous les cas de congestion céphalique, d'incapacité au travail, d'aprosexie ou neurasthénie nasale, le massage vibratoire fait des merveilles ; on peut apprendre aux malades à l'appliquer eux-mêmes, et ils peuvent se débarrasser sûrement de ce désagréable symptôme.
Je citerai une observation typique que mes confrères sceptiques pourront contrôler : M. M..., courtier de commerce, est un homme jeune et vigoureux, qui est atteint depuis de longues années d'un catarrhe naso- pharyngien intense qui le fait beaucoup souffrir ; le malada est véritablement à la torture pendant six mois de Tannée.
Il a le nez constamment fermé, des picotements dans la gorge et le larynx, de l'aprosexie, ne peut sortir le soir et est obligé souvent de garder la chambre plusieurs jours durant.
Ce malade vint me voir au commencement de l'hiver 1892-93; il avait déjà subi plusieurs traitements consistant surtout en cautérisations. A ce moment, je ne pratiquais que timidement le massage vibratoire, surtout à mon cabinet; d'ailleurs, une grande régularité de la part du malade est nécessaire pour que l'on puisse compter sur l'efficacité du traitement, et ce n'était pas le cas. Je fis de nombreuses cautérisations des muqueuses pharyngiennes et nasales. Chaque application était suivie d'une réaction des plus pénibles et mon malade ne se trouvait pas amélioré, loin de là ; il passa un hiver terrible. Je voulus, vers le mois de février dernier, lui faire des applications de massage ; les résultats de mes cautérisations avaient un peu ébranlé sa confiance; il ne vint qu'à de longs intervalles, et je cessai un traitement, dans ces conditions, inutile.
Il alla, au mois d'août, faire une saison d'eaux thermales; bien que je lui eusse conseillé Cauterets, infiniment plus efficace, et où j'aurais pu le faire soigner à mon gré, pour des raisons spéciales il préféra la Suisse. Il y allait chercher de l'eau, il y rencontra surtout du feu. Son médecin lui fit un grand nombre de cautérisations, avec prudence, d'ailleurs, et le résultat fut que M. M... revint de Suisse dans le même état qu'il y était allé.
Les premiers froids d'octobre ramenèrent tous les symptômes et M. M...
redouta de passer un hiver semblable au précédent ; le rhume, la fièvre, les picotements, la congestion céphalique, tout cela revint comme par le passé.
M. M... se soumit enfin à une cure de massage vibratoire du nez, du pharynx, du larynx, de la base de la langue; il la suit depuis six semaines, et si son nez se ferme encore quelquefois, si sa laryngite chronique n'a pas complètement disparu (et l'on sait que ces vieilles affections sont des plus rebelles), tous les symptômes aigus ou subaigus qu'il ressentait ont complètement disparu. Il sort le soir, va au théâtre, au café, et se trouve tout à fait bien. La gorge est infiniment moins congestionnée, il n'y ressent plus le moindre picotement et dit lui-même qu'il se considère comme guéri. M. le professeur Chiari nous dira-t-il que c'est de la suggestion, ou bien que, malgré la rechute d'octobre et la guérison suivant directement le massage, ce sont les eaux minérales ou le galvano-cautère qui ont amené cette guérison? Nous ne saurions accepter cette interprétation.
J'ai suivi complètement ce cas ; c'est moi qui, avec plusieurs collaborateurs, ai appliqué le galvano-cautère. Nous l'avons heureusement appliqué avec modération, et malgré le galvano-cautère M. M... guérira. Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi ; cet instrument ne constitue pas une médication banale, inoffensive et inefficace, que l'on applique ut aliquid fieri videatur; comme Demme, Freudenthal, Braun, Laker, et tant d'autres, j'ai constaté souvent des lésions irréparables ; les malades ne pouvaient plus être guéris par le massage, et dans ces cas on pouvait dire que la maladie avait été moins dangereuse que le médecin.
En terminant ce livre, qu'il me soit permis d'en consacrer la dernière ligne à Braun; -ju'il me soit permis de lui dire, et l'avenir justifiera cette parole, qu'il a bien mérité de la science et de l'humanité. Il serait injuste de ne pas associer au nom de Braun celui de Laker.